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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 13:10

Il est un texte bien connu du Nouveau Testament que nous ne méditerons jamais assez : l'admirable chapitre XIII de la Première Lettre aux Corinthiens ou St Paul nous dit : « J'aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis qu'un airain qui sonne ou une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères, avoir la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer tous mes biens aux pauvres et livrer mon corps aux flammes, si ne n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien ».

Cette charité que St Paul nous présente comme un don supérieur à tous les autres (le charisme par excellence), qu'il exalte comme étant la valeur suprême de l'existence humaine, valeur irremplaçable, en dehors de laquelle on ne peut que gâcher sa vie et finalement rater sa destinée, qu'est-ce donc ?

Qu'est-ce que l'Eglise nous enseigne à son sujet ?

Il est capital pour nous de le savoir. Le mot charité tel qu'il est employé dans la langue française n'est pas toujours bien compris. Très nombreux sont ceux pour qui il évoque une action charitable, le geste qui vient au secours d'une détresse, alors que sa signification est autrement riche.

CHARITE traduit en effet le mot latin CARITAS qui est lui-même la traduction du mot grec AGAPE dont St Paul, St Jean et les premiers chrétiens se servaient pour désigner l'Amour divin, l'amour tel qu'il est en Dieu.

Ce qu'on désigne donc par CHARITE, c'est le plus grand amour possible c'est-à-dire l'Amour qui est Dieu (cet Amour infini qu'est Dieu) ainsi que l'amour qui, en nous, est de Dieu et va à Dieu. Cet amour qui, en nous, est d'origine divine ne doit pas être confondu avec l'amour naturel que nous pouvons et devons avoir pour Dieu créateur à cause de ses dons.

C'est un amour surnaturel qui a été infusé en nos cœurs au moment du Baptême et qui nous rend capables d'aimer Dieu du même amour dont Il s'aime Lui-même et d'aimer nos frères de ce même amour dont Il les aime.

Il n'y a donc pas en nous deux amours : l'un qui serait pour Dieu et l'autre qui serait pour le prochain, mais un seul amour qui dans un même élan nous porte à aimer Dieu et notre prochain.

Autrement dit, la CHARITE est comme la Croix du Christ, elle a deux dimensions : une dimension verticale qui tourne notre cœur vers Dieu et une dimension horizontale qui ouvre notre cœur à nos frères, mais c'est le même amour qui vient de Dieu, qui va à Dieu et qui nous relie à nos frères. Il n'y a pas de vraie charité, si l'une de ces dimensions vient à manquer. La CHARITE, c'est donc tout d'abord, en sa dimension verticale, une vertu par laquelle nous aimons Dieu en communiant à l'Amour qu'Il a pour Lui-même et cela pour Sa joie à Lui, pour Sa gloire à Lui...

Il importe, en effet, que nous soyons bien attentifs à cela : à savoir qu'aimer Dieu, cela ne consiste pas principalement à L'apprécier comme un moyen, un pourvoyeur de dons, ou un secours pour notre vie personnelle (ce qui serait de notre part un amour intéressé) mais que cela consiste à L'aimer comme Lui-même aime Son être, Sa vie, Sa joie, Sa beauté, Son infinie perfection.

Tant qu'il n'y a pas cette union de notre volonté à la complaisance que Dieu trouve en Lui-même, il n'y a pas exercice de la charité proprement dite.

Mais l'amour envers Dieu consiste aussi, bien sûr, à conformer notre volonté à la Sienne : « Vous m'aimez, dit Jésus, si vous observez mes commandements ».

Par la charité, nous disons OUI à tout ce que Dieu veut en ce monde et à tout ce qu'Il veut pour nous : nous y adhérons simplement parce que c'est Son bon plaisir, parce qu'en cela Il met Son amour et Sa joie.

Cette manière d'aimer, on le comprend, n'a rien à voir avec le sentiment. Il ne s'agit pas de sentir qu'on aime Dieu, mais de vouloir L'aimer.

Faisons donc en sorte que notre amour pour Dieu ne soit pas une recherche subtile de nous-mêmes, mais cet amour filial, totalement désintéressé qui faisait dire au Père de Foucauld : « Dieu est heureux et cela suffit ».

Voyons maintenant en quoi consiste la charité dans sa dimension horizontale, c'est-à-dire dans son extension à tous les hommes.

« Nous avons reçu de Dieu ce commandement, nous dit St Jean, que celui qui aime Dieu aime aussi son frère ».

Oui, le véritable amour de Dieu produit l'amour fraternel ; il le produit infailliblement, à tel point que là où il n'y a pas d'amour fraternel, on peut dire avec assurance qu'il n'y a pas d'amour de Dieu. Et c'est encore St Jean qui l'affirme : « Celui qui dit j'aime Dieu et qui a de la haine pour son frère est un menteur ».

La CHARITE, c'est en réalité le Cœur de Dieu en nous : elle nous rend capables, en effet, d'aimer tous nos frères quels qu'ils soient (en commençant bien sûr par les plus proches) de cet amour dont Dieu Lui-même les aime. Elle nous fait communier - et la encore ce n'est pas affaire de sentiment, mais de volonté - à l'amour que Dieu porte à tout être humain, cet être qu'Il a créé à son image et qu'Il a sauvé, recréé dans le sang du Christ, cet être en qui Il vit ou en qui Il rêve de vivre par sa grâce afin de le diviniser et de le béatifier.
C'est surtout cela, comprenons-le bien qui spécifie la Charité fraternelle : elle nous fait vouloir pour notre prochain et servir en lui son véritable bien qui est la vie de Dieu en lui et son développement jusqu'à la Vie éternelle.
Evidemment, cela exige de notre part un ensemble de qualités dont Jésus, qui est la Charité en actes, nous a donné dans l'Evangile un parfait exemple.
Ces principales qualités de l'amour fraternel authentique, de l'amour fraternel qui sans cesse donne, se donne et pardonne, St Paul les a énumérées, à la suite du texte cité en commençant : « La Charité, nous dit-il, est patiente, elle est serviable, elle n'est pas envieuse, elle ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s'irrite pas, elle n' entretient pas de rancune, elle ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais trouve sa joie dans ce qui est vrai. Elle excuse tout, supporte tout, espère tout et fait confiance en tout ».
C'est à la mise en pratique de ce programme de vie que nous devons nous appliquer généreusement, ne l'oublions jamais, si nous voulons vraiment « aimer comme Jésus a aimé ». Puisse Marie, la « Mère du Bel Amour », intercéder pour nous afin que brûle toujours plus ardemment en nos cœurs le feu divin de la CHARITE.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Jésus
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