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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 23:05

Lecture du livre du Deutéronome 30, 10-14

Moïse disait au peuple d'Israël : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la Loi ; reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Car cette loi que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. Elle n'est pas dans les cieux, pour que tu dises : 'Qui montera aux cieux nous la chercher et nous la faire entendre, afin que nous la mettions en pratique ?' Elle n'est pas au-delà des mers, pour que tu dises : 'Qui se rendra au-delà des mers nous la chercher et nous la faire entendre, afin que nous la mettions en pratique ?' Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1, 15-20

Le Christ est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté. Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 25-37

Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? » L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même ». Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie ». Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui : il le vit et fut saisi de pitié. Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui ». Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même ».

Homélie

La charité chrétienne qu’il nous faut absolument mettre en pratique si nous voulons avoir la vie éternelle (comme Jésus vient de nous le rappeler si vigoureusement dans cet évangile) a deux dimensions :

- une dimension verticale qui tourne notre cœur vers Dieu.

- une dimension horizontale qui ouvre notre cœur à nos frères. Mais c’est le même courant d’amour, qui dans un perpétuel va et vient nous relie à Dieu et aux autres.

Il ne peut y avoir de vraie charité si l’une de ces deux dimensions vient à manquer : « celui qui prétend aimer Dieu et n’aime pas son frère, affirme saint Jean, est un menteur ». La qualité de notre amour du prochain garantit toujours le degré de notre amour de Dieu et inversement.

Mais peut-être la question du Docteur de la Loi « qui est mon prochain ? » brûle-t-elle également nos lèvres. La réponse Jésus l’a donnée une fois pour toute dans cette émouvante parabole du Bon Samaritain que nous venons d’entendre : mon prochain c’est n’importe lequel de mes frères blessé dans son corps ou dans son cœur et dont je dois m’approcher pour l’aimer. L’admirable exemple qui nous est donné par le Bon Samaritain met en lumière les trois grandes caractéristiques de la charité chrétienne. Elle doit être à la fois effective, universelle et surnaturelle.

- La charité doit être en premier lieu effective : elle n’est pas un amour vaporeux, une tendresse un peu trop sentimentale qui ne s’engage pas : elle n’est pas ce regard de pitié qu’ont peut être rejeté les deux prêtres de la parabole se disant en eux-mêmes « oh le pauvre homme ». La charité chrétienne est un amour qui s’engage, qui sait prendre sur son temps ou sur son argent et qui dans tous les cas paye de sa personne. Le Bon Samaritain s’est dérangé lui-même : il n’a pas exercé la charité par personne interposée, il ne s’est pas contenté de donner une aumône pour que d’autres s’occupent de ce malheureux : il est descendu de sa monture, lui a donné les premiers soins et l’a pris a bras le corps. Il s’est dont compromis personnellement sans se soucier des risques ou du qu’en-dira-t-on. La charité authentique consiste donc dans un don effectif est désintéressé de soi-même.

- Et ce don considéré du point de vue de l’extension ne doit pas avoir de limites. La vraie charité ne connaît pas de frontières : elle est universelle. Jésus vent nous le montrer en prenant l’exemple le plus apte à faire hurler les pharisiens. Pourquoi, en effet, ce choix d’un samaritain ? Il faut savoir qu’au temps de Jésus, samaritains et juifs ne pouvaient pas se voir. Un mur de haine séparait les deux races. Les habitants de la Samarie étaient considérés par les Juifs comme des étrangers malveillants au sein de la nation. On évitait le plus possible de traverser la Samarie, en tout cas on ne s’adressait jamais la parole. C’est dire le mérite singulier du Bon Samaritain de la Parabole. Ce Juif qu’il assiste, ligoté et bâillonné dans un fossé, n’aurait pas manqué de manifester son mépris s’il avait été valide en le voyant passé... et cela, bien sûr, le Samaritain ne pouvait l’ignorer. La leçon qu’il nous donne, c’est que la vraie charité n’agit pas pour la reconnaissance : elle ressemble à un rayon qui part et qui ne revient pas... et elle doit agir même si elle s’attend à ne trouver en face d’elle que mépris, haine ou méchanceté. « Aimez vos ennemis, nous dit Jésus et priez pour ceux qui vous persécutent, car si vous aimez ceux qui vous aiment quel mérite en avez-vous ? Les païens n’en font-ils pas autant ? »

Nous touchons là, voyez-vous, chers frères et sœurs un point où le christianisme se distingue des autres religions, il exige l’amour de tous absolument, y compris celui des ennemis. Cela veut dire que pas un seul homme ne doit être exclu dans notre charité. Celui qui refuse d’aimer un seul de ses semblables ne peut pas dire qu’il a en lui la charité du Christ : en réalité, il n’aime pas Dieu. Mais c’est bien trop exigeant me direz-vous, c’est pratiquement impossible... Oui, c’est impossible à la nature humaine livrée à ses seules forces... Nous ne savons que trop, par expérience, où peuvent nous porter nos mouvement de nature, voilà pourquoi la vraie charité chrétienne ne peut nous être inspirée et donnée que par un au-delà de notre nature : autrement dit la vraie charité est surnaturelle. Elle nous fait aimer avec le cœur même de Dieu, ainsi que Jésus lui-même nous l’a demandé « aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés... » C’est ce « comme » qui est important et qui commande tout... cela veut dire que notre amour fraternel doit non seulement imiter l’amour de Jésus, mais qu’il doit être de même nature que le sien, dès lors, nous ne pouvons aimer comme Jésus que si nous sommes nous-mêmes remplis de l’amour de Jésus, que si Jésus peut faire passer l’amour de son cœur divin jusque dans notre propre cœur. Or, cette transfusion, nous le savons, ne peut s’opérer que dans la mesure où par une prière ardente et persévérante nous sommes pour ainsi dire branchés sur Dieu ; dans la mesure aussi où par les sacrements, surtout l’Eucharistie, nous puisons à la source même de l’amour.

Tel est donc, chers frères et sœurs, l’Idéal de la charité selon l’Evangile. Puissions-nous, à l’exemple de Marie, la Mère du Bel Amour et avec son aide toute maternelle progresser chaque jour dans cette charité qui consiste essentiellement en un don de Dieu infusé dans nos cœurs par le Saint-Esprit, don qui nous permet d’aimer Dieu de l’amour dont il s’aime lui-même et d’aimer tous nos frères de l’amour dont Dieu lui-même les aime.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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commentaires

Carlito 28/07/2016 23:37

Je suis fier et heureux de l'avoir côtoyé et il fut le prêtre de mon mariage !
Bon qui est est un peu en difficulté aujourd'hui, je suis un peu comme je samaritain laissé sur le chemin paralysé par la souffrance mais je suis serein car je sais qu'il prie pour ma petite famille en détresse.

Carlito 28/07/2016 23:33

Amen Alléluia, tout est dit, quoi ajouter d'autres ? Notre cher Abbé COUSTY avait tout compris, et avec moi il a été un véritable, frère et père en Jésus-Christ ! Alléluia !

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