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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 14:00

Lecture du livre de la Genèse 18, 1-10a

Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l'entrée de la tente. C'était l'heure la plus chaude du jour. Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Aussitôt, il courut à leur rencontre, se prosterna jusqu'à terre et dit : « Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t'arrêter près de ton serviteur. On va vous apporter un peu d'eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. Je vais chercher du pain, et vous reprendrez des forces avant d'aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « C'est bien. Fais ce que tu as dit ». Abraham se hâta d'aller trouver Sara dans sa tente, et il lui dit : « Prends vite trois grandes mesures de farine, pétris la pâte et fais des galettes ». Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. Il prit du fromage blanc, du lait, le veau qu'on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, pendant qu'ils mangeaient. Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l'intérieur de la tente ». Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi dans un an, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1, 24-28

Frères, je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu'il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l'accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l'Église. De cette Église, je suis devenu ministre, et la charge que Dieu m'a confiée, c'est d'accomplir pour vous sa parole, le mystère qui était caché depuis toujours à toutes les générations, mais qui maintenant a été manifesté aux membres de son peuple saint. Car Dieu a bien voulu leur faire connaître en quoi consiste, au milieu des nations païennes, la gloire sans prix de ce mystère : le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire ! Ce Christ, nous l'annonçons : nous avertissons tout homme, nous instruisons tout homme avec sagesse, afin d'amener tout homme à sa perfection dans le Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 38-42

Alors qu'il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m'aider ». Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée ».

Homélie

Elles étaient donc deux sœurs : Marthe et Marie ; et Jésus les aimait toutes les deux, ainsi que leur frère Lazare. Comme il arrive le plus souvent entre sœurs elles ne se ressemblaient pas tout à fait. En particulier dans leur façon d’accueillir Jésus. Non pas que leur amour pour Lui fût inégal. L’Evangile ne le prétend pas, mais il s’exprimait autrement.

Marthe, c’est la maîtresse de maison. L’Evangile la nomme en premier. C’est elle qui reçoit Jésus. Elle se sent responsable de l’accueil. Active, dévouée, affairée, elle se laisse accaparer par les multiples occupations du service.

Marie, est nommée en second lieu étant sans doute la plus jeune. Captivée par la parole de Jésus, elle s’est assise à ses pieds et reste là, un peu insouciante, contente de vivre sous son regard.

Marthe donne son travail à Jésus, Marie sa présence douce et aimante.

Jusqu’ici il n’y a aucune ombre au tableau. Jésus ne reproche pas à Marthe de travailler et encore moins à Marie de demeurer auprès de Lui.

Mais voici que Marthe s’impatiente. Elle voudrait que Jésus détache sa sœur de Lui pour l’atteler au travail... Que s’est-il donc passé ?

Au départ, sans nul doute, l’intention de Marthe était bonne : bien recevoir Jésus... seulement peu à peu, son intention a dévié : ce n’est plus à Jésus qu’elle pense, mais à la réussite de sa réception et donc à elle-même. Son amour propre (sinon sa vanité) l’emporte sur son amour pour Jésus. Elle s’énerve, jalouse sa sœur et finit par se plaindre : « Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. »

A cette supplique Jésus répond par des paroles qui sont révélatrices de ce qu’Il attend de tous ses disciples.

« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Ce que Jésus oppose ici, voyez-vous, ce n’est pas service de Dieu et service du prochain, action et prière contemplative, comme on le croit trop souvent.

Ce qu’il oppose, c’est l’attitude du disciple qui écoute avec avidité la Parole de Dieu à l’agitation inquiète et désordonnée, remplie d’amour propre qui ferme le cœur à la pénétration de cette parole.

Tout en sachant très bien que les soucis nous tombent constamment dessus, Jésus n’aime pas que nous leur laissions prendre trop de places. « Ne vous inquiétez pas pour demain, demain s’inquiétera pour lui-même. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu : le reste vous sera donné par surcroît. » Mais c’est précisément ce surcroît qui nous préoccupe à l’excès et Jésus alors fait la guerre à nos mauvaises inquiétudes. « Ne vous inquiétez pas de la nourriture et du vêtement... » Ne laissez pas les ronces des soucis étouffer la Parole... (et combien d’autres paroles semblables que nous connaissons...)

Dans sa réponse à Marthe, Jésus nous dit donc très clairement où est l’essentiel, ce qui, pour nous, doit être la priorité : il ne faut pas que les choses (c’est-à-dire le service, l’action) tout aussi indispensables qu’elles soient, finissent par accaparer l’esprit au point de gêner les mouvements du cœur. Ces élans intérieurs qui nous portent vers Jésus, (en qui nous reconnaissons l’absolu de la vie, de la vérité et de l’amour) et qui nous le font aimer tellement qu’il n’y a plus que Lui qui existe, Lui qui compte, Lui qui est intéressant.

Chers frères et sœurs, nous avons besoin de nous convaincre que ce qui est le plus important pour nous, l’unique nécessaire, c’est cet amour profond, cet amour ardent, qui nous porte à nous tenir tout près de Jésus, à l’exemple de Marie, pour écouter sa parole, puiser dans son regard et nous laisser pénétrer par sa divine présence.

Mais n’est-ce pas ce que nous faisons chaque fois que nous participons à la Messe ? Et chaque fois aussi que, laissant de côté ce qui nous occupe ou nous préoccupe, nous prenons un peu de temps dans la journée pour prier.

Mais ce temps consacré à la prière comment le remplissons-nous ?

  • Le plus souvent nous demandons quelque chose au Seigneur, parce que nous sommes dans une grande détresse par exemple, et nous faisons bien puisque que Jésus nous dit : « demandez et vous recevrez. »
  • D’autres fois, c’est la reconnaissance qui jaillit de notre cœur, parce que nous avons reçu tel ou tel bienfait... et c’est tellement naturel de dire merci. L’Eglise le fait à chaque instant au cours de la Messe.
  • Mais il y a une autre attitude fondamentale de la prière que l’Evangile nous révèle aujourd’hui et qui nous est peut-être moins familière : « Marie se tenait aux pieds du Seigneur, écoutant sa Parole... »

Prendre du temps pour écouter le Seigneur, uniquement pour l’écouter, nous taire, oublier quelques instants nos demandes et nos questions pour le laisser parler, voilà qui est plus difficile mais si nous faisons cet effort, nous parviendrons, c’est sûr, à saisir ce qu’il veut nous dire. Car la prière qui est rencontre de deux personnes ne doit pas être un monologue, mais un dialogue.

Telle est donc aux yeux de Jésus, la meilleure part, celle qui ne nous sera jamais enlevée, car l’amour ne passera jamais ; il dure pour l’éternité.

Et surtout n’allons pas croire chers frères et sœurs que nos activités familiales, professionnelles, apostoliques ou autres pourraient souffrir de cette priorité donnée à l’amour gratuit qui s’exprime dans la prière contemplative. Disons-nous bien que plus nous prierons, plus nous multiplierons les moments d’intimité avec Dieu et plus l’amour surnaturel prendra le dessus au point que toutes nos activités seront portées par son souffle, seront transformées de l’intérieur et atteindront ainsi leur maximum d’efficacité.

C’est de cet unique nécessaire, ne l’oublions pas que tous les saints ont vécu à commencer par Celle qui est leur Reine et notre parfait modèle à tous : la Très Sainte Vierge Marie.

Prions-là très fort pour qu’elle nous apprenne à mener tout ensemble (et le plus harmonieusement possible) l’œuvre de Marthe et l’œuvre de Marie afin que Dieu soit glorifié en tout temps et de toute manière.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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