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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 17:08

Lecture du livre de Jérémie 20, 7-9

Tenté de taire la parole de Dieu qui ne lui apporte que moqueries, Jérémie n’y parvient pas : elle est en lui, comme un feu dévorant.

Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. À longueur de journée je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi.

Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois crier, je dois proclamer : « Violence et dévastation ! » À longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie. Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom ». Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Envoyé par Dieu annoncer la ruine des espoirs fallacieux du roi et de ses conseillers de pouvoir résister à la puissance babylonienne, le prophète est en butte à la raillerie de ses contemporains. On l’accuse de séduction, c’est-à-dire de tromperie et de mensonge. Si je suis séducteur, écrit Jérémie, c’est que le Seigneur m’a séduit. L’accuserez-vous de mensonge ? N’est-ce pas que sa Parole se réalisera, même si elle vous déplaît, parce qu’elle est vérité ? Moi-même, ce n’est pas sans souffrances que je dois annoncer la destruction de mon peuple, mais je ne puis me taire car la force de la vérité de Dieu est plus forte que moi.

Le feu dévorant qu’éprouve Jérémie est celui de la Parole de Dieu, parole d’amour qui est révélation à la fois de sa tendresse et de ses exigences. Quand nous est-il arriver de l’éprouver ?

Psaume 62

R/ : Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu.

  • Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. R/
  • Je t'ai contemplé au sanctuaire, j'ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! R/
  • Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. R/
  • Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l'ombre de tes ailes. Mon âme s'attache à toi, ta main droite me soutient. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 12, 1-2

Le sacrifice que Dieu attend de nous est celui d’une vie tout orientée vers le bien.

Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour le chrétien il n’y a désormais plus d’autre sacrifice que le sacrifice de l’eucharistie auquel s’agrège notre propre vie, plus d’autre culte que celui de sa propre vie consacrée à rechercher et à faire la volonté de Dieu. Il s’agit de vivre dans la bonté et de chercher en tout la perfection, ce qui plaît à Dieu. En effet, la prière et la messe ne sont pas un culte distinct de cette adoration véritable, mais l’offrande de nos personnes et de nos vies par Jésus Christ, avec lui et en lui dont le sacrifice a été de se livrer lui-même par amour de Dieu et de ses frères, les hommes.

Si le sacrifice capable de plaire à Dieu est l’offrande de sa vie, attachée à reconnaître et à accomplir sa volonté, alors Jésus, dont la nourriture a été de faire la volonté de son Père, l’a offert bien avant son sacrifice de la croix. Qu’il nous donne de vivre comme lui !

Alléluia. Alléluia. Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 21-27

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ». Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Seuls les disciples, et non les foules, ont reconnu en Jésus le Messie promis par Dieu. Pourtant ils se font du Messie une fausse idée : selon eux, il doit triompher avec puissance de tous les obstacles pour libérer son peuple du péché et de l’occupation romaine. Jésus heurte de front cette mentalité quand il annonce ses souffrances et sa mort. Pierre s’y oppose, mais Jésus le repousse violemment comme il le fit pour Satan lors de la tentation dans le désert. Cette réaction des hommes au salut par la croix méconnaît la volonté de Dieu. Qui se veut disciple du Christ doit être prêt à renoncer à lui-même pour trouver la vie dans le chemin qu’a suivi Jésus de sa passion à sa résurrection.

N’avons-nous pas le même réflexe que Pierre quand il nous faut envisager la souffrance et l’incompréhension à cause de notre foi au Christ et de notre appartenance à l’Église ? Et pourtant, par la grâce du Christ, Pierre l’a suivi jusqu’à la croix.

 

Homélie

Dans l’Évangile de dimanche dernier nous avons vu Jésus féliciter vivement l’apôtre Pierre qui éclairé intérieurement par Dieu le Père, venait de reconnaître en Lui le Messie, le Fils du Dieu vivant.

Aujourd’hui nous le voyons par contre adresser, frères et sœurs, à ce même Pierre – qui lui fait des reproches inspirés cette fois par des sentiments humains – une cinglante réponse. Si Jésus agit de la sorte c’est parce que la pierre sur laquelle reposera un jour son Eglise est devenue pour l’heure un scandale, une pierre d’achoppement.

L’apôtre Pierre, parce qu’il est dominé cette fois-ci par des pensées toutes humaines et non pas les pensées de Dieu, devient en fait pour Jésus un instrument de Satan, le Tentateur.

Il ne faut pas oublier, en effet, que depuis la première tentation au désert, Satan cherche par tous les moyens à détourner Jésus de la voie qu’il a choisie pour sauver le monde du péché et de la mort : la voie douloureuse qui conduit à la Croix, témoignage suprême de l’Amour.

Cette réaction de Pierre traduit bien d’ailleurs la mentalité des apôtres, telle qu’elle transparaît dans l’Évangile. Quand Jésus leur parle du Royaume et de sa Gloire, aussitôt ils affirment leur volonté de suivre le Maître jusqu’au bout. Mais lorsque le Seigneur leur indique le chemin qui doit les conduire à de tels sommets ils se fâchent, protestent et reculent.

Mais, n’est-ce pas aussi, frères et sœurs notre mentalité à nous ? Mentalité qui est très largement répandue en ces temps de laisser-aller et de permissivité. N’y a-t-il pas des vérités, des exigences évangéliques que nous avons du mal à admettre et plus encore à faire passer dans notre comportement, dans notre vie concrète ?

Croire en Jésus-Christ, cet homme-Dieu crucifié ! Admettre que pour le suivre et lui ressembler il nous faille, comme Lui, être en butte à la persécution ou tout au moins à la contradiction, au dénigrement, à la dérision et accepter, de surcroît, qu’épreuves physiques ou morales nous assaillent, avouons que cela est dur, que cela a beaucoup de mal à passer.

Seulement attention ! Si dans la religion chrétienne, ce que nous cherchons c’est la Pâque sans la Croix, c’est-à-dire la joie sans l’effort, le bonheur sans le sacrifice, eh ! bien nous nous sommes trompés d’adresse…

Il y a des gens, qui lorsqu’ils se trouvent au pied d’une belle et haute montagne, sentent sourdre en eux le désir de la gravir le plus tôt possible. Mais lorsqu’il s’agit de payer le prix de la montée, de suer sur le chemin du don et du renoncement, de surmonter laborieusement bien des difficultés, alors ils s’assoient sur le bord du chemin et pris par le découragement ils redescendent vers la plaine, tellement ils préfèrent l’autoroute de leur petit confort aux exigences qui sont pourtant la rançon de toute joie profonde et durable.

Jésus dans l’Évangile de ce jour nous met en garde. Beaucoup de gens – des jeunes, surtout – sont facilement séduits par son visage hors du commun et projettent en Lui tous leurs rêves de justice, de fraternité et d’amour. Seulement voilà : Jésus n’a jamais promis les énergies de son Esprit aux partisans d’un progrès sans peine, à ceux qui se contentent de réclamer un petit paradis de la terre et d’attendre le paradis final en faisant une sieste bien-pensante dans le fauteuil confortable de leur paresse spirituelle.

Certes Jésus veut notre bonheur, mais notre vrai bonheur : un bonheur bien différent de celui que nous imaginons ou que nous cherchons fébrilement sur des fausses pistes (l’argent par exemple…). D’ailleurs, s’il a accepté, dans son fol amour de souffrir et de mourir sur une croix, n’est-ce pas pour nous obtenir la grâce incomparable de la Vie divine qui fait de nous les enfants bien-aimés du Père et donc les héritiers de son Paradis où nous partagerons éternellement sa Béatitude ?

Frères et sœurs, si nous voulons comprendre au moins un peu, le sens de la souffrance dans nos vies, contemplons Marie au pied de la Croix. Personne n’a été « associé » autant qu’elle à la Passion du Sauveur. Qui pourra avoir la moindre idée de son martyre intérieur ?

Et les saints, qu’ont-ils faits à son exemple ? Trouvez-en un seul qui n’ait pas accepté d’offrir par amour toutes sortes de souffrances en union avec le Crucifié ?

Eh bien, nous aussi, qui voulons être des disciples du Christ, nous devons librement et volontairement communier au Sacrifice de Jésus en offrant tout ce qui nous coûte dans notre vie, tout ce qui nous fait souffrir, physiquement ou moralement. C’est tout le sens de l’invitation que saint Paul nous adressait dans la 2ème lecture « Je vous exhorte par la tendresse de Dieu à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint capable de lui plaire ».

Puissions-nous donc, frères et sœurs, en communion d’amour avec Marie qui est la Corédemptrice par excellence, en communion avec tous les saints qui sont nos modèles et nos entraîneurs, accepter d’être à notre petite taille et pour notre modeste part des corédempteurs. Aidons Jésus à porter sa croix. Aidons-le à réaliser notre salut et celui de nos frères.

Quand nous aurons compris que notre communion au mystère de la Croix est l’unique secret de la Joie, il y aura déjà sur cette terre et dans nos cœurs, un gros morceau de Paradis.

Amen.

 

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du trés bon site "Jardinier de Dieu".

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commentaires

C
Merci encore pour cette belle méditation ! Dieu vous bénisse très cher Abbé COUSTY !
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