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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 19:57

Qui d'entre nous n'a pas remarqué, en pénétrant dans la Basilique du Rosaire à Lourdes, inscrite en grosses lettres sur la voûte, au-dessus d'une Mosaïque représentant la Vierge Immaculée, cette formule bien connue (et qui est tout un programme) :

Louis-Marie-Grignion.jpg« A JESUS PAR MARIE ».

Mais pourquoi donc, se demandent certains chrétiens, nous faut-il passer par Marie, pour nous unir à Celui qui est « la Vie de notre vie », Jésus notre Bien-Aimé Sauveur ? Et comment cela peut-il se faire ?

Il y a longtemps qu'un grand Saint de notre Pays : Saint Louis-Marie Grignion de Montfort a répondu magistralement à ces 2 questions, dans ce livre merveilleux que vous avez tous lu (du moins je l'espère) mais qu'il ne faut pas se lasser de relire et de méditer : « Le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge ».

Saint Louis-Marie a écrit aussi, vous le savez, un petit livre qui résume cet ouvrage fondamental : c'est « Le secret de Marie ».

Le « Traité de la Vraie Dévotion » écrit en 1742 (mais qu'on découvrit seulement 126 ans plus tard) est à l'origine d'un immense courant de vie mariale dans l'Eglise.

De nombreux Papes, des théologiens éminents et tous les grands serviteurs de Marie comme Saint Maximilien Kolbe, l'ont toujours considéré comme un chef-d'œuvre de théologie mariale et comme le livre de base de la vie spirituelle à l'école de Marie.

Sa doctrine est extrêmement riche, sûre et accessible à tous (en dépit de son style 17ème siècle, quelques fois déroutant).

Pour démontrer que Marie est le chemin nécessaire « chemin aisé, court parfait et assuré pour arriver à l'Union avec Notre Seigneur, où consiste la perfection du chrétien » (VD N°152), Saint Louis-Marie développe trois vérités qui sont communément admises dans l'Eglise et enseignées depuis longtemps :

1) La Sainte Vierge n'est pas seulement la Mère de Jésus, mais elle est aussi très réellement Notre Mère dans l'ordre surnaturel.

2) La Sainte Vierge exerce sa maternité spirituelle en étant la Médiatrice de toutes les Grâces. 3) Pour être en mesure d'exercer pleinement et efficacement ses fonctions de Mère et de Médiatrice, la Très Sainte Vierge a été établie par son Fils, Reine de l'Univers et plus particulièrement Reine des Cœurs.

PREMIÈRE VÉRITÉ : Marie n'est pas seulement la Mère de Jésus, mais elle est aussi très réellement notre Mère dans l'ordre de la Grâce. Cette maternité spirituelle est le premier fondement sur lequel repose la Vraie Dévotion Mariale. Parmi les nombreux paragraphes du Traité qui exposent cette doctrine, en voici un, qui dit l'essentiel en peu de mots :

« Si Jésus-Christ, le chef des hommes, est né en elle, les prédestinés, qui sont les membres de ce chef, doivent aussi naitre en elle par une suite nécessaire. Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres sans la tête : autrement ce serait un monstre de nature, de même, dans l'ordre de la grâce, le chef et les membres naissent d'une même mère, et si un membre du corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire un prédestiné, naissait d'une autre mère que Marie qui a produit le chef, ce ne serait pas un prédestiné, ni un membre de Jésus-Christ, mais un monstre dans l'ordre de la grâce ».

Pour écrire ce texte Saint Louis-Marie, cela ne fait aucun doute, s'est référé au grand principe que Saint Paul a mis en lumière et sur lequel il a tant insisté : celui de notre incorporation spirituelle au Christ : avec le Christ, en effet, qui est la tête, nous ne formons qu'un seul Corps mystique.

Or les membres sont conçus et naissent de la même mère que la tête.

Donc tous les hommes, en tant que membres mystiques du Christ, ont été conçus et sont nés de la Vierge.

Ils ont été conçus mystiquement le jour de l'Annonciation en même temps que le Christ, notre Tête et ils sont nés sur le Calvaire à l'instant même de la mort de Jésus, alors que s'accomplissait la Rédemption du genre humain, commencée à Nazareth avec le Fiat de Marie.

C'est pour cela que sur le Calvaire, un peu avant de mourir, Jésus proclama solennellement la Maternité spirituelle de Marie par ces paroles que rapporte Saint Jean : « Voici ton Fils », « Voici ta Mère », paroles qui constituent comme l'a fait remarquer si justement Dom Delatte, abbé de Solesmes, « une véritable institution surnaturelle ».

DEUXIÈME VÉRITÉ : Cette maternité spirituelle de Marie qui est si clairement affirmée, implique nécessairement la fonction de Médiatrice Universelle.

Il faut bien comprendre, en effet, que si une seule grâce nous venait indépendamment de Marie, la Sainte Vierge ne serait pas totalement notre mère.

La Grâce est une vie et la fonction essentielle de la mère est de donner la vie.

Toute notre vie ici-bas est comme un long enfantement à la Gloire.

Saint Louis-Marie nous explique ceci au N° 33 de notre Traité.

On peut appliquer à Marie, plus véritablement que Saint Paul ne se les applique, ces paroles : « Mes petits enfants, vous que j'enfante à nouveau dans la douleur, jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous ».

Saint Augustin se surpassant soi-même et tout ce que je viens de dire dit que tous les prédestinés, pour être conformes à l'image du Fils de Dieu, sont en ce monde cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne mère, jusqu'à ce qu'elle les enfante à la Gloire après leur mort qui est proprement le jour de leur naissance, comme l'Eglise appelle la mort des justes.

TROISIÈME VÉRITÉ : Jésus se devait de donner à Marie tous les moyens nécessaires à l'accomplissement de sa mission de Mère et de Médiatrice de toutes les grâces : c'est la raison pour laquelle il l'a couronnée Reine, après l'avoir élevée au Ciel, Corps et Âme, lui donnant une participation entière et définitive aux pouvoirs qu'il a lui-même reçus de son Père pour gouverner le Ciel et la Terre.

Sur ce point également Saint Louis-Marie est très explicite, écoutons-le :

« On doit conclure évidemment de ce que je viens de dire, que Marie a reçu de Dieu une grande domination dans les âmes des élus : car elle ne peut pas faire en eux sa résidence, comme Dieu le Père lui a ordonné ; les former, les nourrir et les enfanter à la vie éternelle comme leur mère, les avoir pour son héritage et sa portion, les former en Jésus - Christ et Jésus-Christ en eux ; jeter dans leur cœur les racines de ses vertus, et être la compagne indissoluble du Saint-Esprit pour tous ces ouvrages de grâces ; elle ne peut pas, dis-je, faire toutes ces choses, qu'elle n'ait droit et domination dans leurs âmes par une grâce singulière du Très-Haut, qui, lui ayant donné puissance sur son Fils unique et naturel, la lui a donnée sur ses enfants adoptifs, non seulement quant au corps, ce qui serait peu de chose, mais aussi quant à l'âme. Marie est la Reine du ciel et de la terre par grâce, comme Jésus en est le Roi par nature et par conquête : or, comme le royaume de Jésus-Christ consiste principalement dans le cœur ou l'intérieur de l'homme, selon cette parole : Le royaume de Dieu est au dedans de vous, de même le royaume de la très Sainte Vierge est principalement dans l'intérieur de l'homme, c'est-à-dire son âme et c'est principalement dans les âmes qu'elle est plus glorifiée avec son Fils, que dans toutes les créatures visibles et nous pouvons l'appeler avec les saints, la Reine des Cœurs ».

Telles sont, en résumé, les Trois Grandes Vérités que Saint Louis-Marie expose de façon remarquable pour nous dire le rôle exceptionnel de Marie dans la sanctification des âmes. Avec un enseignement, si bien fondé sur l'Ecriture et la Tradition, nous sommes fortifiés dans la conviction qu'il nous faut nécessairement passer par Marie pour aller à Jésus et entrer, par Lui (qui est notre Unique et suprême médiateur) en communion avec la Très Sainte Trinité. Une vision extatique de Saint François d'Assise rapportée dans les Fioretti illustre bien cette nécessité absolue de la dévotion mariale.

Saint Louis Marie, d'ailleurs, y fait allusion. Il fut montré à Saint François une grande échelle qui allait au ciel au sommet de laquelle était la Très Sainte Vierge et par laquelle il fallait monter pour arriver au ciel. L'échelle qui conduisait à Notre-Seigneur était rouge, celle qui conduisait à Marie était blanche. Croyant arriver plus vite au divin Maître, les frères de Saint François se précipitaient par l'échelle rouge. Mais ils retombaient à terre découragés. « Ordonne à tes frères d'aller vers ma Mère et de monter par l'échelle blanche », dit Notre Seigneur à Saint François. Les religieux montèrent facilement par l'échelle virginale et ils furent reçus dans le ciel par Marie, qui les conduisit à Jésus.

Il nous faut maintenant répondre à la deuxième question qui se pose : ce passage par Marie, en quoi consiste-t-il ? Et comment peut-il se réaliser concrètement ?

Nous savons tous qu'il s'accomplit essentiellement par une Consécration totale de nous-mêmes à la Très Sainte Vierge.

« Cette dévotion, lisons-nous dans le Secret de Marie, consiste à se donner tout entier en qualité d'esclave à Marie et à Jésus par Elle ; ensuite à faire toute chose par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie ».

On notera que Saint Louis-Marie prend soin ici, de distinguer deux choses : d'abord un acte de Consécration totale et absolue à Jésus par Marie, ensuite un état de Consécration consistant dans une disposition permanente qui nous fait agir et vivre habituellement sous la dépendance de Marie afin d'être unis très intimement à Jésus.

Le Grand Serviteur de Marie, précise que nous sommes là en présence d'un secret de grâce, que le Très-Haut lui a appris :

« Comme il y a des secrets de nature pour faire en peu de temps à peu de frais et avec facilité, certaines opérations naturelles de même il y a des secrets dans l'ordre de la grâce pour faire en peu de temps, avec douceur et facilité des opérations surnaturelles, si vider de soi-même, se remplir de Dieu et devenir parfait... »

Nous aurons compris aisément que la Consécration mariale, ainsi définie, est tout à fait dans la logique d'un véritable amour.

Car l'amour vrai, porte la personne qui aime à se donner totalement, sans réserve, sans retour et pour toujours à la personne aimée.

Aimant Dieu, l'amour nous engage à nous donner à Lui, comme au but suprême de notre vie. Aimant Marie, le même amour, nous invite à nous donner à Elle, comme au moyen choisi par Dieu pour nous aider à vivre de plus en plus en Communion avec Lui.

Dans notre consécration mariale que livrons-nous à notre Mère Bien-Aimée ?

Nous lui donnons tout d'abord notre corps, ce pauvre corps qui est si souvent, hélas ! Un instrument de péché. Sans son autorité il restera ce qu'il doit être : le serviteur de l'âme.

Nous lui donnons aussi, bien sûr, notre âme avec toutes ses facultés, car c'est surtout dans les âmes que Marie veut établir sa régence d'amour. Elle les cherche et les appelle ces âmes, parce qu'elle a reçu de Dieu la mission de les former à la ressemblance du Christ.

Je voudrais ici, attirer votre attention sur un aspect très important de cette Consécration mariale.

Saint Louis-Marie insiste beaucoup pour que notre livraison à Marie, corps et âme, soit faite en qualité d'esclaves d'amour.

Il se réfère ici à une expression chère à Saint Paul, à propos de Jésus, lequel, nous dit-il « a pris forme d'esclave » pour nous.

Il nous invite ainsi à imiter le Christ et la Vierge Marie qui s'est donné ce même titre, le seul qu'elle se donne : « Je suis l’esclave du Seigneur ».

On sait que ce terme esclave traduit très exactement le mot grec « doulé » employé par Saint Luc. Le mot serviteur ou servante, en effet, ne saurait suffire.

Le serviteur ou la servante en effet, peut agir selon son intelligence, selon son libre arbitre. Ce qui est scandaleux chez l'esclave, c'est qu'il est traité come s'il n'avait que son corps. On ne fait pas appel à son esprit, ou le prend uniquement comme un exécutant matériel. Il y a tant de manières d'êtres esclave par son corps, encore aujourd'hui...

Pourquoi reculerions-nous devant l'esclavage d'amour que nous pouvons vouer à Marie, laquelle nous respecte infiniment plus que n'importe qui, et qui seule peut de fait nous libérer dès cette terre de tout autre esclavage ?

C'est pourquoi nous sommes si heureux de nous remettre à Marie en lui disant :

« Forme-moi, forme mon corps, forme tout mon être, mais sans me demander conseil ! Parce que je sais bien que si je ne me laisse pas prendre complètement par toi, si tu me demandes conseil, les folies de la croix, je ne les accepterai pas ! Je ne me laisserai pas former jusqu'au bout, je risque toujours de rester un enfant gâté. Je te donne sur moi tout pouvoir. Même si parfois tu es un peu rude pour moi, même si parfois tu permets des humiliations que jamais je n'aurais acceptées ! Je te le demande quand même, parce que je sais que tu seras là pour m'aider, pour me soutenir dans les moments difficiles, pour "ramasser les morceaux" quand je serai brisé, et que je risquerai de voler en éclats... Je te fais pleinement confiance, tu peux y aller avec moi ! Traite-moi vraiment comme ton esclave d'amour ! »

Nous faisons donc à Marie oblation de notre corps et de notre esprit, mais nous lui donnons également tous nos biens extérieurs présents et à venir acceptant de n'être que les simples gérants de tout ce qui nous appartient, ainsi que tous nos biens intérieurs et spirituels, c'est-à-dire nos mérites, nos vertus et nos bonnes œuvres, passées, présentes et à venir.

En somme, c'est tout notre capital de vie surnaturelle qui est ainsi confié à la Grande Trésorière de Dieu.

Désormais, c'est à sa fidélité que l'on se fie, c'est sur sa puissance que l'on s'appuie, c'est sur sa miséricorde et sa charité que l'on se fonde, afin qu'elle conserve et augmente nos mérites. La Vierge Immaculée empêche que les vertus ne se dissipent, que les mérites ne périssent, que les grâces ne se perdent, que les démons ne portent préjudice à ses enfants consacrés.

Bien plus, elle fait sans cesse valoir aux yeux de Dieu, nos bonnes actions, parce qu'elle y met toujours du sien.

Elle purifie nos bonnes œuvres de la souillure de l'amour propre qui s'y glisse toujours d'une manière plus ou moins imperceptible. Elle efface ce qu'il y a de fâcheux. Elle compense ce qu'il y a d'incomplet. Ce cadeau que nous lui faisons de nos bonnes actions, elle l'embellit, elle l'orne de ses mérites et le fait accepter ainsi de son divin Fils. Jésus, en effet, ne considère pas tant la chose qu'on lui donne que sa Très Sainte Mère qui la lui présente. Il faut ajouter que ce placement que nous faisons de notre revenu spirituel dans le Cœur de Marie, procure également de grands biens au prochain, car on consent que Marie l'emploie comme bon lui semble, soit pour la délivrance des âmes du Purgatoire, soit pour la conversion des pécheurs. Nous avons là un excellent moyen de communier à sa mission de Co-rédemptrice.

Tel nous apparaît donc, selon le « Traité de la Vraie Dévotion » l'acte véritable de Consécration mariale. Il n'est pas seulement une mise sous la protection de notre Mère céleste mais la remise de tout notre être, de notre avoir, de nos activités, de toute notre vie à sa disposition, en vue du règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la plus grande Gloire de Dieu.

Car cet acte, comme je l'ai fait remarquer tout à l'heure, appelle un état de Consécration que Saint Louis-Marie résume par cette formule : « Il faut faire toutes ses actions par Marie, avec

Marie, en Marie et pour Marie... »

Pour cet aspect essentiel je vous renvoie à la Conférence qui fait suite à celle-ci et que j'ai intitulée « Comment vivre notre Consécration à Marie ? »

En conclusion je voudrais vous dire ceci : Notre consécration mariale est en définitive une oblation à la Trinité Sainte de notre vie de baptisés, mais c'est une oblation que nous faisons sur cet autel privilégié qu'est le Cœur Immaculé de Marie.

Elle est un mouvement ascensionnel qui prend son départ au moment de l'engagement solennel et se poursuit dans la même ligne droite, prisonnier certes d'une direction qu'il a choisie, qu'il maintient, qu'il aime et qui le protège.

Mais dites-moi, le train pourrait-il se plaindre, comme d'une entrave à sa liberté, des rails qui en fixant sa route lui assurent vitesse et sécurité ?

Dans cette spiritualité tout se simplifie et s'unifie.

Un seul but : appartenir totalement à Marie, « Totus Tuus ».

Un seul danger : se soustraire à sa dépendance.

L'Eglise, vous le savez, applique à la Vierge cette parole de la Bible : « Ceux qui vivent et agissent en moi, ne pècheront pas ». C'est là que se trouve la vraie perfection de la liberté : ne plus pouvoir pécher, ne pouvoir accomplir que des actes chargés d'amour.

Telle fut la liberté du Christ et de sa Mère. A cette liberté Idéale doivent participer tous les enfants de Dieu. Comment y atteindre mieux que par Celle que Saint Louis-Marie appelle « Le Moule de Dieu », le moule qui forme les Saints ?

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Conférences
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commentaires

Carlito 27/04/2012 11:35

Merci très cher père COUSTY pour ce bel article.

Je vais l’utiliser pour me donner des idées pour ma première retraite spirituel qu'un curé de SUISSE m'a demandé de faire dans sa paroisse afin de faire connaître ce beau traité de la dévotion à
Marie de notre très cher Saint Louis-Marie GRIGNION de MONTFORT.

Fraternellement en Jésus par Marie!

Carlito

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