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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 00:19
3ème Dimanche T.O.

Lecture du livre d'Isaïe 8, 23 - 9,1-3

Dans les temps anciens, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée, carrefour des païens. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué l'allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus. Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 10-13.17

Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ à être tous vraiment d'accord ; qu'il n'y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et de sentiments. J'ai entendu parler de vous, mes frères, par les gens de chez Cloé : on dit qu'il y a des disputes entre vous. Je m'explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j'appartiens à Paul », ou bien : « J'appartiens à Apollos », ou bien : « J'appartiens à Pierre », ou bien : « J'appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce donc Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? D'ailleurs, le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l'Évangile, et sans avoir recours à la sagesse du langage humain, ce qui viderait de son sens la croix du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4, 12-23

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets.

Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée. À partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »

[Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.]

Homélie

D’un pas ferme et décidé, Jésus marche sur la rive du Lac de Galilée.

- Il s’avance avec la liberté de Celui qui vient de tout quitter : sa Très Sainte Mère, sa maison, son métier.

- Il marche avec la force de Celui qui porte en lui la plénitude de l’Esprit-Saint reçu à l’heure de son Baptême par Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain.

- Il chemine éclairé de la lumière intérieure de Celui qui vient de jeûner 40 jours au désert et d’y vaincre Satan, le Tentateur.

Pourquoi a-t-il décidé de s’établir à Capharnaüm pour inaugurer son ministère ? L’Evangile nous le dit explicitement : Jésus cherche le contact. Cette ville au bord du lac est le « carrefour des païens » un lieu de brassage de toutes sortes de peuples. Là il va pouvoir annoncer la Bonne Nouvelle à des auditoires très divers. Prophète de la Lumière, il vient spontanément au pays de l’ombre. Porteur de la vie de Dieu, il vient dans « le pays des âmes mortes ». Sauveur qui enlève le péché du monde il vient là où des pécheurs sont à sauver...

Près de la rive des marins-pécheurs s’affairent et parmi eux Pierre et André, Jacques et Jean. Jésus les interpelle. Il les appelle... Un jour il leur dira qu’il l’a fait dans une suprême liberté : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués... »

La vocation n’est pas l’écoute d’un désir ; elle est réponse à un appel. Une réponse vécue à un appel entendu. Par ailleurs, ces quatre hommes ne sont pas des désœuvrés, mais des gens occupés : ils ont maison, famille et profession.

On ne suit pas le Christ faute de mieux ou pour combler un vide, car la marche à sa suite n’est ni un refuge, ni une sinécure. Pierre et André nous sont montrés jetant le filet, Jacques et Jean réparant le filet... Au plein feu de ce que l’on fait ou en préparation de ce que l’on fera, (peu importe) le Seigneur passe et il parle : il faut se lever et le suivre. « Aussitôt laissant là leurs filets, leur barque et leur père, ils le suivirent ».

De plus, l’Evangile signale que Pierre et André « sont des frères » ainsi que Jacques et Jean. Ce n’est pas sans signification : Jésus fera comprendre par la suite que le plus fort témoignage apostolique c’est celui de l’amitié, de l’amour fraternel : ceux qu’il appelle aujourd’hui « deux par deux » pour l’accompagner dans sa vie apostolique seront pareillement envoyés demain « deux par deux » pour témoigner de Lui. C’est à ce signe de fraternité et d’amour qu’on les reconnaitra pour ses disciples, car seuls des hommes qui s’aiment savent dire par leur vie que Dieu existe puisqu’il est amour.

Il faut enfin noter que dans la réponse des quatre frères il n’y a pas la moindre hésitation et pas de demi-mesure : ce Jésus de Nazareth qui les appelle, qu’ils ont sans doute déjà vu, parler, prier, agir, les a séduits. Oui, ils sont fascinés comme on peut l’être quand on rencontre son visage. Et puisque c’est l’amour qu’il demande, par pur amour ils vont donc tout quitter. Avec lui, ils graviront la route qui les conduira vers sa Passion et sa Résurrection... et jusqu’à la Pentecôte où ils recevront la plénitude de son Esprit qui fera d’eux des messagers irrésistibles de son Evangile.

Et pour nous, frères et sœurs, qu’en est-il ? Qu’allons-nous faire ?

Est-ce que nous ne ressemblons pas à ces habitants du pays de l’ombre dont parle Isaïe... Notre vie dans la grisaille de nos occupations journalières nous paraît si souvent monotone...

Et si, d’aventure à la banalité s’ajoute l’inimitié, si à la morosité du quotidien s’ajoute la discorde dans les relations (comme saint Paul le déplore auprès des communautés de Corinthe), il n’est pas étonnant que la vie nous apparaisse encore plus dépourvue d’intérêt et de sens...

Quelle lumière, quelle parole, quel visage viendront éclairer et réjouir notre attente ? Nous savons bien, qu’aucune organisation sociale, aucun être, aucun projet humain ne sauraient satisfaire le besoin d’amour et d’infini qui nous habite...

Allons-nous pour autant nous lever pour suivre le Christ ? A vrai dire... nous hésitons ! Et, ce faisant, nous nous trompons nous-mêmes. Nous croyons sauvegarder notre liberté en refusant de partir, préserver notre acquis en évitant de le donner. Mais, en fait, nous perdons notre vie en voulant la garder comme Jésus lui-même nous le dit.

Il nous faut être vrai, frères et sœurs. De toute façon nous suivons tous quelque chose ou quelqu’un :

- nous suivons un idéal ou une idéologie,

- nous suivons nos convictions, nos principes, notre milieu,

- nous suivons des lois, des habitudes, des goûts, nous conformant aux modes ou à la mode, ayant nos maîtres à penser : ceux et celles que nous aimons regarder, écouter, lire et côtoyer... Ainsi, qui que nous soyons, quoique nous fassions, que ce soit dans la révolte et la soumission, que ce soit passionnément ou passivement nous marchons derrière quelque chose ou quelqu’un...

Et si nous nous décidions une bonne fois à marcher résolument à la suite du Christ !

- Lui seul, nous le savons, a les paroles de la vie éternelle...

- Lui seul, nous le croyons, a le dernier mot sur la mort qu’il a vaincue et la vraie réponse à nos souffrances qu’il a remplies de sa présence.

Nous ne pouvons pas vivre comme si ce n’était pas vrai. Nul comme Lui n’a jamais pu dire « Je suis le chemin qui conduit à la vérité et à la vie ». Et nous hésiterions encore à marcher à sa suite ? Oh ! Si l’on pouvait démontrer qu’il existe quelqu’un de plus vrai, de plus saint, de plus riche, de plus aimant, de plus vivant que Lui, un être plus capable de satisfaire le besoin d’amour et d’infini qui est en nous, nous quitterions tout, nous nous lèverions tous pour marcher à sa suite. Mais si c’est Lui qui est la Lumière du Monde, qu’attendons-nous pour sortir de l’ombre ?

Chers frères et sœurs, ce matin, Jésus est là qui s’avance vers chacun et chacune d’entre nous pour nous dire ou nous redire « Toi aussi viens à ma suite ». Levons donc les yeux, regardons-le bien en face et du fond du cœur, disons-lui à l’exemple de Marie qui fut la principale et la plus généreuse collaboratrice du projet divin de salut : « Me voici Seigneur », je mets à ta disposition le pauvre instrument que je suis. Utilise-le comme il te plaira.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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