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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:11

Chers frères et sœurs, « quand les temps furent accomplis, nous dit Saint Paul dans sa Lettre aux Galates, Dieu envoya son Fils, né d’une femme ».

Mais comme ce Fils, caché de toute éternité dans le sein du Père, préexistait  à tout l’univers créé, il eut le privilège unique (si l’on peut dire) de choisir sa Mère et de la former selon ses désirs, faisant d’Elle ce chef d’œuvre de pureté et de grâce, d’idéale beauté et de suréminente sainteté, qu’il nous est donné de contempler – et avec quel émerveillement – dans le mystère de l’Immaculée Conception. Jésus a dit en s’adressant à une grande mystique de notre temps : « Parler de la Conception de Marie, la Sans Tache, cela signifie, se plonger dans l’azur, dans la lumière, dans l’amour ».

Eh bien ! Par la réflexion et surtout par la prière, laissons-nous immerger quelques instants dans ce grand mystère de la Femme entre toutes bénie, de la Femme Prédestinée qui pour être à la hauteur de sa mission exceptionnelle de Mère de Dieu et Mère des hommes, a été comblée par la munificence divine, de si extraordinaires richesses de grâce que son âme, toute transparente à Dieu resplendit d’un éclat sans pareil, rayonne une sainteté telle, qu’on ne peut en imaginer de plus grande, après celle de son Fils Jésus, le Dieu fait homme.

Chers frères et sœurs, l’éblouissant mystère de l’Immaculée Conception qui est celui de la merveilleuse sanctification de Marie dans le premier instant de son existence doit être contemplé sous son double aspect : négatif et positif. Ce que la Foi nous révèle tout d’abord, c’est que Marie a connu dès le point de départ une immunité totale à la faute originelle.

La désastreuse contagion qui depuis la chute du premier couple humain atteint tous les hommes ne l’a même pas effleurée et cela nous affirme le Pape Pie IX « par une grâce et un privilège particulier de Dieu Tout-Puissant et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain ».

Ce que la Rédemption du Christ a réalisé chez tous les autres fils d’Adam par mode de libération, Elle l’a réalisé magnifiquement chez Elle par mode de préservation.

Ce qui signifie que pour la Mère du Rédempteur, la Rédemption fut radicale dès l’origine. Fille d’une race de péché, Elle n’a pas encouru le péché de la race. Et c’est d’abord pour Elle, que le Sang de Jésus son Fils a coulé, ce Sang dont Elle sera un jour la source.

Quelqu’un a dit très justement que Marie est la « Fille aînée de la Passion », c’est-à-dire la première des rachetés. Et c’est parce que la victoire de la Croix fut en Elle si absolue que Marie a pu, dès le premier instant, tenir sous son talon la tête de Satan, comme ce fut annoncé par Dieu Lui-même après la chute originelle : « Je mettrai une hostilité entre toi et la Femme, entre ta descendance et sa descendance, Elle t’écrasera la tête ».

Et comme c’est nettement signifié sur la Médaille Miraculeuse, cette Médaille de l’Immaculée sur laquelle est aussi gravée, comme chacun sait, la belle invocation :

« Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous ».

Invocation qui constitue une très simple mais véritable Profession de Foi en ce mystère. La conséquence logique de cette singulière préservation de la faute originelle, c’est qu’en Marie, l’absence de péché sera totale. Jamais chez Elle la moindre faute vénielle, jamais la moindre imperfection. Durant tout le cours de son pèlerinage terrestre la « Sans-Tache », ignorera absolument cet aiguillon de la concupiscence qui attire vers le bas, cette écharde dans la chair qui nous tourmente si fort à certaines heures. C’est pourquoi l’Eglise a toujours fait sienne la réflexion de Saint Augustin : « Quand il s’agit de péché, je ne veux pas qu’il en soit question pour Elle ».

Voyons maintenant, frères et sœurs, en quoi consiste l’aspect positif de cette parfaite sanctification de la Vierge. Nous nous le rappelons chaque fois que nous récitons la Salutation Angélique « Je te salue, Pleine de grâce ». Oui, l’inestimable cadeau de joyeux avènement qu’Elle reçut de son Fils, ce fut une plénitude inimaginable de grâce sanctifiante, qui l’éleva d’emblée à un état d’union très intime avec Dieu. Ce qui, pour les autres Saints est un sommet, fut pour Elle un point de départ. Celle qui dès le premier instant fut le Temple vivant de la Bienheureuse Trinité « passa donc toute sa vie sur terre, l’âme planant dans le ciel ». De son Cœur Immaculé on peut dire qu’il fut constamment cette vive flamme d’Amour dont parle Saint Jean de la Croix, une flamme qui ne cessa de monter et de croître en intensité jusqu’à sa fusion définitive dans l’océan de feu de la Trinité au jour de l’Assomption.

Frères et sœurs, cette plénitude de grâce, cette Sainteté sublime, qui fait de Marie la créature la plus proche de la Sainte Trinité, ne l’isole pas pour autant des pauvres pécheurs que nous sommes. Bien qu’Elle ne soit pas née pécheresse, Elle est une fille de notre race et demeure donc l’une d’entre nous, notre sœur en humanité. Comme le Christ Jésus, à la fois sans péché et pourtant Rédempteur, sans faiblesse et cependant compatissant, Marie est venue au monde pour nous en même temps que pour Lui, et Dieu ne l’a si totalement comblée, si totalement possédée que pour nous la donner plus totalement en faisant d’Elle notre Mère dans l’ordre de la grâce. Ne nous laissons donc pas décourager en face de cette prodigieuse réussite qu’est la Vierge Immaculée, disons-nous bien que sa grandeur incommensurable n’est pas autre chose, en fait, que l’œuvre de la Grâce de Dieu en Elle ; « Le Seigneur fit pour moi des merveilles » et que si Dieu nous a donné l’existence, c’est pour réaliser aussi dans nos âmes une œuvre de grâce toute semblable. Oh certes ! Nous ne sommes pas nés immaculés, mais nous pouvons le devenir, nous pouvons être « immaculisés » comme disait Saint Maximilien Kolbe, ce grand Chevalier de l’Immaculée. N’est-ce pas d’ailleurs tout le sens de notre croissance spirituelle, du développement de la grâce sanctifiante qu’à notre tour nous avons reçue, non en plénitude, c’est bien évident, mais à l’état de germe au moment du Baptême ? Croissance qui doit se réaliser peu à peu, dans l’exacte mesure où nous laissons à Dieu la liberté de nous modeler pour nous configurer à l’image de son Fils Notre Seigneur. Mystère stupéfiant de notre divinisation que Saint Paul a exprimé en ces termes :

« Dieu nous a choisis pour que nous soyons saints et sans péché devant sa Face grâce à son amour… Lui qui nous a prédestinés à être pour Lui des fils adoptifs en Jésus-Christ ».[1]

Sommes-nous assez convaincus de cela chers frères et sœurs ? Et sommes-nous assez convaincus que pour nous aider à progresser, à pas d’amour, sur cette voie de la sanctification, nous avons besoin de contempler assidûment, Celle qui est le prototype inégalable de la perfection souhaitée par Dieu : Marie Immaculée, la Toute Sainte. A force de la regarder, nous finirons bien par l’imiter et donc par lui ressembler au moins un peu… Nous en avons tous fait l’expérience, une fois ou l’autre : dès qu’on s’approche d’Elle et qu’on se laisse fasciner par le charme de son regard et de son sourire, on se sent déjà meilleur, on est comme plongé dans un bain de pureté, de douceur et d’amour, on reprend courage et on trouve de nouvelles forces pour mieux prier, travailler, souffrir et aimer.

La Vierge de Lumière, « Mère du Bel Amour, de la connaissance et de la Sainte Espérance » est une Educatrice divinement experte de l’âme qui recherche son intimité et se livre entièrement à son influence maternelle. Elle sait la détacher de tout ce qui pourrait entraver ou freiner son élan « vers les choses d’En Haut ». Elle l’immunise contre le péché et l’erreur et facilite étonnamment son Union à Dieu. Elle l’embellit aussi spirituellement, la revêtant de son propre manteau de Lumière et d’Amour.

Oui ! Qu’elle est heureuse l’âme qui ayant compris ce grand secret de la vie spirituelle, s’établit par une consécration totale d’elle-même dans le Cœur Immaculé de Marie. Elle est dans un ascenseur qui peut l’élever, si elle est fidèle, jusqu’aux plus hauts sommets de l’Amour et de l’Union à Dieu.


[1] Eph. 1, 4-5

 

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Mariales
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