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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 16:59

Lecture du livre de l’Exode 32, 7-11. 13-14

Moïse intercède pour son peuple et se veut solidaire avec lui malgré son péché. Peut-on prier pour quelqu’un sans l’aimer.

En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse : « Va, descends, car ton peuple s’est corrompu, lui que tu as fait monter du pays d’Égypte. Ils n’auront pas mis longtemps à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre ! Ils se sont fait un veau en métal fondu et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : ‘Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »

Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les exterminer ! Mais, de toi, je ferai une grande nation ». Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : ‘Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l’ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.’ » Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Après sa libération d’Égypte, la marche du peuple hébreu à travers le désert fut pénible, entrecoupée de reniements envers son Dieu et de révoltes contre Moïse qui l’avaient entraîné là. Peuple à la tête dure, à qui le rude apprentissage de la liberté fait regretter l’Égypte où, du moins, on mangeait à sa faim, et qui troquerait volontiers son Dieu invisible contre une statue fabriquée de main d’homme. La fidélité de Moïse à son peuple est mise à l’épreuve : il pourrait s’en tirer seul, et le peuple, laissé à lui-même, périrait dans le désert. Mais, pour Moïse, on ne se désolidarise pas de ceux qu’on aime, fussent-ils bornés et ingrats ; il le rappelle au Seigneur dans sa prière.

La prière d’intercession pour le monde, l’Église, les malades et les souffrants est une manière d’exprimer notre solidarité avec eux et de rejoindre la prière du Christ ressuscité pour tous ses frères. Préparer la prière universelle de la messe, c’est aider l’assemblée à entre dans la solidarité de la communion des saints.

Psaume 50

R/: Oui, je me lèverai, et j’irai vers mon Père.

  • Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
  • Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.
  • Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée 1, 12-17

Jésus a pardonné à Paul, et ce pardon n’est pas resté sans effet ; l’apôtre a voulu annoncer à tous cet amour incroyable de Jésus.

Bien-aimé, je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère, moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent. Mais il m’a été fait miséricorde, car j’avais agi par ignorance, n’ayant pas encore la foi ; la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante, avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus.

Voici une parole digne de foi, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi, je suis le premier des pécheurs. Mais s’il m’a été fait miséricorde, c’est afin qu’en moi le premier, le Christ Jésus montre toute sa patience, pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui, en vue de la vie éternelle.

Au roi des siècles, au Dieu immortel, invisible et unique, honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen. – Parole du Seigneur.

Commentaire : la transformation que le Christ a opérée en lui remplit Paul de reconnaissance. Puisqu’il a pu toucher du doigt la générosité du Christ à son égard, son amour pour le pécheur qu’il est, la confiance qu’il a placée en lui en l’appelant à être son apôtre, comment ne pas être certain que le Christ veut et peut sauver tous les pécheurs ! Nous autres pécheurs pardonnés et aimés, pourrions-nous refuser de faire connaître à notre tour aux autres le Christ Sauveur ?

Pécheur pardonné, écrit l’apôtre, je dois être un exemple pour les autres. Jésus, fais du pécheur pardonné que je suis, le signe de ta générosité et la preuve vivante que ton pardon transforme ceux qui l’accueillent !

Alléluia. Alléluia. Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui : il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation. Alléluia !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-32

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets.

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’ Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’ Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. » [Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »] – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Qu’est-ce qui peut mettre en fête le cœur de Dieu ? C’est d’être en mesure, à travers son Fils, Jésus Christ, de montrer sa tendresse pour les pécheurs et les égarés ; c’est de pouvoir, après les avoir longtemps cherchés, nous associer à sa joie : « Réjouissez-vous avec moi ! » La conversion d’un seul d’entre nous, pécheurs, compte plus à ses yeux que la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf justes. Le plus jeune fils représente bien, aux yeux des pharisiens, les pécheurs et les publicains que fréquente Jésus. Après avoir quitté son père dans un geste d’ingratitude manifeste, il est tombé dans la pire déchéance pour un juif : garder des cochons, ces animaux impurs d’après la Loi. Son retour n’est pas dû d’ailleurs à une vraie contrition, mais seulement à la faim qui le tenaille. Oui, ce sont bien là les gens que Jésus fréquente ! Quelle révélation pour les pharisiens d’apprendre que Dieu se fait une telle fête du retour du pécheur à qui il n’a jamais refusé sa tendresse et son amour ! Comme ils se reconnaissent bien aussi dans l’indignation du fils aîné : « Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres ». Hélas ! Il s’est jugé lui-même comme un serviteur, et non comme un fils. Il n’est même pas un frère, comme le prouve sa remarque méprisante : « Ton frère que voilà ». Allons, la fête bat son plein pour le retour du prodige, sera-ce fête aussi pour la conversion de l’aîné ?

Le pardon de Dieu met son cœur en fête autant qu’au matin de Pâques. C’est que, comme Jésus son Fils, nous sommes ses enfants revenus à la vie. laissons-nous réconcilier pour entrer dans cette fête.

Homélie

Jésus fréquentait volontiers des personnes que les pharisiens, ses ennemis, jugeaient fort peu recommandables. « Il fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux » disaient-ils avec une sorte de haut le cœur provoqué par la liberté de l’amour de Jésus, cet amour qui renverse toutes les barrières pour rejoindre les plus pauvres là où ils sont. Du moins la réaction offusquée de ces « pensants » eut-elle l’heureux effet de susciter chez notre Seigneur les deux paraboles que nous venons d’entendre, paraboles inoubliables qui nous révèlent toutes les deux, l’infinie miséricorde de Dieu notre Père à l’égard des pécheurs. Dans ces paraboles, Jésus nous montre que le Berger et la Ménagère sont tous les deux également anxieux, attentifs et désireux de retrouver ce qu’ils ont perdu.

Ainsi est le Seigneur notre Dieu pour chacun et chacune d’entre nous : sa patience est immense, inlassable et active... car, nous l’aurons bien compris, nous sommes tous cette brebis, cette pièce perdue, puisque nous sommes tous pécheurs et le pécheur lorsqu’il a péché gravement, c’est quelqu’un que Dieu a perdu.

Oh ! Comme il faudrait, frères et sœurs, que s’enracine profondément en nous cette conviction à savoir que Dieu notre Père parce qu’il nous aime d’un amour infiniment miséricordieux ne peut nous abandonner, car pour Lui, tout être humain est unique, cet être humain qu’il a créé dans le sang de son Fils versé sur la croix pour la rémission des péchés.

Il se préoccupe donc de chaque pécheur (et avec d’autant plus de sollicitude qu’il est plus gravement pécheur) l’assiégeant continuellement de sa tendresse paternelle qui ne forcera jamais son « oui », mais qui ne cessera pas pour autant de le chercher jusqu’à ce qu’il revienne dans ses bras, jusqu’à ce que soit rétablie entre eux deux le courant de l’amitié, une véritable communion dans l’amour. C’est alors, nous dit Jésus, chaque fois qu’un tel retour se produit, qu’éclate en plus ciel l’allégresse du Père. La joie de Dieu, quel mystère et cependant quelle réalité : « Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion ».

Déjà le prophète Michée avait dit que « le Seigneur trouve son bonheur à pardonner ». Comme les mœurs divines sont à l’opposé des mœurs de l’homme ! Et c’est peut-être pour cela que la joie déserte notre terre, comme le ruisseau des montagnes qui finit par se perdre dans les sables du désert. Nous sommes tellement loin, en effet, de nous comporter comme Dieu en dépit des enseignements si clairs que Jésus nous a laissés sur le devoir du pardon. Nous sommes tellement pauvres d’amour !

Si nous savions accueillir les pécheurs et leur pardonner à commencer par celui qui nous a offensés, n’y aurait-il pas un peu plus de joie autour de nous et dans notre cœur ?

Ne soyons donc pas, comme les pharisiens : méprisants, hypercritiques, jaloux et grincheux. Consentons donc enfin à nous laisser envahir par la joie de Dieu, comme le Christ qui à certaines heures en était tellement possédé qu’il ne pouvait plus le cacher : elle le transfigurait. Que de choses changeraient n’est-ce pas dans notre monde si cette atmosphère de joie qui sort du cœur de Dieu et qui éclate dans tout l’Evangile comme une bonne nouvelle pouvait enfin inonder toute la terre comme elle inonde le ciel ! Le règne de Dieu n’est-il pas comme l’affirme saint Paul « joie dans l’Esprit-Saint ». Or ce règne, nous avons besoin de nous le redire inlassablement doit commencer d’abord en nous : il présuppose notre conversion. Il faut absolument que nous parvenions avec le secours de la grâce (qui ne nous manque jamais si nous la demandons avec confiance) à changer notre cœur de pierre en cœur de chair, que nous fassions des efforts pour éliminer de nos vies, tout ce qui est orgueil ou égoïsme, mépris et dureté de cœur, de telle sorte que ce soit l’amour, un amour surnaturel très ardent qui domine en nous et se réponde autour de nous.

Chers frères et sœurs, savoir avec certitude que l’on est aimé tel que l’on est et malgré ce que l’on est (cette vérité est inscrite dans ces deux paraboles de la miséricorde qui sont comme un évangile dans l’Evangile même. Savoir aussi que par notre réponse généreuse à l’amour de Dieu nous pouvons créer de la joie au ciel et sur la terre, n’est-ce pas suffisant pour avoir toujours le cœur en fête ?

Que la Vierge Marie nous aide à en prendre davantage conscience, Elle qui est la Mère de Miséricorde et la Cause de notre Joie. 

Amen.

Prière Universelle

Ayons foi en Dieu, le Père miséricordieux, laissons monter vers lui tous les besoins de nos frères et de nos sœurs en ce monde :

R/: Dans ta miséricorde, Seigneur exauce-nous.

  • Seigneur, tu as parlé à Moïse le chef du « peuple à la nuque raide ». Pardonne à tous ceux qui sont sourds aux cris des hommes, qui cherchent à nuire aux autres, redonne-leur ta sensibilité et ta miséricorde envers les êtres humains, leurs frères. Nous te prions. R/
  • Seigneur,  que ta parole imprègne le cœur de chaque baptisé, qu’elle le fasse grandir dans la foi et le rende disponible pour servir son prochain. Nous te prions. R/
  • Seigneur, ouvre nos  lèvres comme tu l’as fait pour le psalmiste, que nos bouches appellent sans arrêt  à la protection de la créature que tu nous a confiée, et notamment des mers et de l’océan : que les politiques, scientifiques et économistes travaillent ensemble pour la protection de ce bien commun de l’humanité ! Nous te prions. R/
  • Seigneur, ton Fils est venu pour sauver les pécheurs. Libère ceux qui se culpabilisent pour les fautes qu’ils ont commises, pour ceux qui sont plongés dans la haine, ôte l’obscurité dans leurs cœurs, cette obscurité qui les empêchent de voir la vérité qui libère. Nous te prions. R/
  • Seigneur, tu es toujours prêt à redonner à ceux qui accourent vers toi leur pleine dignité d’enfant de Dieu. Augmente la foi de notre assemblée dominicale, aide la à devenir un lieu d’accueil respectueux de tout homme. Nous te prions. R/

Seigneur, Dieu de pardon, ouvre pleinement le cœur de chaque homme à ton amour qui est sans limite et sans réserve. Par ton Fils, Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr/

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