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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 19:50

On raconte qu'un jour la fille de Louis XV s'adresse en ces termes à l'une de ses servantes qui l'avait quelque peu contrariée :

« Auriez-vous oublié que je suis la fille de votre roi ? »

L'humble femme qui avait un sens profond de sa vocation chrétienne lui rétorqua fièrement : « Et vous, Madame auriez-vous oublié que je suis la fille de votre Dieu ? »

Et tel est bien en effet la dignité suprême, l'insurpassable titre de noblesse des disciples du Christ : nous sommes fils et filles de Dieu !

« Voyez quel amour le Père nous a témoignés, nous dit St Jean (1ère lettre III. 1.2) pour que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes ».

L'enfant n'est-il pas celui qui reçoit la nature même de son père ?

Un sculpteur dira d'une statue qu'elle est son œuvre, il ne dira jamais qu'elle est son enfant ; il appelle enfant celui à qui il donne sa propre nature. Saint Jean, d'ailleurs, prend soin de préciser que nous ne sommes pas seulement appelés « enfants de Dieu » (ce qui pourrait n'être qu'un titre honorifique), mais que nous le sommes réellement ; et cela - nous enseigne l'Eglise - en vertu de notre Baptême par lequel Dieu nous rend participants de sa propre nature. C'est à ce moment-là, en effet, que nous sommes « nés de Dieu », que nous sommes devenus par grâce ce que Jésus, le Fils Unique, est par nature autrement dit, c'est à ce moment - là que le Père a fait de nous ses enfants d'adoption. Comprenons bien toutefois le sens de cette adoption qui est fort différente de l'adoption humaine. L'adoption par un homme n'est qu'un titre juridique et extérieur donnant droit à une éducation et à un héritage, mais elle ne peut changer l'être, ni l'hérédité de l'enfant adopté. Tandis que l'adoption par Dieu n'est pas un titre extérieur ; elle ne vient pas s'ajouter à ce que nous sommes ; elle n'est pas plaquée comme le serait une couche d'or sur du bois. Elle transforme réellement et intérieurement notre nature en nous faisant vrais fils et vraies filles de Dieu. Cette nature, elle ne la détruit pas, mais elle la perfectionné et la divinise. Selon une comparaison chère aux Pères de l'Eglise, la Grâce fait en nous ce que le feu accomplit dans le fer.

Nous savons que le fer, lorsqu'il est plongé dans une fournaise devient incandescent et brûlant par le feu qui le pénètre et le change en lui-même. Certes le fer est toujours du fer, mais tout autre est son efficacité : il illumine et il embrase, car le feu agit en lui et par lui.

La théologie catholique exprime cette vérité en disant que la Grâce reçue au Baptême est sanctifiante, car elle imprime dans notre âme un sceau de ressemblance avec le Dieu Trois fois Saint qui nous a adoptés, de sorte qu'il serait équivalent de dire que cette grâce est divinisante.

Elle transforme, en effet, et perfectionne si bien notre nature qu’elle fait de chacun de nous « un petit dieu », non pas égal (c'est évident) au Dieu Unique infiniment transcendant, mais semblable à Lui.

Sans cette élévation inouïe au niveau même de Dieu nous n'aurions jamais eu la possibilité de vivre dans une vraie communion d’amour avec notre Père des Cieux, car seul le semblable peut connaître et aimer son semblable. Quelle promotion inimaginable pour les pauvres créatures que nous sommes. Et pourtant rien de cela n’est manifesté extérieurement : la grâce d'adoption qui fait de nous des « fils dans le Fils » est une réalité inaccessible aux sens et à la raison dont nous ne pouvons d’aucune manière avoir conscience. Seule la Révélation divine que nous accueillons par la Foi peut nous dire quelque chose de ce mystère de gloire qui est caché au plus intime de notre cœur. Vient le jour ou il nous est donné de faire cette bouleversante découverte et alors tout s'illumine. La vie, soudain, prend tout son sens et sa véritable dimension. Nous savons désormais qui nous sommes et à quel avenir merveilleux de parfait bonheur et de gloire nous sommes destinés.

« Par la grâce du Baptême, écrit le Père Philippon (0.P.) le chrétien est un autre dieu, cheminant sur la terre comme un autre Christ, le regard fixé sur cette bienheureuse et immuable Trinité où sa vie doit s'éterniser un jour dans la lumière de gloire ».

Nous savons aussi, du même coup, ce que nous avons à faire pour nous rendre dignes d’un tel don et d’une telle vocation. Car, noblesse oblige : à l'amour paternel de notre Dieu, il nous faut répondre par un amour filial de tous les instants, qui, à l'exemple de celui de Jésus « notre Frère ainé », doit se manifester dans une parfaite obéissance, une confiance absolue et un total abandon.

Prions instamment la Vierge Marie, qui est notre éducatrice dans l'ordre surnaturel, de nous former à cette vie filiale.

Qu'elle veuille bien pour nous convaincre et nous stimuler nous remettre souvent en mémoire cette belle pensée du saint Curé d'Ars :

 « Se savoir et se vouloir enfants de Dieu, c’est bien là tout le secret de la sainteté. Cet esprit filial a toujours caractérisé les saints ou plutôt c'est là l'esprit qui fait les saints. »

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Jésus
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