Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:34

Commencement du livre des Actes des apôtres 1, 1-11

Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.

Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche. Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours ». Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel ».

Lecture de la lettre au Hébreux 9, 24-28 ; 10, 19-23

Car le Christ n'est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu'une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n'a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis le commencement du monde. Mais c'est une fois pour toutes, au temps de l'accomplissement, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, puis de comparaître pour le jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent.

Frères, c'est avec pleine assurance que nous pouvons entrer au sanctuaire du ciel grâce au sang de Jésus : nous avons là une voie nouvelle et vivante qu'il a inaugurée en pénétrant au-delà du rideau du Sanctuaire, c'est-à-dire de sa condition humaine. Et nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère, et dans la certitude que donne la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d'affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 46-53

Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur disait : « Il fallait que s'accomplisse ce qui était annoncé dans l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut ». Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Homélie

Une apothéose, une manifestation extérieure de la sublime glorification de Jésus, tel est, chers frères et sœurs le sens de cette Fête de l’Ascension.

Sans doute depuis sa Résurrection, le troisième jour après sa mort, l’humanité de Jésus se trouve, elle, immergée corps et âme dans les splendeurs de la Gloire du Père. Mais il fallait que cette réalité soit manifestée.

Pendant 40 jours, à travers les apparitions pascales, ce que Jésus, le Divin Ressuscité a voulu graver dans la conscience de ces apôtres, c’est la conviction indéracinable qu’il vit toujours et qu’il vit dans son être complet : avec son corps et son âme et sa divinité ; avec un corps qui certes est transformé, sublimé, ayant des propriétés qu’il n’avait pas lorsqu’il était sur la terre, mais qui vit toujours d’une vie parfaite et merveilleuse qui est celle du monde divin.

Dans cette dernière apparition du jour de l’Ascension, ce que Jésus veut souligner cette fois, c’est sa « Seigneurie ». C’est que non seulement il continue à vivre (et avec quelle plénitude !) C’est que, non seulement son humanité a été magnifiquement transfigurée, comme le proclame aujourd’hui la Préface de la Messe « ce Roi de Gloire qui s’élève au plus haut des cieux pour être le Juge du monde et le Seigneur des seigneurs, seul médiateur entre Dieu et les hommes ».

Si Jésus a décidé ainsi de monter visiblement au-dessus de la terre jusqu’à ce qu’une nuée mystérieuse le dérobe à la vue de tous, c’est pour bien montrer justement (comme nous le dit saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens) que Dieu le Père (dont il partage la gloire à égalité) l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent. Il lui a tout soumis en effet et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps.

Chers frères et sœurs, s’il y a jamais eu une « fête de l’humanité » c’est bien aujourd’hui. L’humanité n’a jamais atteint (et n’atteindra jamais) une dimension, une dignité aussi sublime, aussi inimaginable que d’entrer ainsi dans le monde divin, de partager la gloire divine en la personne de Jésus-Christ, lui qui est Nouvel Adam, premier-né d’entre les morts, tête de l’humanité nouvelle. Nous tous chrétiens, nous pouvons mettre au défi qui que ce soit de se faire une idée de la grandeur humaine qui soit aussi belle, aussi splendide, aussi inouïe que la nôtre. Dans le Christ, en effet, c’est toute l’humanité qui se trouve glorifiée et divinisée par anticipation. « En entrant dans le Royaume, nous dit encore la belle Préface de ce jour, il donne aux membres de son corps, l’espérance de le rejoindre un jour... »

Ainsi nous est rappelé très clairement le but et le terme de notre existence humaine. Et ce n’est pas inutile, car nous nous laissons si facilement imprégner par le matérialisme qui caractérise notre époque. Oui, nous sommes destinés à une vie glorieuse, nous sommes faits pour une vie de parfait bonheur dans cet au-delà de la terre qui est notre véritable avenir et que nous appelons le ciel. Le temps de notre existence ici-bas a pour but uniquement de nous préparer à cette vie définitive qui sera l’épanouissement plénier de tout notre être, dans une vision face à face du Dieu de Tendresse et d’Amour, dans une communion infiniment comblante à la vie intime de la Très Sainte Trinité.

Comme elle mérite bien le titre de « Fête de la Seigneurie du Christ » cette solennité de l’Ascension. Elle exalte en effet « le pouvoir royal » que Dieu le Père a conféré à son Fils bien-aimé, notre Sauveur, pouvoir qui lui permet d’attirer les âmes à lui, afin de les conduire à leur suprême destinée, conformément d’ailleurs à sa promesse « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ».

Ici une question se pose : comment Jésus va-t-il pouvoir exercer « sa Seigneurie » (sa puissance d’attraction et de sanctification) puisqu’il a quitté définitivement cette terre ? Et ! bien il va l’exercer par son Esprit.

C’est cet Esprit-Saint, lequel procède du Père et du Fils qui va « retourner » intérieurement les apôtres, qui va leur donner la même mentalité que Jésus et qui, de ce fait, en fera vraiment ses disciples. Désormais, grâce à Lui, les apôtres penseront comme Jésus, conformeront leur volonté à la sienne et n’agiront que comme Jésus ferait s’il était à leur place... Grâce à Lui, ils deviendront des copies vivantes de Jésus-Christ.

Frères et sœurs, disons-nous bien que ce que Jésus, notre Seigneur, à réalisé si merveilleusement dans l’âme des apôtres par le don de son Esprit, il désire ardemment le réaliser en chacun et chacune d’entre nous. Car, nous aussi, nous avons bénéficié de l’effusion du Saint-Esprit aux jours bénis de notre Baptême et de notre Confirmation. Il ne serait peut-être pas inutile de nous demander de temps à autre ce que nous en avons fait ! Pouvons-nous dire que nous avons toujours été parfaitement dociles à l’action de l’Esprit-Saint en nous ? Que nous lui avons en quelque sorte laissée les mains libres pour faire de nous ce qu’il voulait pour nous donner les mêmes idées, les mêmes sentiments que Jésus et nous agir à son exemple ? Et pourtant c’est cela qui est capital dans la vie chrétienne, de ne jamais « résister à l’Esprit-Saint, comme dit saint Paul, de le laisser faire... »

On parle beaucoup de changement dans notre monde en crise. Nous qui croyons au Christ, avons-nous assez profondément enracinée en nous cette conviction, que le vrai, le grand, l’efficace changement que nous pouvons apporter à ce monde déboussolé c’est avant tout le changement des cœurs, à commencer, bien sûr, par le nôtre ? Sans ce retournement intérieur, sans cette conversion perpétuelle à quoi bon changer les structures ? L’égoïsme humain aura tôt fait de tourner toutes les lois pour revenir aux mêmes esclavages, aux mêmes injustices. L’expérience est là pour nous rappeler que les institutions les meilleurs, qui avaient été inspirées par les intentions les plus justes et les plus charitables ont le plus souvent dévié, ont été galvaudées par suite d’un changement de mentalités dans le sens du mal.

Oui, comprenons bien que ce sont nos cœurs qu’il importe absolument de changer afin de les soumettre à la douce et bienfaisante autorité de Jésus, notre Seigneur, notre Roi... Si nous sommes assez généreux pour l’écouter, pour le laisser faire, pour le suivre pas à pas nous ferons de toute notre vie, une magnifique ascension, une montée dans la sainteté et nous deviendrons par le fait même des apôtres irrésistibles, capables d’entrainer à notre tour un grand nombre de frères sur le chemin du ciel...

A l’exemple des premiers apôtres et suivant la recommandation de Jésus, faisons de ces 9 jours qui nous séparent de la Pentecôte une fervente neuvaine de prières, en très grande communion d’âme avec Marie qui est la Mère de l’Eglise et la Reine des Apôtres.

Puisse son intervention Toute-Puissante, nous obtenir de l’Esprit-Saint, qu’en changeant radicalement nos cœurs il fasse advenir au plus tôt dans le monde le Règne du Christ, « Roi Immortel des siècles ».

Amen.

Une autre homélie de l'Abbé Cousty - Jeudi de l'Ascension - 1 -

Partager cet article

Repost 0
Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le Blog de Jackie
  • Le Blog de Jackie
  • : Nombreux coloriages catholiques et autres, vies de saints et homélies.
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • Jackie
  • Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog. Il y a une multitude d'infos de toutes sortes : coloriages, contes... Bonne balade à tous. Merci.

Ma Bible illustrée

ANCIEN TESTAMENT

NOUVEAU TESTAMENT

Divers

 

 

 

 

 

Meteo Corrèze

 

 

 

Compteur mondial

 

Mon Coup de Coeur