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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 20:24

Je voudrais vous proposer aujourd’hui quelques réflexions sur La Paix. S’il est un thème qui revient constamment dans les conversations, dans les discussions ; dans les débats ou dans les bulletins d’’information, c’est bien celui-là ! Et quoi de plus normal puisque « la Paix est - je cite ici Jean-Paul II - un des plus grands biens de l’humanité, présupposé indispensable pour le développement complet des individus et des peuples». « Un bien si noble disait Saint-Augustin que même parmi les choses terrestres il n’y a rien de plus agréable à écouter ni de plus doux à désirer». Jamais comme de nos jours ne se sont élevées des proclamations aussi passionnées pour défendre la Paix à tous les niveaux ; mais les hommes et les gouvernements ne sont apparus plus sensibles à cette juste cause. Et pourtant chaque jour nous assistons à l’explosion de cruels attentats contre la Paix :

- il y a tout d’abord ces guerres ouvertes qui subsistent ici ou là ; conflits localisés sans doute, mais combien meurtriers ! Et qui, de surcroît, risquent de mettre le feu un peu partout dans le monde.

- mais il y a aussi cette fameuse guerre dans l’ombre (dont on ne parle pas et que beaucoup du reste, ne veulent pas considérer comme une guerre) véritable guerre pourtant puisqu’elle est l’odieux massacre d’un nombre incalculable de petits innocents : tous ceux à qui l’on refuse le droit de vivre par la pratique criminelle de l’avortement.

- il y a encore la guerre économique qui crée des conditions injustes pour des peuples entiers.

- il y a dans de nombreux pays l’oppression des libertés les plus sacrées.

- il y a toutes ces dérisions que nous déplorons au sein de très nombreuses familles.

Force nous est donc de constater que notre 20ème siècle (si prestigieux pourtant par ses découvertes et son formidable progrès technique), mais qui en 70 ans, s’est payé le luxe de plus de 70 guerres, où quelque cent millions d’hommes ont trouvé la mort !

Notre 20ème siècle s’est achevé dans le désordre et la violence de tous les instincts déchaînés. Alors, bien sûr, nous nous interrogeons : quelle est la cause profonde de ces tensions qui, si souvent, débouchent dans l’agression cachée ou manifeste de certaines nations contre d’autres, de certains groupes contre d’autres et, de certains individus contre d’autres ? Les sociologues, les politiciens, les experts en sciences humaines fournissent certes beaucoup de réponses valables qui méritent d’être prises en considération. Mais la véritable réponse radicale à ce problème c’est l’Église dépositaire de la Révélation qui nous la donne : elle nous enseigne, en effet ; que la cause ultime de tous les déséquilibres, et de toutes les violences c’est le péché, le péché qui « amoindrit» l’homme lui-même en l’empêchant d’atteindre sa plénitude. Tous les péchés, c’est sûr, sont sources de désordre et donc de malheur, mais il en est un qui est plus pernicieux que tous les autres : c’est le péché de Satan c’est l’orgueil. Or, c’est ce péché qui domine dans le monde contemporain. C’est lui qui pousse les hommes à se passer de Dieu et à agir par conséquent, aussi bien dans la vie publique que dans la vie privée, sans tenir compte de Lui et de ses lois. Cette attitude de rejet ou de mépris de bien - qui a instauré le culte de l’homme à la place de celui de Dieu, ne date pas d’aujourd’hui. Elle a commencé à se manifester à l’époque de la Renaissance, s’est amplifiée au moment de la Réforme protestante et n trouvé son apogée dans la Révolution, la Révolution qui constitue - comme vous savez la révolte humaniste totale - révolte pour arracher la société à Dieu - révolte contre toute organisation chrétienne et même contre tout l’ordre social naturel. C’est la révolution qui a décrété en particulier que l’autorité ne vient pas de Dieu, mais du peuple. Oui, c’est là, très certainement, quoiqu’en pensent les rationalistes de tous bords (et même tant de chrétiens qui se laissent contaminer par les idéologies à la mode), c’est là dans cette indifférence générale vis-à-vis de Dieu et plus encore dans ce refus délibéré et systématique d’un Dieu Créateur, Providence des hommes et Maître de l’histoire que s’est noué le drame universel dans lequel nous nous débattons. Il faudrait que les hommes comprennent (mais quand comprendront-ils et que faudrait-il pour qu’ils comprennent) qu’il est impossible d’édifier solidement le Maison de la Paix : c’est-à-dire une société harmonieuse, vraiment juste et fraternelle, si l’on ne veut pas tenir compte des Lois immuables que Dieu Lui-même à inscrites dans la nature, si l’on se permet de déclarer bien ce que Lui appelle mal, si l’on ne veut pas observer ses commandements qui sont en quelque sorte «le mode d’emploi» de la vie humaine.

Il faudrait que les hommes arrivent à comprendre que leurs passions excitées par l’orgueil, l’ambition, l’ardente soif de domination et par-dessus tout l’adoration du dieu argent sont autant de germes nocifs qui engendrent inéluctablement la méchanceté, la discorde, la haine et en fin de compte la violence et la guerre, vérité qui est fort bien exprimée par ce proverbe biblique : « qui sème le vent récolte la tempête». De ce mal des âmes, de ce péché du monde qui empoisonne et fausse les relations humaines à tous les niveaux, qui élève des murs au lieu de jeter des ponts, qui provoqua des tensions de plus en plus dangereuses, nous devons, nous chrétiens avoir une conscience aigue, car de cette situation nous sommes pour une part responsables :

- d’abord à cause da notre complicité qui est indéniable dans la mesure où nous laissons s’implanter et grandir en nous ces germes de péché qui font de nous (à des degrés divers sans doute mais quand même) des fauteurs de guerre.»

- ensuite parce que nous ne sommes pas assez ardents pour mettre en œuvre le merveilleux Plan de Paix que le Christ a établi dans son Evangile et que nous avons mission d’exécuter nous tous les chrétiens. Dans l’Evangile, en effet, Jésus nous dit sur quoi se fonde la véritable Paix et quelles sont ses exigences. Le fondement de la Paix du Christ, c’est l’unique et universelle Paternité de Dieu : tous les hommes sont créés par Dieu, tous sont appelés à entrer dès ici-bas dans la famille des enfants de Dieu et à partager éternellement l’infinie Béatitude des Trois Personnes divines. Dieu aime éperdument et inlassablement tous les hommes «Lui qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants et pleuvoir sur les justes et sur les injustes». Et parce que le péché a séparé les hommes en dressant entre les peuples, les races ou les classes le mur de l’hostilité, le Fils Bien-aimé du Père a pris notre condition d’hommes (en tout hormis le pêché) et il s’est sacrifié par amour sur la Croix afin de détruire ce mur et d’établir la véritable fraternité. «C’est ainsi, affirme Saint Paul qu’il est notre Paix, Lui qui de deux mondes en a fait un seul en renversant le mur de la haine qui les séparait».

Le Plan de Paix de Jésus s’appuie donc sur ces deux principes qu’il a Lui-même ainsi formulés : «Vous n’avez qu’un Père et vous êtes tous frères». Essayons maintenant d’en dégager les principales exigences :

- Il importe d’abord et avant tout que chacun et chacune d’entre nous soit en paix avec Dieu et avec ses frères. Mais n’est-ce pas vers ce but que nous tendons en travaillant à notre réforme intérieure.

Pour être pacificateur, en effet, il faut être soi-même pacifié.

- Ensuite, il nous faut œuvrer dans toute la mesure de nos moyens pour que soient sauvegardées et développées certaines valeurs fondamentales sans lesquelles aucune civilisation ; aucune société ne peut subsister. Parmi ces valeurs, il en est une, qu’à l’heure actuelle, il importe absolument de restaurer et de fortifier, c’est le sens du respect de l’homme. Il n’échappe à personne un effet, que dans le contexte actuel du monde, l’homme risque de plus en plus d’être dépersonnalisé, méprisé, dégradé, avili, compté pour rien. Il existe toujours hélas ! Ici, ou là, des camps de concentration, des tortures, des exécutions arbitraires, des ravisseurs d’hommes, des personnes qui sont honteusement exploitées, odieusement traitées ou lâchement abandonnées. Si nous ne voulons pas glisser sur la pente de la haine qui conduit inéluctablement à la violence et à la guerre, il est urgent et nécessaire que nous reprenions conscience de la grandeur et de la dignité de l’homme, cet homme qui a été créé, nous dit la Bible, à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est d’ailleurs l’enseignement constant de l’Eglise, maintes fois rappelé ces dernières années et que Jean XXIII a résumé en ces mots dans sa remarquable encyclique sur la paix.

- « Tout être humain a droit au respect de sa personne ». Qu’il soit chrétien, juif, musulman, bouddhiste ou athée, qu’il soit de race noire, blanche ou jaune, qu’il soit de l’est ou de l’ouest ou du tiers monde, qu’il soit savant ou analphabète, qu’il soit malade ou bien portant, qu’il soit aliéné mental ou pleinement maître de ses facultés, qu’il soit manœuvre ou chef d’entreprise, qu’il soit vieillard ou enfant, (même dans le sein de sa Mère), qu’il soit ami ou ennemi, tout être humain a droit au respect de sa personne.

Oh ! Certes, s’il a causé de graves préjudices à la communauté, on a tout à fait le droit d’exiger réparation, s’il se montre persécuteur ou malfaiteur, il faut tout mettre en œuvre, c’est évident, pour l’empêcher de nuire, mais jamais on a le droit de le mépriser ni d’oublier qu’il est notre frère, qu’il est tout comme nous, une créature de Dieu et qu’il porte, tout comme nous, l’empreinte du Créateur. Un chrétien digne de ce nom doit, plus que tout autre, interdire l’entrée de son cœur à toutes formes de mépris (et même d’indifférence) vis-à-vis de qui que se soit... Parce qu’il comprend, à la lumière de l’Evangile, que mépriser l’un de ses semblables, c’est mépriser le Christ lui-même. « Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, affirme Jésus, c’est à moi que vous l’avez fait ».

POUR S’EDIFIER LA PAIX DU CHRIST A BESOIN DE JUSTICE :

Les hommes, nous le savons bien, ne sont pas naturellement justes ; car chacun pense d’abord à soi, sans se soucier des autres. Et comme les biens matériels, qu’on doit partager, ne sont pas infinis, mais finis (à la manière d’un gâteau) chacun cherche à posséder une part plus grande, sans se préoccuper du voisin. De sorte que les uns ont trop, les autres pas assez. Beaucoup de peuples n’ont pas le minimum vital, alors que d’autres regorgent de richesses. Une telle inégalité, provenant d’une absence de justice, ne peut que créer des conflits et des guerres. Elle est le grand mal de la terre... Dans toute société, il y a des riches et des pauvres. L’Evangile demande à ceux qui ont le plus reçu (dans tous les domaines) de mettre leur superflu, au service des plus démunis... Mais combien le font ? Et pourtant ce respect de la justice est la première condition d’une Paix authentique et durable entre les hommes. « Si tu veux la Paix, agis pour la justice » disait Paul VI.

POUR S’EDIFIER LA PAIX DU CHRIST A BESOIN DE VERITE :

Sans quoi « la tranquillité de l’ordre » qui est la définition de la Paix selon saint Thomas deviendra le désordre établi. On ne peut rien construire de valable sur le mensonge, tant dans les relations interpersonnelles que dans les relations entre groupes et entre nations. De même que la violence marche avec le mensonge, la Paix marche avec la vérité. « La violence déclare Jean-Paul II, baigne dans le mensonge et elle a besoin du mensonge. Le premier mensonge, la fausseté fondamentale est de ne pas croire en l’homme, en l’homme dans tout son potentiel de grandeur, mais aussi dans son besoin de rédemption du mal et du péché qui est en lui. Restaurer la vérité, c’est entreprendre un effort constant pour ne pas utiliser nous-mêmes, fût-ce pour le bien, les armes du mensonge. L’homme de Paix, sais reconnaître la part de vérité qu’il y a dans toute œuvre humaine et plus encore les possibilités de vérité qui demeurent au fond de tout homme ».

ENFIN, POUR S’EDIFIER LA PAIX DU CHRIST A BESOIN PAR-DESSUS-TOUT D’AMOUR :

« Pour avoir une vraie Paix, disait Paul VI, il faut lui donne une âme, car l’âme de la Paix, c’est l’amour ». Oui, c’est l’amour qui donne son souffle à la Paix, cet amour qui pour nous chrétiens, vient de l’amour de Dieu et se répand à travers nous sur les hommes. Nous avons en lui la clé qui ouvre les portes de la Paix. Rappelons-nous que cet amour surnaturel à trois caractéristique principales : c’est un amour qui donne, qui est toujours prêt à partager et là ce n’est pas tellement la quantité qui compte que la qualité.

- C’est un amour qui se donne, car il faut s’engager, payer de sa personne, « donner sa vie pour ses frères » à l’exemple de Jésus.

- C’est un amour qui pardonne, la caractéristique fondamentale de l’amour de Dieu pour les hommes, c’est la miséricorde. Jésus nous demande de reproduire cette miséricorde « soyez miséricordieux comme votre Père du Ciel est miséricordieux ». Refuser le pardon, entretenir la rancune, c’est préparer la guerre. Accorder généreusement le pardon dans la justice et la charité du Christ, c’est promouvoir la Paix. On trouve dans les textes conciliaires cette parole : « La Paix est aussi un fruit de l’amour, qui va bien au-delà de ce que la justice peut apporter ». La Mère Térésa qui a reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa charité désintéressée en faveur des plus pauvres parmi les pauvres, donne à cette parole une sorte de commentaire dont beaucoup auraient à faire leur profit. « Vous croyez que le social résout tous les problèmes, ce n’est pas vrai. Le social seul est insuffisant. Sans amour, ce n’est qu’une contrainte de plus. Il n’y a pas de Paix sans justice sociale ; il n’y a pas de justice sociale sans amour ».

J’espère que ces quelques réflexions vous auront aidé à comprendre que notre action chrétienne en faveur de la Paix n’a rien à voir avec ce qu’on appelle le pacifisme. Le pacifisme, c’est cette Paix trompeuse qui voudrait s’édifier sur des capitulations coupables par manque de courage et aussi par ce désir égoïste de la tranquillité qui va jusqu’à l’oubli des responsabilités conférées par les charges ou les missions reçues. Le plan de Paix que propose le Christ est aux antipodes du pacifisme.

J’espère aussi que ces réflexions vous auront affermis dans cette conviction de savoir : que l’édification de la Paix ce n’est pas seulement une affaire de spécialistes mais que c’est vraiment notre affaire à tous. Il dépend de chacun et de chacune d’entre nous, en effet, que les Lois fondamentales qui régissent la Paix du Christ : le respect de la dignité de chaque homme, la justice, la vérité et l’amour fraternel, soient observées ou méprisées.

Oh certes ! Ce sont d’humbles moyens mais qui au bout du compte sont plus efficaces qu’il n’y parait. Ils ne sont peut-être qu’une goutte d’eau mais qui en accompagne tellement d’autres qu’on finit par avoir un fleuve.

Disons-nous bien donc, que tout cela dépend de nous, sans oublier cependant que cela dépend aussi de Dieu, ou plus exactement de notre amour de Dieu, de notre fidélité à Dieu, de notre confiance en Dieu. « Si le Seigneur ne bâtit la maison, nous dit le Psaume, c’est en vain que travaillent les maçons ».

Or le Seigneur ne peut bâtir la maison de la Paix avec nous et à travers nous, que si nous sommes en communion avec Lui, que si nous lui sommes intimement liés, surtout par la prière... Nous oublions trop, c’est certain, que la Paix, c’est par-dessus tout un don de Dieu et qu’il faut par conséquent la demander inlassablement. Et puisqu’aux époques d’incertitude et de trouble, l’Eglise s’est toujours tournée vers sa Mère du Ciel avec une confiance sans bornes, de tout cœur supplions la Vierge Marie, Reine de la Paix, afin qu’elle nous obtienne la grâce d’être des artisans de Paix de plus en plus audacieux, généreux et courageux...

Oui, demandons-lui de nous aider à préparer, à instaurer et à vivre déjà cette « civilisation de l’Amour » que nous appelons tous si ardemment de nos vœux.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Conférences
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