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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:42

Lecture du livre d'Ézékiel 37, 12-14

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d'Israël. Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j'ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous installerai sur votre terre, et vous saurez que je suis le Seigneur : je l'ai dit, et je le ferai. – Parole du Seigneur.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 8-11

Frères, sous l'emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 1-45

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

[Un homme était tombé malade. C’était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. (Marie est celle qui versa du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Lazare, le malade, était son frère.)] Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié ». Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait ; alors seulement il dit aux disciples : « Revenons en Judée ». [Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ? » Jésus répondit : « Ne fait-il pas jour pendant douze heures ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui ». Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s'est endormi ; mais je m'en vais le tirer de ce sommeil ». Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé ». Car ils pensaient que Jésus voulait parler du sommeil, tandis qu'il parlait de la mort. Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui ! »]

Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. [Comme Béthanie était tout près de Jérusalem — à une demi-heure de marche environ — beaucoup de Juifs étaient venus manifester leur sympathie à Marthe et à Marie, dans leur deuil.] Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas ». Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera ». Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection ». Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ». [Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t'appelle ». Marie, dès qu'elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus. Il n'était pas encore entré dans le village ; il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie, et lui manifestaient leur sympathie, quand ils la virent se lever et sortir si vite, la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. Elle arriva à l'endroit où se trouvait Jésus ; dès qu'elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Quand il vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus fut bouleversé d'une émotion profonde.] Il demanda : « Où l'avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Viens voir, Seigneur ». Alors Jésus pleura. Les Juifs se dirent : « Voyez comme il l'aimait ! » Mais certains d'entre eux disaient : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre ». Marthe, la sœur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là ». Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé ». Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller ».

Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

Homélie

La scène que saint Jean vient de nous dépeindre est admirable en tous points et riche en enseignements de la plus haute importance. Jésus s’y montre, tout d’abord profondément humain, ne cachant pas son émotion et pleurant la mort de son ami Lazare, comme il nous arrive de le faire chaque fois que nous perdons un être cher.

Il y apparaît aussi dans sa Toute-Puissance de Fils de Dieu, puisqu’il commande en maître à la mort et fait resurgir la vie dans un corps qui commençait à se décomposer.

Ce sont deux vérités que nous trouverons fort bien exprimées dans la préface de cette Messe : « Il est cet homme plein d’humanité qui a pleuré sur son ami Lazare ; il est aussi Dieu, le Dieu éternel qui fit sortir la mort du tombeau ».

Nous remarquons toutefois que cette même préface ajoute « Dans sa tendresse pour tous les hommes il nous conduit par les mystères de sa Pâque jusqu’à la vie nouvelle ».

Et c’est bien là, chers frères et sœurs, l’enseignement majeur de cet évangile, enseignement qui est fortement mis en lumière par le sublime dialogue entre Jésus et Marthe, la sœur du défunt. Malgré son immense peine et sa grande déception de l’absence de Jésus, Marthe garde en son cœur un espoir très ferme bien qu’elle n’en précise pas l’objet : « Je sais que maintenant encore Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas... » Jésus répond catégoriquement, mais sans rien promettre pour l’immédiat : « Ton frère ressuscitera ».

Marthe lui dit alors sa conviction (qui est celle de tous les Juifs profondément religieux de l’époque) « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection de tous les hommes ». C’est une profession de foi que Jésus approuve, mais qui ne le satisfait pas encore pleinement, car il s’agit là, à ses yeux d’une foi encore trop générale et trop lointaine. Ce que Marthe doit bien saisir, c’est que cette résurrection de tous les hommes au dernier jour sera l’œuvre ultime de ce Jésus qui lui parle en ce moment et en qui elle a une si grande confiance. Professer une idée générale de la résurrection c’est nettement insuffisant parce que c’est croire à une réalité abstraite, or ce que Jésus désire par-dessus-tout c’est qu’on ait foi, et une foi absolue, en cette personne bien concrète et bien vivante qu’il est lui-même.

La conviction qu’il cherche à enraciner dans le cœur de Marthe et dans le cœur de tous ceux qui l’écoutent, c’est qu’il n’est pas seulement celui qui a le pouvoir de donner la résurrection et la vie, mais qu’il est lui-même en personnes, en sa Personne du Dieu fait homme « La Résurrection et la Vie ».

Jésus nous avertit par là que le mot Résurrection recouvre deux significations bien différentes : jadis, certains prophètes, ont obtenu par leur prière des résurrections. Jésus lui-même a ressuscité le fils de la veuve de Naïm et la fille de Jaïre, et il s’apprête à ressusciter pareillement son ami Lazare. Mais ces résurrections-là, (il importe de le souligner) ne sont en réalité que des annonces, des préfigurations de la véritable Résurrection telle qu’elle se réalisera bientôt en Jésus et plus tard dans tous les hommes. Ceux qui ont été ressuscités soit par les prophètes, soit par Jésus lui-même n’ont bénéficié en réalité que d’une réanimation et ils ont eu le privilège, si on peut dire, de mourir une deuxième fois, et de cette deuxième mort ils ne sont pas revenus.

Tandis que la Résurrection que Jésus va connaître au matin de Pâques c’est bien autre chose... C’est un mystère de Transfiguration du corps humain qui entre dans un état tout à fait nouveau dont nous n’avons absolument pas l’expérience et que nous sommes incapables d’exprimer en langage humain : par le mystère de la Résurrection, le corps de Jésus, entièrement spiritualisé, entre dans la vie éternelle non seulement au sens de vie illimitée... mais de vie toute autre. En vérité seule la Résurrection de Jésus est la vraie, la parfaite Résurrection dont toutes les autres découlent. Il est, Lui, la Résurrection par excellence : tous les hommes participeront au dernier jour à cette résurrection corporelle et glorieuse de leur Maître et Seigneur, tout comme Marie, qui, Elle, à cause de son Immaculée Conception, a eu l’insigne privilège d’y participer la première (aussitôt après sa mort) le jour de son assomption. Oui, un jour, nous aussi, nous serons élevés corps et âme, tout comme Marie, dans la gloire du ciel... Voilà ce que Jésus veut nous dire à travers les paroles si denses de cet Evangile, lui qui est « la Vie », il ne veut pas que l’homme demeure pour toujours prisonnier de la mort.

S’il vient vers l’homme, c’est pour le sortir de son péril et de son malheur ; c’est pour le sauver de la mort éternelle qui à ses yeux est la seule mort redoutable... Ce qu’il veut par-dessus tout c’est que l’homme vive de la vie qui pour lui est la seule véritable : la vie éternelle, la vie de celui qui est l’Eternel, la vie même de Dieu dans laquelle on entre par le baptême.

Telle est notre Foi : nous la proclamons chaque dimanche « Je crois en la Résurrection de la chair et en la vie éternelle ». Dans son dialogue avec Marthe (nous l’aurons remarqué) Jésus fait ressortir toute l’importance qu’il attache à cette foi inconditionnelle de la part de l’homme : « Celui qui croit en moi, même s’il est mort vivra et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra pas pour toujours ».

La foi, une foi lumineuse et vigoureuse, tel est donc le bien vital, le cordon ombilical qui nous rattache à Jésus et nous fait communier à tout ce qu’il est et à tout ce qu’il dit, c’est une foi qui nous fait « vivre dans le Christ-Jésus, comme dit saint Paul, aussi bien de ce côté-ci que de l’autre côté de la mort ». Autrement dit la Foi en ce Jésus qui est « La Résurrection et la Vie » nous permet de faire de toute notre existence une Pâque, c'est-à-dire un passage de la mort à la vie, un passage pas seulement au dernier moment (ce sera alors le grand, l’ultime passage de ce monde à Dieu) mais un passage de tous les jours, et même de tous les instants.

  • Il s’agit en effet de passer d’un état de mort à un état de vie spirituelle toujours plus riche, jamais achevé...
  • de passer des ténèbres de l’erreur à une connaissance toujours plus profonde de la vérité divine...
  • de passer d’un amour tiède à un amour plus ardent...
  • et, si par malheur le péché grave (le péché mortel) nous a séparés de Dieu, de passer de ce tombeau dans lequel il nous enferme à la Résurrection de la grâce qui se réalise grâce à l’absolution que nous donne le prêtre dans le sacrement de la confession et du pardon des péchés.

Est-ce que durant ces 15 jours qui nous séparent de Pâques nous allons faire cette démarche de la confession sacramentelle, même si nous n’avons pas commis de péché mortel. C’est l’Eglise qui nous le demande ? Il faut être bien orgueilleux pour dire : « moi, je n’en ai pas besoin... »

Frères et sœurs, notre vocation de baptisés est une vocation à la sainteté mais si nous voulons progresser vers cette sainteté nous devons à tout prix mettre en pratique dans notre vie ce qu’on a appelé la loi fondamentale de la mort à soi-même (mort à son égoïsme, à son orgueil, à toutes les formes de péché). Il faut que nous puissions affirmer comme saint Paul « C’est chaque jour que je meurs » que je fais mourir en moi tout ce qui ne vient pas de Dieu ou ne va pas à Dieu...

Jésus lui-même a pris soin de nous rappeler cette exigence à l’aide de cette comparaison bien connue : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas il reste seul, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits ».

Ainsi donc, pour nous chrétiens qui essayons de tout comprendre dans la lumière de Dieu il n’y a de souffrance que pour la gloire, il n’y a de mort que pour la vie.

Avançons donc, jour après jours dans le rayonnement de cette Foi, dans le réconfort et la joie de cette espérance.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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commentaires

Carlito 01/04/2017 16:59

Comme d'habitude notre très Abbé COUSTY nous éclaire sur la Parole de Dieu !

"....Il s’agit en effet de passer d’un état de mort à un état de vie spirituelle toujours plus riche, jamais achevé......"

Cela fait écho à cette autre phrase de Jésus : "Laisses les morts enterrer leur mort, toi viens et suis-moi !"

Si nous considérons Jésus comme vraiment "Dieu fait homme" alors sans plus hésiter et promptement, mettons-nous à Son école et devenons ses disciples afin qu'Il devienne vraiment notre seul et unique Maître ! Il nous donnera son Esprit-Saint afin qu'Il nous affermisse dans la Vérité en reconnaissant parmi tant de voix, celle qui vient de Dieu !

Merci Seigneur !

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