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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:14

Lecture du livre des Actes des Apôtres 2, 14-22b-33

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, prit la parole ; il dit d'une voix forte : « Habitants de la Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez ce qui se passe aujourd'hui, écoutez bien ce que je vais vous dire. Il s'agit de Jésus le Nazaréen, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez bien. Cet homme, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l'avez fait mourir en le faisant clouer à la croix par la main des païens. Or, Dieu l'a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n'était pas possible qu'elle le retienne en son pouvoir. En effet, c'est de lui que parle le psaume de David : Je regardais le Seigneur sans relâche, s'il est à mon côté, je ne tombe pas. Oui, mon cœur est dans l'allégresse, ma langue chante de joie ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance : tu ne peux pas m'abandonner à la mort ni laisser ton fidèle connaître la corruption. Tu m'as montré le chemin de la vie, tu me rempliras d'allégresse par ta présence. Frères, au sujet de David notre père, on peut vous dire avec assurance qu'il est mort, qu'il a été enterré, et que son tombeau est encore aujourd'hui chez nous. Mais il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un de ses descendants. Il a vu d'avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n'a pas été abandonné à la mort, et sa chair n'a pas connu la corruption. Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. Élevé dans la gloire par la puissance de Dieu, il a reçu de son Père l'Esprit Saint qui était promis, et il l'a répandu sur nous : c'est cela que vous voyez et que vous entendez ».

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre 1, 17-21

Frères, vous invoquez comme votre Père celui qui ne fait pas de différence entre les hommes, mais qui les juge chacun d'après ses actes ; vivez donc, pendant votre séjour sur terre, dans la crainte de Dieu. Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n'est pas l'or et l'argent, car ils seront détruits ; c’est le sang précieux du Christ, l'Agneau sans défaut et sans tache. Dieu l'avait choisi dès avant la création du monde, et il l'a manifesté à cause de vous, en ces temps qui sont les derniers. C'est par lui que vous croyez en Dieu, qui l'a ressuscité d'entre les morts et lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 13-35

Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.

Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes. L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci ». Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié. Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé. À vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu ». Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin. Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse ». Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? » À l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre ». À leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

Homélie

Chers frères et sœurs, c’est une des pages les plus célèbres de l’Evangile que nous venons d’entendre, aussi fine dans l’expression que profonde de contenu. Saint Luc y évoque la bouleversante rencontre qui eut lieu, le soir de Pâques, sur la route d’Emmaüs, entre le Christ Ressuscité et deux de ses disciples en qui toute espérance de salut était bel et bien morte. Un récit remarquablement construit qui s’articule autour de deux signes majeurs, signes qu’on retrouve dans la célébration de chaque messe : la Parole et le Repas. C’est à partir de ces signes que les deux disciples passent du doute à la Foi, du découragement à l’espérance, et de la fuite à la mission.

Nous avons là un modèle d’enseignement en 3 temps :

  • Le temps de la Parole sur la route
  • Le temps du Sacrement à l’auberge d’Emmaüs, et enfin
  • Le temps de la conversion et du témoignage, celui du retour parmi les apôtres à Jérusalem.

Ceci se passait à Emmaüs, nous dit Luc, à deux heures de marche de Jérusalem, une dizaine de kilomètres environ. Mais où donc se trouve Emmaüs ? La localisation en est incertaine, et aujourd’hui encore, trois localités se disputent cette gloire... Et si Emmaüs n’était pas seulement un lieu mais surtout un cheminement, un itinéraire spirituel ?

On peut dire, je pense, qu’Emmaüs se trouve en tout lieu où le Seigneur Jésus révèle sa présence : pour Paul, ce fut à Damas, pour Claudel, derrière un pilier de Notre-Dame à Paris, pour André Frossard dans une chapelle de la rue d’Ulm à Paris, et pour nous ?

Emmaüs est là, chaque fois que Dieu nous fait signe sur la route de la vie, tandis que nous avançons, croyants incertains, chercheurs de Dieu dans le doute et quelquefois la nuit. Alors puisqu’il s’agit de nous, prenons le chemin d’Emmaüs, celui de nos questions et de nos doutes, et apprenons comment Jésus nous y rejoint, nous éclaire, réchauffe notre cœur et nous convertit à une Foi vigoureuse et ardente, une Foi inébranlable en sa Présence de Ressuscité.

Le premier temps est celui de la Parole sur la route, une route qui tourne le dos à Jérusalem. Alors que toute la vie de Jésus est présentée par Luc comme une marche, une « montée » vers Jérusalem la ville sainte, voici que les deux disciples désespérés lui tournent le dos. Toute l’aventure vécue avec Jésus et l’immense espoir soulevé dans leur cœur, se termine dans l’échec de la croix. Jésus est mort. C’est fini. Sur cette route du désespoir, Jésus s’approche et marche avec eux. Jésus fait redire aux deux hommes ce qu’ils ont sur le cœur, ce qu’ils viennent de vivre ; Il leur pose des questions et, à partir de leurs réponses, Il leur propose une autre lecture des évènements, leur fait remarquer d’autres signes. Il les invite à tout relire « selon les Ecritures » et non plus selon leur attente d’un libérateur politique et triomphant. Tandis qu’il cite Moïse et les prophètes, ils comprennent que le Messie annoncé devait souffrir avec d’entrer dans la gloire de Dieu. Alors la Passion et la Croix n’apparaissent plus comme un échec mais comme une victoire suprême de l’Amour. A la lumière de la Parole de Dieu qui est pour ainsi dire le miroir dans lequel se reflète le vrai visage de Jésus, tout prend un autre sens ; un avenir merveilleux s’ouvre devant eux. Ils se reprennent à espérer d’une espérance qui cette fois n’est plus humaine mais surnaturelle.

C’est ainsi, frères et sœurs, que la Parole de Dieu éclaire tout ce que nous avons à vivre d’une lumière nouvelle... Mais quelle importance accordons-nous, en fait, à cette Parole qui est écrite dans la Bible et interprétée par l’Eglise et dont une méditation assidue peut seule nous porter à penser à vouloir et à agir selon le cœur de Dieu. En avons-nous faim et soif ? Ah ! Si, du moins, nous pouvions comprendre à quel point nous avons besoin de cette Parole de Vie dont l’Eglise nous donne chaque dimanche quelques bonnes tranches au début de la Messe : alimentation qui constitue un minimum vital !

Marchant avec leur mystérieux compagnon sur la route d’Emmaüs, nos deux disciples sont déjà intérieurement « retournés » : ils ne voient plus les choses de la même manière ; le signe de la Parole les a éclairés. C’est alors qu’intervient le signe du repas. C’est là que se fait la reconnaissance. En rompant le pain avec eux, Jésus pose le signe de l’Eucharistie, le signe de l’Alliance nouvelle et éternelle par le moyen duquel il rejoint ses amis et se donne à eux afin que leur communion à « son Corps livré » et à « son Sang versé » nourrisse quotidiennement leur vie tout au long de leur pèlerinage terrestre. C’est à ce geste de « la fraction du pain » (expression qui servait chez les premiers chrétiens à désigner ce que nous appelons la Messe), c’est à ce signe, à ce sacrement de sa présence invisible mais réelle qu’ils le reconnaissent.

Et nous, frères et sœurs, savons-nous reconnaître sa présence dans le sacrement de l’Eucharistie qui est la source et le sommet de toute la vie chrétienne ? Et savons-nous en tirer toutes les conséquences, c’est-à-dire participer le plus souvent possible à la Messe en joignant notre offrande personnelle, (l’offrande de toute notre vie) au sacrifice de Jésus...

Et en communiant à son Corps et à son Sang pour alimenter la vie de la grâce (la vie divine, que nous avons reçue au Baptême et devenir ainsi peu à peu d’autres christ.

Après le Repas vient alors un 3ème temps pour les pèlerins d’Emmaüs : celui de la joie retrouvée, de la joie à annoncer... Après avoir eu le cœur retourné par la Parole de Jésus et la manifestation de sa Présence, ils retournent à Jérusalem tout joyeux pour proclamer « c’est vrai le Seigneur est ressuscité ».

Nous aussi, frères et sœurs, après avoir été fortifiés par la double nourriture que Jésus nous donne dans l’Eucharistie : celle de sa Parole et cette de son Corps, nous sommes invités à retourner vers nos frères avec nos visages transfigurés par la joie afin de leur annoncer que le Christ est ressuscité, qu’il est vivant et que par Lui et en Lui nous avons le salut.

Puissions-nous êtres de plus en plus stimulés par cette conviction : à savoir que notre témoignage de chrétiens est étonnamment percutant chaque fois que nous exprimons simplement mais avec du feu dans le cœur, comment nous avons découvert le Christ et ce que nous vivons de Lui et de son message.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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