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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 06:57

Toutes les paroles de l’Evangile que nous venons d’entendre sont extrêmement riches de sens. Nous réfléchirons plus spécialement ce matin sur celles qui concernent l’amour fraternel. « Mon commandement, dit Jésus, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés... Ce que je vous demande c’est de vous aimer les uns les autres ».

Ce qu’il importe de bien comprendre tout d’abord, c’est que Jésus nous demande beaucoup plus que de nous aimer les uns les autres : il veut que nous nous aimions« comme » lui-même nous a aimés. C’est à ce « comme » qu’il faut faire très attention, car il définit toute l’originalité, toute la nouveauté de ce que le Seigneur appelle « mon commandement à moi ». Cela veut dire que notre amour pour nos frères doit non seulement imiter l’amour de Jésus, mais qu’il doit être de même nature que le sien. Autrement dit : pour être authentique, notre amour envers le prochain doit être un amour surnaturel, ce qu’un philosophe converti exprimait en ces termes « aimer ce n’est pas humain, c’est divin ».

Il ne faut donc pas appeler amour chrétien, charité chrétienne ce qui est l’expression d’un amour purement naturel. Car il existe bien un amour naturel – et en lui-même, il est déjà quelque chose de grand – mais l’exercice spontané de notre affectivité n’est pas de soi l’exercice de la charité.

Saint Paul, vous le savez, va jusqu’à envisager le cas d’un homme qui donnerait tous ses biens aux pauvres, qui serait capable de se dévouer au point de livrer son corps aux flammes et qui n’aurait pas pour autant la charité. Vouloir à tout prix appeler Charité, amour chrétien des autres, ce qui n’est qu’entraide, solidarité ou dévouement pour une cause terrestre aussi juste qu’elle soit, c’est une erreur (bien trop répandue, hélas !) La nature humaine, même sans le secours de Dieu est capable de sympathie, de bienveillance et de dévouement... et nous en avons des exemples fréquents... mais on ne doit appeler Charité que ce qui est imprégné d’amour divin, que ce qui est l’expression d’un amour surnaturel habitant notre cœur...

Nous ne pouvons donc « aimer comme Jésus nous a aimés » que si nous sommes nous-mêmes, remplis de l’amour de Jésus, que « si nous avons en nous les sentiments qui furent dans le Christ Jésus » comme dit saint Paul. Il faut pour ainsi dire que ce soit le cœur de Jésus qui batte dans notre propre cœur. Disons, pour employer une image moderne : que le chrétien c’est quelqu’un qui a un cœur greffé, le donneur étant Jésus lui-même.

Oh ! Comme il faudrait que nous soyons profondément convaincus de cela, chers frères et sœurs, à savoir que la Charité fraternelle c’est le cœur de Dieu en nous :

- que la Charité fraternelle nous fait aimer tous nos frères sens exception (en commençant bien sûr par les plus proches) de cet amour dont Dieu lui-même les aime...

- que la Charité fraternelle nous fait communier, non par le sentiment, mais par la volonté, à cet amour indicible que Dieu porte à tout être humain, cet être qu’il a créé à son image et qu’il a sauvé et recréé dans le sang du Christ, cet être en qui Il vit ou en qui il rêve de vivre par sa Grâce afin de le diviniser et  de le béatifier... Car telle est bien la spécificité de la Charité chrétienne : elle nous fait vouloir pour notre prochain et servir en lui son véritable bien qui est la vie de Dieu en lui et son développement jusqu’en la vie éternelle.

Evidemment aimer de cette manière exige de notre part un ensemble de qualités dont Jésus qui est la Charité en actes nous a donné tout au long de sa vie terrestre un parfait exemple. Ces qualités qui brillent d’un si vif éclat à chaque page de l’Evangile, on peut, me semble-t-il les résumer ainsi :

  • Jésus a aimé d’un amour absolument gratuit, un amour qui ne calcule pas et n’attend pas de retour, qui veut le bien des ennemis et qui pardonne inlassablement.
  • Jésus a aimé d’un amour de frère universel qui ne connaît pas de frontières et ne laisse subsister aucune barrière sociale ou raciale, un amour qui se donne tout entier au prochain le plus proche comme au plus éloigné.
  • Jésus a aimé d’un amour qui ne connaît pas de limites et qui de ce fait va jusqu’au don de sa propre vie car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Chers frères et sœurs, cet Idéal de l’amour qui à chaque instant donne se donne et pardonne. Nous ne pourrons l’atteindre que si nous « demeurons » dans l’amour de Jésus ; que si nous sommes constamment et très intimement unis au Seigneur par ces moyens irremplaçables que sont la prière... et les sacrements : l’Eucharistie surtout, mais aussi le sacrement de Réconciliation.

Comment, dès lors, cet amour venu d’En-Haut et diffusé à travers notre cœur ne pourrait-il pas connaître selon la promesse de Jésus une merveilleuse efficacité, en faisant grandir en nous la vie divine et en faisant régner au niveau des relations humaines cette Unité et cette Paix qui sont la condition du véritable bonheur !

Pour conclure, chers frères et sœurs, je voudrais dire ceci : il ressort de cet Evangile comme de la 2ème lecture choisie pour cette liturgie de la Parole que Dieu, qui est amour, veut que nous soyons comme lui des êtres d’amour... Ce qui signifie qu’à ses yeux nous ne sommes vraiment quelqu’un et n’avons de valeur que si nous entrons dans ce courant d’amour qui part de lui, Notre Père, est répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint, circule dans toutes les cellules du corps mystique pour retourner finalement à sa source.

Aux yeux de Dieu, celui qui est le plus grand, ce n’est pas celui qui a le plus d’intelligence ou le plus de science, ce n’est pas celui qui a la plus belle situation ou le plus d’argent, encore moins celui qui est parvenu aux sommets de la puissance et de la gloire terrestre, aux yeux de Dieu le plus grand c’est celui qui aime le plus.

Puissions-nous, frères et sœurs, ne rechercher que cette grandeur là !

Puissions-nous, chaque jour, valoir plus en aimant plus...

Jésus nous a bien prévenus : la charité sera le sujet de notre examen final, parce qu’au Ciel seul l’Amour peut entrer... « Au soir de cette vie nous serons jugés sur l’Amour ».

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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Jackie 04/05/2015 19:10

Merci de ton beau commentaire Carlito. C'est toujours un plaisir de te lire. A trés bientôt.

carlito 04/05/2015 09:47

Ah, quelle belle Vérité, quelle bel Amour ! Merci pour ce rappel de l'Amour de Dieu qui s'est exprimée en Jésus de manière si pertinente et si extraordinairement et si si nouveau! pourtant si ancien mais toujours à revivre ou à réactiver dans nos cœurs pour en faire profiter à nos proches et à tous !
Dieu est grand certes mais surtout Dieu est Amour !

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