Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:26

Lecture du livre d'Isaïe 45, 1. 4-6

C’est par Cyrus, un roi païen, que le Seigneur délivre son peuple déporté en Babylonie, montrant ainsi qu’il est le Maître de l’histoire.

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : « À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.

Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Cyrus, roi des Perses et des Mèdes, mettra fin à l’empire babylonien en 539 après une campagne foudroyante. Libéral et tolérant, il permettra, l’année suivante, aux juifs exilés de rentrer dans leur patrie. C’est donc par un roi païen et au fil des avatars de l’histoire que le Seigneur libèrera son peuple. Le prophète salue le libérateur humain du titre de Messie : c’est Dieu qui l’envoie à cause de son peuple, Dieu qui use des évènements pour accomplir ses promesses, même si l’instrument de son salut ne le connaît pas.

Évoquer ceux qui autour de nous ne partagent pas notre foi, qui « ne connaissent pas Dieu », et se rappeler qu’à chacun le Seigneur dit : « Je t’ai appelé par ton nom », n’est-ce pas affermir notre espérance pour tous les hommes ?

Psaume 95

R/ : Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.

  • Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! R/
  • Il est grand, le Seigneur, hautement loué, redoutable au-dessus de tous les dieux : néant, tous les dieux des nations ! Lui, le Seigneur, a fait les cieux. R/
  • Rendez au Seigneur, familles des peuples, rendez au Seigneur la gloire et la puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis. R/
  • Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : tremblez devant lui, terre entière. Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Il gouverne les peuples avec droiture. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1, 1-5b

L’annonce de l’Évangile tire son efficacité de l’action de l’Esprit Saint qui accompagne la parole des apôtres.

Paul, Silvain et Timothée, à l’Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous, la grâce et la paix.

À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l’Évangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce ne sont pas les Thessaloniciens que Paul et ses compagnons remercient, mais Dieu. Car si la foi, la charité et l’espérance de cette communauté sont si vaillantes, c’est à Dieu qu’elle le doit. Le Seigneur a choisi ces hommes et ces femmes de Thessalonique : ils sont son peuple, comme Israël l’avait été autrefois, lui, le peuple choisi. Paul sait cela non pas de lui-même, mais parce qu’il a vu l’œuvre de l’Évangile s’accomplir en eux. Lui, Silvain et Timothée ont certes témoigné par la parole et l’exemple de leur vie, mais Dieu lui-même a accrédité leur témoignage et ouvert le cœur et l’esprit des Thessaloniciens par son Esprit. S’ils croient et vivent dans la charité et l’espérance, ce n’est pas grâce à eux-mêmes, ni à Paul et ses compagnons, mais grâce à Dieu.

Dans la prière, je rends grâce comme l’apôtre Paul pour le témoignage que donne ma communauté chrétienne d’une foi active, d’une charité qui se donne de la peine et d’une espérance qui tient bon.

Alléluia. Alléluia. Vous brillez comme des astres dans l’univers en tenant ferme la parole de vie. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 15-21

Hypocrites ! Vous avez dans la main l’argent de César, preuve que vous bénéficiez des institutions de l’État, et vous demandez s’il est permis de payer l’impôt !

En ce temps-là les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt ». Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »

Ils répondirent : « De César ». Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : C’est bien un piège ! Ou Jésus renonce à sa popularité auprès des foules en affirmant qu’on doit payer l’impôt à l’occupant romain, ou bien il prêche la révolte, au moins passive, en déclarant qu’il n’est pas permis de le payer. C’est d’ailleurs cette seconde réponse que les juifs attendaient du Messie, sauveur politique autant que religieux. Jésus distingue entre le portrait de César et l’inscription qui l’accompagne. L’image est celle de l’empereur : rendez donc à l’empereur les honneurs qui lui sont dus, en particulier l’impôt. L’inscription fait de l’empereur un dieu : ne rendez de culte qu’à Dieu. Ainsi la religion n’est pas au service de l’État, comme le disait l’inscription, ni l’État au service de la religion, comme le voulaient les juifs.

Nous connaissons des hommes et des femmes engagés dans des responsabilités au service de l’État, donc du bien commun, dans la commune, l’enseignement, les hôpitaux, les forces de l’ordre. Prions, spécialement au cours de la prière universelle, pour qu’ils aient les conditions d’accomplir au mieux leur service.

Homélie

Depuis un certain temps déjà les relations entre Jésus et « les milieux influents » de Jérusalem se durcissaient. Voulant à tout prix se débarrasser de ce gêneur, de cet empêcheur de tourner en rond, ils se concertèrent pour voir comment ils pourraient prendre Jésus en faute. Le meilleur moyen ne serait-il pas de le faire parler pour l’amener à dire des paroles imprudentes que par la suite on aurait beau jeu d’exploiter contre lui ?

On va donc essayer, poliment mais sûrement, de le pousser sur un terrain miné. D’où la question piège : « Maître nous savons que tu dis toujours la vérité… » Mais Jésus voit tout de suite le traquenard : il n’est pas dupe de leurs procédés… « Vous êtes des hypocrites », leur lance-t-il, c’est-à-dire des faux-jetons.

Si nous voulons comprendre, frères et sœurs, en quoi cette question : « faut-il payer ou ne pas payer l’impôt à César était un piège, il faut regarder la situation politique de l’époque. Depuis un demi-siècle la Palestine est colonisée et occupée par les Romains qui sont une puissance étrangère. L’impôt dont il s’agit, « le tribut » est un impôt levé par les Romains, qui vient s’ajouter à d’autres taxes.

Quelle que soit l’époque, payer ses impôts n’a jamais été une tâche agréable. Mais au temps de Jésus, il y avait un caractère aggravant : les sous, non seulement il fallait les lâcher, mais il fallait aussi les donner à l’occupant étranger.

  • Les Pharisiens qui se voulaient des juifs purs et durs, prêchaient la résistance à l’occupant au nom de la fierté nationaliste.
  • Les Zélotes étaient un autre groupe qui allaient beaucoup plus loin, de 2 façons :
  • en commettant des attentats contre l’occupant,
  • et en incitant au refus de payer l’impôt.
  • Les Hérodiens qui étaient des collaborateurs.

Ce qui est surprenant dans la composition de la petite délégation venue tendre un piège à Jésus, c’est que les Pharisiens et les Hérodiens habituellement ennemis, semblaient ce jour-là réconciliés tellement ils avaient de hargne et de haine contre Jésus. Ils posent donc à Jésus la question brûlante, la question piège : est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? Ils pensent qu’à cette question il ne pourra répondre sans se perdre :

  • Si Jésus dit « oui », il faut payer l’impôt à l’empereur. Il sera taxé d’être un traître, vendu aux Romains et il perdra son prestige aux yeux du peuple qui est très nationaliste.
  • Si Jésus dit « non », on le fera passer pour un révolutionnaire dangereux qui mène le pays aux pires aventures et on le fera condamner.

Dans les deux cas, Jésus est pris et ses adversaires commencent déjà à se frotter les mains. Mais Jésus, très calme, va leur fermer la bouche, ou si l’on veut, leur rendre la monnaie de leur pièce. « Montre-moi un denier », leur dit-il ; c’était une pièce de monnaie romaine. D’un côté de la pièce, il y avait l’effigie de Tibère, l’empereur régnant, avec ces mots : « Tibère fils du divin Auguste » et sur l’autre face « Pontifex maximus » c’est-à-dire « Souverain pontife ». Dans les 2 cas il s’agit d’une inscription à caractère religieux. Et cela n’est pas étonnant puisque chez les Romains l’empereur voulait être honoré comme un dieu.

Quand Jésus demande à ses adversaires : « de qui est cette effigie et cette inscription » il veut leur faire dire que bien que nationalistes ils ne sont pas gênés pour trafiquer avec l’occupant étranger : par conséquent il ne faut pas non plus qu’ils le soient de payer leurs impôts ! Cette pièce, ils peuvent la rendre, puisqu’ils l’ont prise. « Rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Comprenons bien, frères et sœurs, que pour Jésus il ne s’agit pas d’une pirouette pour se sortir d’un mauvais cas. Non, sa réponse va bien plus loin qu’on pourrait le penser. Jésus veut leur dire que le problème ce n’est pas de payer ou ne pas payer l’impôt, le problème est de savoir si César doit être ou non considéré comme Dieu. Or, César qu’il s’agisse de l’empereur de Rome ou de tout autre souverain politique n’est pas dieu. Autrement dit la politique n’est pas un absolu. Aucun Etat quel qu’il soit ne peut revendiquer les pleins pouvoirs sur l’homme et d’abord sur sa conscience et sur son âme. Notre-Seigneur maintient énergiquement les Droits de Dieu sur l’homme (et par conséquent le droit et le devoir de l’homme de servir Dieu). Il distingue nettement le devoir religieux du devoir civique et par là, du même coup et dans la même phrase, il proclame la consistance du pouvoir temporel et l’indépendance légitime de l’Etat, qui reste soumis lui-même à des lois plus hautes, mais qui est souverain dans son domaine propre. De cette petite phrase inépuisable procèdent toutes les considérations qu’on pourra multiplier sur les rapports entre l’Eglise et l’Etat, entre la société spirituelle et l’autorité des gouvernements. En fait dans cet évangile, Jésus répond à la vraie question qu’on n’a pas posée. « Qu’est-ce que vous donnez à Dieu ? » Une toute petite part de votre vie… quelques miettes… Et bien non ! Car Dieu mérite beaucoup plus, infiniment plus. Dieu est Dieu. Il est en droit d’exiger de nous un don total… D’ailleurs n’a-t-il pas sur nous littéralement tous les droits ?

Les droits du propriétaire sur sa propriété, les droits de l’artiste sur son œuvre, les droits de l’Etat sur le citoyen, les droits des pères et des mères sur leurs enfants, qui sont réels, légitimes, mais limités, ne nous donnent que des images lointaines de ces droits absolus et universels de Dieu sur l’homme. L’homme a tout reçu de Dieu, il ne cesse de recevoir à chaque instant tout ce qu’il a, bien plus encore toute ce qu’il est.

Sainte Marguerite-Marie, la confidente du cœur de Jésus l’avait très bien compris, elle qui écrivait dans son carnet intime : « tout de Dieu, rien de moi ; donc tout à Dieu, rien à moi ; donc tout pour Dieu, rien pour moi ». Je ne suis pas propriétaire, je suis propriété de Dieu : je dois tout lui donner ou plutôt je dois tout lui rendre. Faut-il préciser que nous n’avons rien à craindre de ces droits absolus, car Dieu n’est pas un maître hargneux ni un exploiteur qui s’enrichirait de notre substance, mais un Père qui nous aime et nous a créés pour que nous trouvions le bonheur en lui ; Dieu est celui qui n’aime que la liberté et veut être aimé librement ; Dieu est celui qui seul peut nous empêcher de devenir esclaves de César ou de l’Etat ou d’une quelconque machinerie collective sans âme et sans cœur.

Gardons-nous de prendre à contre-sens la parole du Christ, « rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Il ne s’agit pas de faire deux parts dans notre vie : d’un côté, le temps consacré à Dieu et de l’autre notre famille, notre travail, notre devoir civique. Même si la part de Dieu était calculée généreusement, même si elle était de neuf dixièmes, ce serait encore insuffisant.

Rendre à Dieu, ce qui est à Dieu, redisons-le, c’est tout lui donner… Surtout, n’ayons pas peur de cette remise totale de nous-mêmes… Ce qui nous empêche d’être heureux c’est ce que nous gardons pour nous égoïstement : la vraie richesse et la vraie joie ne peuvent être, pour nous qui dans ce don total.

Frères et sœurs, nous avons en Marie, Mère de Jésus et notre mère, le modèle insurpassable de ce don total à Dieu. Prions-la pour qu’elle nous aide à faire de toute notre vie un moyen d’aimer Dieu, une preuve et une expression de cet amour.

 Amen.

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du trés bon site "Jardinier de Dieu".

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

C
Notre cher Abbé COUSTY était excellent en son genre, simple, profond et d'une grande pédagogie !<br /> Tout donner à Dieu, même César Auguste !<br /> Merci Seigneur !
Répondre

Présentation

  • : Le Blog de Jackie
  • : Nombreux coloriages catholiques et autres, vies de saints et homélies. Suivez-moi sur FB, Twitter, Pinterest et Instagram (voir icônes en bas de page).
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • Jackie
  • Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog. 
Il y a une multitude d'infos de toutes sortes : coloriages, contes... Bonne balade à tous. Merci.
  • Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog. Il y a une multitude d'infos de toutes sortes : coloriages, contes... Bonne balade à tous. Merci.

Ma Bible illustrée

ANCIEN TESTAMENT

NOUVEAU TESTAMENT

LES PARABOLES

Mes coloriages catho

MES COMPOSITIONS:

Divers

Compteur mondial

 

 


 

 

Flag Counter