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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 10:53

C’est une grande foule qui vient de rejoindre Jésus dans un endroit désert où il espérait se reposer un peu. Si elle a parcouru un si long chemin, c’est parce qu’elle veut entendre parler le Maître : elle a vraiment faim de sa Parole.

Jésus qui voit sa misère spirituelle et en a compassion, n’hésite pas à changer son programme en consacre toute la journée à l’instruire.

Mais on est si bien auprès de Jésus, qui parle comme jamais homme n’a parlé, et qui se fait tout à tous, se mettant à l’écoute de chacun, répondant aux questions, accueillant les enfants et surtout guérissant les malades, qu’on en oublie pratiquement le boire et le manger. Depuis longtemps les maigres provisions sont épuisées. Au soir tombant la fatigue se fait sentir et, avec elle, la faim du corps. Problème concret et urgent que les disciples soumettent à Jésus, qui lui, apparemment n’a rien prévu pour le résoudre.

Pour eux la solution la plus commode, c’est d’envoyer tous ces gens dans les villages voisins pour qu’ils achètent de quoi manger. Autrement dit « ils n’ont qu’à se débrouiller tout seuls, car hélas ! Nous ne pouvons rein faire pour eux ».

Ne pouvant accepter une solution aussi peu généreuse Jésus renvoie ses amis à leur propre responsabilité « donnez-leur vous-même à manger... » On comprend la stupéfaction des préposés aux corbeilles vides... car en dépit de toutes leurs recherches ils n’ont pu trouver que cinq pains et deux poissons... apparemment le résultat est pitoyable ; la disproportion éclate et ils peuvent se dire : a quoi bon tant d’efforts ?

Jésus, cependant avait besoin que la pauvreté des apôtres donna tout ce qu’elle avait, si peu que ce fut : cette petite obole qui est don total, en fait, épuisement de toutes les possibilités lui suffit. Sa Toute-Puissance divine va la transformer en richesse surabondante.

De ces cinq petits pains, de ces deux pauvres poissons grillés, les mains de Jésus vont faire pour cette foule un véritable festin. Le peuple rassemblé sera nourri, il sera même rassasié puisqu’on recueillera 12 corbeilles de restes. Sans l’intervention souveraine de Jésus, il est bien évident que la situation était désespérée... Sans lui, les apôtres étaient absolument démunis et inefficaces devant cette foule affamée... Et pourtant il est clair que Jésus n’a pas voulu agir seul. Il a exigé que ses disciples aillent dans la foi et l’effort jusqu’au bout de leurs capacités... Il a tenu absolument à lier l’efficacité de sa Toute-Puissance à la générosité de leur pauvreté à la confiance de leur obéissance et de leur foi.

Jésus nous enseigne par là une des grandes lois de la vie spirituelle et apostolique : à savoir dans l’ordre surnaturel sans le Christ nous ne pouvons rien faire. Nous devons bien prendre conscience, en effet, que pour faire progresser le Royaume de Dieu, pour faire grandir la vie divine en notre âme et aider les autres à la faire grandir dans la leur, nous ne pouvons, de nous-mêmes, rigoureusement rien.

Vivre soi-même en enfant de Dieu et aider les autres à s’ouvrir à la grâce, à se convertir pour qu’ils puissent vivre, à leur tour, en enfants de Dieu, c’est en dehors, c’est au-delà de toutes les possibilités de notre nature.

Seul le Christ Ressuscité peut, par un don gratuit de son amour, éclairer les cœurs, les changer, les établir et les faire progresser dans la foi, l’espérance et la charité.

Mais alors, me direz-vous, à quoi bon tous nos efforts ?

  • A quoi servent donc nos renoncements, nos luttes personnelles contre le mal qui est en nous ?
  • A quoi servent nos prières, nos méditations et les lectures que nous faisons pour approfondir notre foi ?
  • A quoi servent nos engagements apostoliques, nos contacts avec les autres, notre souci de porter témoignage par l’exemple, la parole, le don de nous-mêmes ?

D’ailleurs, si parfois nous avons cultivé l’illusion de pouvoir changer le monde, ou même une seule âme à force de dévouement de tact ou de compétence dans nos efforts, nous avons appris, expérimentalement, à la suite de bien des échecs, que nos moyens sont dérisoires face à l’immensité des problèmes. Nous n’avançons guère dans la sainteté que le Seigneur attend de nous et la foi ne se répand pas vite autour de nous. Aussi, sommes-nous très souvent balloté entre deux tentations :

  • la tentation de vouloir faire quelque chose par nos propres moyens et
  • celle de désespérer en voyant l’immensité de la tâche et la faiblesse de notre pauvreté, autrement dit : entre la tentation et l’orgueil, de la suffisance, et la tentation du découragement qui sont toutes les deux une source d’inefficacité.

Seule la voie indiquée par Jésus dans l’Evangile de ce jour permet d’éviter ces 2 écueils. Elle est un appel à notre générosité mais cette générosité doit être humble, totale et confiante.

  • Le Seigneur attend d’abord de nous une générosité qui soit humble... il faut que nous restions toujours conscients de notre misère, de notre fragilité, de nos limites ; nous devons toujours nous considérer devant Dieu comme des pauvres qui attendent tout de sa grâce, qui attendent la lumière pour comprendre et la force pour agir.
  • Notre générosité ensuite doit être totale : c’est la condition de la réussite. Pour que le résultat soit obtenu le fidèle, l’apôtre, doit se donner tout entier sans restriction ni réserves. Le Seigneur n’agira que si nous acceptons d’être entre ses mains des instruments totalement disponibles. C’est en toute liberté et dans un amour qui respecte notre dignité qu’il a voulu avoir besoin de ce néant qu’est notre effort et notre être même... Et il s’est lié ainsi à nous et à tel point que si nous refusons le don de cette pauvreté nous paralysons en quelque sorte son action Toute-Puissante.
  • Le Seigneur exige d’abord notre effort spirituel et moral, en matière d’apostolat, il exige de notre part, réflexion, travail, action intelligente et par-dessus tout une très grande charité. Alors, si nous veillons à être constamment unis à lui par la prière (une prière humble, ardente et persévérante), lui-même agira (et souvent même à notre insu). Il édifiera lui-même son Royaume, fera grandir son Corps Mystique.
  • Il faut enfin que notre générosité soit confiante : nous n’avons pas le droit de nous décourager, car si la tache est au-dessus de nos forces, si elle nous paraît écrasante, nous savons aussi que « rien n’est impossible à Dieu ».

« Jésus, disait le Père de Foucault, est le Maître de l’Impossible ». La vie des saints est là pour nous prouver à quel point c’est vrai. Si nous lui offrons généreusement toute notre foi et tout notre amour il saura bien combler nos déficiences et faire avec les pauvres instruments que nous sommes des œuvres magnifiques pour la Gloire de Dieu et le Salut des âmes.

N’oublions donc jamais, chers frères et sœurs, qu’aujourd’hui comme hier Dieu a besoin des hommes. Par la voix de son Eglise, Jésus nous invite à être ses collaborateurs pour l’édification du Royaume de Dieu.

Puissions-nous répondre comme la Vierge Marie qui est le parfait modèle de tout chrétiens : « Me voici, Seigneur, je suis à ton service ».

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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