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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 22:41

Lecture du livre d'Isaïe 8, 23b. 9, 1-3

C’est à la Galilée, le carrefour des païens, que le prophète Isaïe promet la lumière et la libération messianiques.

Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’avenir est bouché, le peuple est sans espoir, son élite a été déportée et son pays ravagé par l’ennemi assyrien. Que peut-il attendre ? Le prophète Isaïe voit poindre cependant le jour de sa libération, car un héritier est né au roi descendant de David. Ce n’est encore qu’un petit enfant, mais il cristallise toute l’espérance des pauvres. Lui au moins ne sera pas dévoré d’ambitions, mais il n’aura pour but que le bien de son peuple.

Quelle lumière et quelle joie véritables attendent ceux qui demeurent aux « carrefours des païens » que sont nos cités aujourd’hui ?

Psaume 26

R/Le Seigneur est ma lumière et mon salut

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. R/
  • Mais, j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur ». R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 10-13. 17

Les rivalités qui divisent la communauté de Corinthe montrent une méconnaissance radicale de la croix de Jésus Christ.

Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités. Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j’appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j’appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j’appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : S’attacher à tel ou tel prêtre ou laïc qui nous a marqués et orientés dans notre rencontre du Christ ; préférer une présentation de l’évangile qui soit plus parlante pour nous et pour nous notre milieu qu’une autre plus traditionnelle ; reconnaître qu’un prêtre sait mieux qu’un autre alimenter notre foi, dans ses sermons, ses prédications de retraite, sa manière d’intervenir en révision de vie, tout cela est légitime car l’Église n’est pas plus uniformité. Ce que Paul reproche aux Corinthiens c’est de faire un absolu de leur attachement à un prédicateur et à sa doctrine, de se constituer ainsi en clans rivaux, de cristalliser la bonne nouvelle du Christ en une idéologie nécessairement exclusive d’une autre.

Pour faire taire les divisions, Paul plante la croix de Jésus au milieu de la communauté de Corinthe. Lorsque des frictions ou des rivalités naissent dans nos équipes ou dans notre communauté, notre réflexe est-il aussi de nous rappeler que l’unité se fonde sur l’unique amour du Christ pour chacun et chacune.

Alléluia. Alléluia. Jésus proclamait l’Évangile du Royaume, et guérissait toute maladie dans le peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4, 12-23

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets.

C’est en Galilée, dans cette région méprisée parce qu’elle était un carrefour de races mêlées, que Jésus choisit ses premiers disciples.

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.

À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche ».

[Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent. Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple]. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dans la Palestine du temps de Jésus, la Galilée était vraiment considérée comme le « carrefour des païens ». Une longue histoire de guerres, d’invasions, d’immigrations forcées y avait brassé les peuples. Les juifs de Judée, de race pure et de stricte observance religieuse, considéraient avec mépris ces Galiléens de races mêlées. Or, c’est justement là, dans ce pays de mission, que Jésus inaugure son annonce de la Bonne Nouvelle et qu’il choisit ses premiers disciples.

« Moi, je ne saurais pas faire, je n’ai pas les compétences voulues », disons-nous parfois lorsqu’on nous propose une responsabilité. Jésus, lui, a cru qu’avec de simples pêcheurs d’une région déconsidérée, il pouvait faire des apôtres.

Homélie

D’un pas ferme et décidé, Jésus marche sur la rive du Lac de Galilée.

- Il s’avance avec la liberté de Celui qui vient de tout quitter : sa Très Sainte Mère, sa maison, son métier.

- Il marche avec la force de Celui qui porte en lui la plénitude de l’Esprit-Saint reçu à l’heure de son Baptême par Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain.

- Il chemine éclairé de la lumière intérieure de Celui qui vient de jeûner 40 jours au désert et d’y vaincre Satan, le Tentateur.

Pourquoi a-t-il décidé de s’établir à Capharnaüm pour inaugurer son ministère ? L’Évangile nous le dit explicitement : Jésus cherche le contact. Cette ville au bord du lac est le « carrefour des païens » un lieu de brassage de toutes sortes de peuples. Là il va pouvoir annoncer la Bonne Nouvelle à des auditoires très divers. Prophète de la Lumière, il vient spontanément au pays de l’ombre. Porteur de la vie de Dieu, il vient dans « le pays des âmes mortes ». Sauveur qui enlève le péché du monde il vient là où des pécheurs sont à sauver...

Près de la rive des marins-pécheurs s’affairent et parmi eux Pierre et André, Jacques et Jean. Jésus les interpelle. Il les appelle... Un jour il leur dira qu’il l’a fait dans une suprême liberté : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués... »

La vocation n’est pas l’écoute d’un désir ; elle est réponse à un appel. Une réponse vécue à un appel entendu. Par ailleurs, ces quatre hommes ne sont pas des désœuvrés, mais des gens occupés : ils ont maison, famille et profession.

On ne suit pas le Christ faute de mieux ou pour combler un vide, car la marche à sa suite n’est ni un refuge, ni une sinécure. Pierre et André nous sont montrés jetant le filet, Jacques et Jean réparant le filet... Au plein feu de ce que l’on fait ou en préparation de ce que l’on fera, (peu importe) le Seigneur passe et il parle : il faut se lever et le suivre. « Aussitôt laissant là leurs filets, leur barque et leur père, ils le suivirent ».

De plus, l’Évangile signale que Pierre et André « sont des frères » ainsi que Jacques et Jean. Ce n’est pas sans signification : Jésus fera comprendre par la suite que le plus fort témoignage apostolique c’est celui de l’amitié, de l’amour fraternel : ceux qu’il appelle aujourd’hui « deux par deux » pour l’accompagner dans sa vie apostolique seront pareillement envoyés demain « deux par deux » pour témoigner de Lui. C’est à ce signe de fraternité et d’amour qu’on les reconnaîtra pour ses disciples, car seuls des hommes qui s’aiment savent dire par leur vie que Dieu existe puisqu’il est amour.

Il faut enfin noter que dans la réponse des quatre frères il n’y a pas la moindre hésitation et pas de demi-mesure : ce Jésus de Nazareth qui les appelle, qu’ils ont sans doute déjà vu, parler, prier, agir, les a séduits. Oui, ils sont fascinés comme on peut l’être quand on rencontre son visage. Et puisque c’est l’amour qu’il demande, par pur amour ils vont donc tout quitter. Avec lui, ils graviront la route qui les conduira vers sa Passion et sa Résurrection... et jusqu’à la Pentecôte où ils recevront la plénitude de son Esprit qui fera d’eux des messagers irrésistibles de son Évangile.

Et pour nous, frères et sœurs, qu’en est-il ? Qu’allons-nous faire ?

Est-ce que nous ne ressemblons pas à ces habitants du pays de l’ombre dont parle Isaïe... Notre vie dans la grisaille de nos occupations journalières nous paraît si souvent monotone...

Et si, d’aventure à la banalité s’ajoute l’inimitié, si à la morosité du quotidien s’ajoute la discorde dans les relations (comme saint Paul le déplore auprès des communautés de Corinthe), il n’est pas étonnant que la vie nous apparaisse encore plus dépourvue d’intérêt et de sens...

Quelle lumière, quelle parole, quel visage viendront éclairer et réjouir notre attente ? Nous savons bien, qu’aucune organisation sociale, aucun être, aucun projet humain ne sauraient satisfaire le besoin d’amour et d’infini qui nous habite...

Allons-nous pour autant nous lever pour suivre le Christ ? A vrai dire... nous hésitons ! Et, ce faisant, nous nous trompons nous-mêmes. Nous croyons sauvegarder notre liberté en refusant de partir, préserver notre acquis en évitant de le donner. Mais, en fait, nous perdons notre vie en voulant la garder comme Jésus lui-même nous le dit.

Il nous faut être vrai, frères et sœurs. De toute façon nous suivons tous quelque chose ou quelqu’un :

- nous suivons un idéal ou une idéologie,

- nous suivons nos convictions, nos principes, notre milieu,

- nous suivons des lois, des habitudes, des goûts, nous conformant aux modes ou à la mode, ayant nos maîtres à penser : ceux et celles que nous aimons regarder, écouter, lire et côtoyer... Ainsi, qui que nous soyons, quoique nous fassions, que ce soit dans la révolte et la soumission, que ce soit passionnément ou passivement nous marchons derrière quelque chose ou quelqu’un...

Et si nous nous décidions une bonne fois à marcher résolument à la suite du Christ !

- Lui seul, nous le savons, a les paroles de la vie éternelle...

- Lui seul, nous le croyons, a le dernier mot sur la mort qu’il a vaincue et la vraie réponse à nos souffrances qu’il a remplies de sa présence.

Nous ne pouvons pas vivre comme si ce n’était pas vrai. Nul comme Lui n’a jamais pu dire « Je suis le chemin qui conduit à la vérité et à la vie ». Et nous hésiterions encore à marcher à sa suite ? Oh ! Si l’on pouvait démontrer qu’il existe quelqu’un de plus vrai, de plus saint, de plus riche, de plus aimant, de plus vivant que Lui, un être plus capable de satisfaire le besoin d’amour et d’infini qui est en nous, nous quitterions tout, nous nous lèverions tous pour marcher à sa suite. Mais si c’est Lui qui est la Lumière du Monde, qu’attendons-nous pour sortir de l’ombre ?

Chers frères et sœurs, ce matin, Jésus est là qui s’avance vers chacun et chacune d’entre nous pour nous dire ou nous redire « Toi aussi viens à ma suite ». Levons donc les yeux, regardons-le bien en face et du fond du cœur, disons-lui à l’exemple de Marie qui fut la principale et la plus généreuse collaboratrice du projet divin de salut : « Me voici Seigneur », je mets à ta disposition le pauvre instrument que je suis. Utilise-le comme il te plaira.

Amen.

Prière Universelle

Le Seigneur est notre lumière et notre salut. De qui aurions-nous crainte ? Offrons-lui avec confiance les prières qui montent de nos cœurs.

Dieu fidèle, reçois notre prière.

  • Prions pour les disciples de ce temps qui ont mis leurs pas dans ceux de ton Fils, afin qu’ils et elles continuent d’accueillir la Bonne Nouvelle avec bonheur.
  • Prions pour les personnes appelées à réaliser les prémices du Royaume d’amour, de justice et de paix, afin qu’elles cherchent toujours sincèrement la vérité.
  • Prions pour les personnes appauvries, celles dont la santé physique ou mentale est fragile ou qui subissent une forme ou l’autre d’exclusion, afin qu’elles trouvent toujours des êtres qui illuminent leur vie.
  • Prions pour notre communauté, formée de disciples désirant suivre les pas de Jésus, afin que sa lumière éclaire sans cesse notre route et nous ouvre aux appels de nos frères et sœurs.

Dieu tout-puissant, toi qui fais se lever sur toutes ténèbres une grande lumière, accueille nos prières et rends-les conciliables avec l’esprit qui règne en ton royaume. Nous te le demandons, par ton Fils Jésus, notre Maître, et par l’Esprit qui appelle à le suivre, pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca/

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