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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 23:05

Lecture du livre d'Habacuc 1, 2-3. 2, 2-4

« Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur ». Alors le Seigneur me répondit : « Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure.

Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité ».

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,6-8. 13-14

Fils bien-aimé, je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t'ai imposé les mains. Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de raison. N'aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis en prison à cause de lui ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l'annonce de l'Évangile. Règle ta doctrine sur l'enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi et dans l'amour que nous avons en Jésus Christ. Tu es le dépositaire de l'Évangile ; garde-le dans toute sa pureté, grâce à l'Esprit Saint qui habite en nous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.

Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir' ».

Homélie

« Seigneur, augmente en nous la Foi ». Cette prière des apôtres nous pouvons la faire à notre tour car notre foi, reconnaissons-le, est, souvent chancelante, ébranlée par tout ce que nous voyons et entendons. Les doutes nous assaillent parfois : tant de gens autour de nous vivent comme si Dieu n’existait pas. Pour eux, la foi n’est qu’une illusion dont il faut se libérer et leurs réflexions rejoignent quelquefois nos propres doutes. Oui, l’incroyance moderne est contagieuse et beaucoup sont atteints par ce virus.

« Seigneur préserve notre foi ! Augmente en nous la Foi ! » Mais écoutons la réponse de Jésus : « La Foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : déracine-toi et va te planter dans la mer et il vous obéirait ».

Par cette image volontairement forcée, Jésus veut nous faire comprendre que si la foi est un don de Dieu, une grâce, elle dépend aussi de nous. « Si vous en aviez gros comme une graine de moutarde » (qui est plus petite qu’une tête d’épingles) ! Oui il dépend de nous d’avoir et de garder la foi, même quand c’est dur, même dans des situations impossibles. Et cela nous arrive à tous n’est-ce pas, d’être affrontés une fois ou l’autre à des situations impossibles et désespérantes : on ne sait plus comment s’en sortir, on est au pied du mur, c’est le noir complet.

Eh bien ! Frères et sœurs, Jésus nous affirme qu’avec un peu de foi véritable, l’impossible peut avoir lieu, le miracle peut se produire. Avoir la foi gros comme une graine de moutarde c’est d’abord se dire : non Dieu ne veut pas mon malheur ! Il ne peut pas me vouloir du mal, car il m’aime. Même si toutes les apparences sont contraires, je persiste à croire à l’amour de Dieu pour moi. Avoir la foi doit dépasser les apparences. Et c’est affaire de volonté.

Dans ces belles prières de la Bible que sont les Psaumes on trouve de nombreux appels de détresse où l’homme en proie à la souffrance ou face à un très grand péril se met à interpeller Dieu de toutes ses forces, et ce cri ressemble parfois à un cri de révolte mais c’est précisément parce que l’homme ne peut pas croire que Dieu lui veuille du mal.

Dans le psaume 13 par exemple, la prière est ainsi formulée : « Seigneur m’oublieras-tu donc, pour toujours ? Jusqu’à quand me cacheras-tu ton visage ? Jusqu’à quand devrais-je ressasser en moi souci et chagrin ? » Mais aussitôt après jaillissent ces mots pleins de confiance : « Abandonné à ton amour déjà mon cœur se réjouit, je chanterai le Seigneur qui m’a comblé ».

Voici une autre prière tirée du psaume 44 : « Seigneur pourquoi dors-tu ? Hâte-toi, ignorerais-tu nos misères et nos souffrances ? Nous sommes dans la poussière, collés au sol. Debout ! À l’aide, pour mon amour délivre-nous ».

Nous le voyons : ces prières sont des cris de détresse qui expriment une grande indignation contre le mal, contre le péril, contre la souffrance et en même temps ils manifestent une folle confiance en ce Dieu dont on se sait aimé. Ils sont donc quelque chose de bon, car Dieu lui aussi, a horreur du mal. Sa volonté c’est que jamais ce mal nous écrase, ni que nous l’acceptions passivement mais que nous réagissions afin de le dépasser.

C’était déjà le sens de ce texte du prophète Habacuc entendu en 1ère lecture : « Combien de temps Seigneur devrais-je t’appeler au secours ? Pourquoi restes-tu là à regarder notre misère ? Vois donc : ce ne sont que pillages et violences, disputes et discordes... » Voilà le cri de détresse. Et voici maintenant le cri de confiance « Je guetterai ce que dira le Seigneur... le juste (c'est-à-dire le vrai croyant) vivra par sa fidélité... »

Oui, être fidèle coûte que coûte car Dieu, quelles que soient les apparences, lui, reste toujours fidèle. D’ailleurs, nous savons que Jésus lui-même est passé par là. Le soir du Jeudi-Saint au jardin des Oliviers il prie intensément. Il voit avec une lucidité parfaite le Calice de souffrances qu’il devra boire : « Père que ce Calice s’éloigne de moi ». C’est le cri de tout, homme qui a horreur de la souffrance et qui la repousse. Mais aussitôt après c’est le cri de la confiance filiale qui jaillit sur ses lèvres : « Père que ta volonté soit faite et non la mienne ».

Le lendemain sur la Croix les paroles qu’il prononce révèlent les mêmes dispositions intérieures : c’est d’abord un cri, que question lancée vers le ciel « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et quelques instants plus tard c’est le cri de la confiance absolue « Père, entre tes mains je remets mon esprit ».

Telle est la Foi, frères et sœurs lorsqu’on l’envisage sous l’angle de la confiance : elle est la certitude que Dieu ne peut pas vouloir le mal. Il veut que nous puissions en triompher et il est toujours avec nous, nous soutenant de sa grâce quelles que soient les apparences.

Au printemps les viticulteurs taillent la vigne : ce n’est pas pour la brimer ou pour la faire souffrir mais pour qu’elle porte de plus beaux fruits. Il y a aussi en nous des excroissances mauvaises à tailler, dont nous n’avons pas toujours pleinement conscience. Alors Dieu se charge de les éliminer : certes on est tout d’abord surpris et on réagit négativement, mais ensuite on fait confiance comme l’enfant fait confiance à ses parents qui l’emmènent à l’hôpital, comme le sportif fait confiance à son entraineur qui exige de lui de nouvelles performances et l’oblige à se surpasser. Dès lors, nous rappelant toujours que « tout est grâce », disons souvent à Dieu : « Seigneur je sais à quel point tu m’aimes, toi qui es mon Père débordant d’une infinie tendresse. Je ne veux m’appuyer que sur ton seul amour et m’abandonnant entre tes mains, je veux quoiqu’il arrive, garder une âme sereine, paisible et joyeuse ».

Au cours d’une tempête, sur un paquebot devant tous les passagers morts d’inquiétude un enfant chantait le sourire aux lèvres. Quelqu’un lui dit : « tu n’as donc pas peur ? » « Oh non ! répondit-il, c’est papa qui est à la barre ».

Cette confiance absolue n’est-ce pas ce qui nous manque le plus dans nos relations avec le Seigneur ? Demandons-la instamment par l’intercession de Marie qui en est le modèle insurpassable.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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