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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 23:05

Lecture du livre de la Sagesse 9, 13-18

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? Les réflexions des mortels sont mesquines, et nos pensées, chancelantes ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux mille pensées. Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à portée de la main ; qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ? Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? C’est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits ; c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon 9b-10, 12-17

Fils bien-aimé, moi, Paul, qui suis, un vieil homme, moi qui suis aujourd’hui en prison à cause du Christ Jésus, j’ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, dans ma prison, j’ai donné la vie dans le Christ. Je te le renvoie, lui qui est une part de moi-même. Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu’il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile. Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses librement ce qui est bien, sans y être plus ou moins forcé. S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé : il l’est vraiment pour moi, et il le sera plus encore pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur. Donc, si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c’était moi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14, 25-33

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui, veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : “Voilà un homme qui commence à bâtir et ne peut pas achever !” Et quel est le roi qui, part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple ».

Homélie

S’il est des paroles de l’Evangile que nous n’aimons guère entendre ce sont bien celles que Jésus nous a adressées il y a un instant :

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, à sa mère, à sa femme, à ses frères et sœurs et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple ».

« Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple ».

« De même celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple ».

Il n’y a pas d’échappatoire possible : c’est bien à vous comme à moi (qui ne sommes pas des moines ou des moniales) que Jésus propose ce rude programme de vie.

Oui, tous, quel que soit notre âge, quelle que soit notre situation dans l’Eglise ou dans la société, nous sommes tous invités à marcher sur cette route des crêtes qui s’annonce particulièrement escarpée.

Face à de telles exigences nous serions tentés pour un peu de reprocher à Jésus son intransigeance et de lui dire qu’il s’y prend très mal, qu’il ne connaît pas le cœur humain, notre cœur d’homme et que son projet de bonheur pour les hommes est vraiment déraisonnable. Or, Jésus ne se laisse pas arrêter par ces considérations qui sont trop humaines, trop terre à terre. Lui qui est le Chef de l’humanité nouvelle, notre premier de cordée n’a qu’une ambition : nous faire monter le plus haut possible dans cette grande ascension de la vie chrétienne qui s’appelle la Sainteté. Il nous presse de mettre nos pas dans ses pas, mais en même temps il nous prévient que nous aurons à y mettre le prix. Cette escalade de l’union à Dieu n’a rien à voir, en effet, avec une partie de plaisir. Si nous voulons la réussir pleinement nous devons nous soumettre en toute liberté à cette loi fondamentale du renoncement qui consiste à nous délester, de ce qui nous alourdit ou nous encombre, à retrancher impitoyablement de notre vie tout ce qui est contraire à la volonté du Seigneur.

- Qu’il s’agisse de nos possessions en nous considérant, non plus comme les propriétaires, mais comme les gestionnaires de tous ces biens que Dieu a mis à notre disposition.

- Qu’il s’agisse de nos affections, même les plus chères en ne leur donnant jamais le pas sur l’amour que nous devons à Dieu.

- Qu’il s’agisse de notre volonté propre et de nos satisfactions personnelles et c’est certainement ce renoncement à soi-même qui est le plus difficile, mais ce qu’il importe par-dessus tout de bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que cette loi du renoncement que Jésus nous demande instamment de pratiquer – et à longueur de vie – ce n’est pas un but en soi, mais seulement un moyen, une condition indispensable. Non ! Ce n’est pas à un masochisme autodestructeur qu’elle fait appel mais à un intérêt supérieur bien compris. Dans une excellente comparaison saint Paul nous en montre toute la signification et toute la portée : il nous dit, en effet, que dans le domaine de la vie spirituelle nous devons nous comporter à la manière de l’athlète, du sportif qui se prive de tout et fait de durs efforts pour se dépasser, pour réaliser des performances, avec toutefois, cette énorme différence à savoir que le but visé par l’athlète c’est une récompense, une gloire passagère, tandis que le but visé par le disciple du Christ c’est une récompense, une gloire éternelle.

Ce que l’on a trop souvent omis de faire, voyez-vous, en prédication ou en catéchèse c’est de mettre en lumière en face du côté négatif de l’enseignement de Jésus, tout le côté éminemment positif du même enseignement qui, lui, est sublime, merveilleux et donc tout à fait apte à nous motiver, à nous stimuler, à nous encourager.

Si tant de gens à l’heure actuelle sont persuadés que le christianisme n’a rien à leur dire c’est que, peut-être, on leur a trop parlé de contraintes, de règles morales, sans leur montrer sur quoi elles débouchaient... on a trop insisté sur les barrages et les digues, au lieu de conduire à la source.

Si l’Evangile est la Bonne Nouvelle par excellence, n’est-ce pas parce qu’il nous révèle l’incroyable destinée de l’homme ? Parce qu’il nous dit la fantastique aventure de la divinisation de l’homme ? Pourquoi Jésus exige-t-il de nous avec tant de rigueur le sacrifice de notre vie misérable ? Mais c’est pour lui substituer rien moins que sa Vie à Lui. Jésus ne nous demande de faire le vide en notre cœur que pour l’emplir de divin. Rappelons-nous ici certaines de ses paroles qu’il nous faudrait méditer inlassablement : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » et « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, mon Père l’aimera et nous viendrons chez Lui et nous ferons chez Lui notre demeure... Demeurez en moi, comme moi en vous... Celui qui demeure en moi et moi en Lui celui-là porte beaucoup de fruit... Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète... »

Oui, la promesse de Jésus dépasse tout ce que l’esprit humain est capable de concevoir. Dieu par le mystère de la grâce sanctifiante veut habiter en nous. Par la Foi, l’Espérance et la Charité il nous est donné de vivre dès cette terre dans une intimité merveilleuse avec les Trois Personnes Divines présentes en nous... C’est la vie éternelle déjà commencée... Ce que Jésus entend souligner dans les paroles évangéliques choisies pour la liturgie de ce dimanche, c’est que cette vie divine qui a été semée en notre âme comme une petite graine par la grâce baptismale ne saurait se développer et s’épanouir sans que nous fassions des efforts coûteux et persévérants pour nous détacher des choses créées, pour nous libérer de tout ce qui n’est pas Dieu ou ne va pas à Dieu. Tel est le sens du mystère pascal : il faut mourir pour vivre. Mais si nous voulons que cette vérité si importante pénètre vraiment en nous et stimule nos énergies, il nous faut suivre également le conseil que Jésus nous donnait tout à l’heure à travers deux petites paraboles : celui de nous asseoir, c'est-à-dire de prendre un temps suffisant pour réfléchir en profondeur :

- pour faire le point, bien sûr et entreprendre par des résolutions bien précises la réforme intérieure qui s’impose, mais surtout pour prier,

- pour contempler longuement Jésus et Marie qui sont les modèles insurpassables du renoncement total par amour,

- et pour leur demander dans une humble et très confiante supplication, la grâce de les suivre fidèlement sur ce chemin qui mène immanquablement à l’indicible Bonheur et à la Gloire Eternelle du Ciel.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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Carlito 30/08/2016 09:19

Merci cher Abbé COUSTY ! Vos prédications sont remplis de bon sens et de lumières reçues de votre méditation de l’Évangile.
Que je suis heureux de vous avoir connus !

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