Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 17:46

Lecture du premier livre des Rois 19, 16b. 19-21

Le Seigneur avait dit au prophète Elie : « Tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder ». Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau. Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai ». Élie répondit : « Va-t'en, retourne là-bas ! Je n'ai rien fait ». Alors Élisée s'en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service.

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates 5, 1. 13-18

Frères, si le Christ nous a libérés, c'est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage. Vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair. Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez. Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 51-62

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem. Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? » Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village. En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras ». Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête ».

Il dit à un autre : « Suis-moi ». L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père ». Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu ».

Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison ». Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu ».

Homélie

Dans l’Evangile que nous venons d’entendre il y a quelque chose d’inusité qui nous surprend et qui peut-être même nous choque. La plupart du temps, en effet, saint Luc nous montre Jésus qui parle et agit en témoin de la miséricorde. Or voilà, qu’aujourd’hui, il nous rapporte 3 dialogues où le Seigneur s’exprime avec une certaine dureté, une dureté que rendent plus sensibles encore la vivacité et la concision de ses répliques.

Si nous voulons comprendre cette attitude de Jésus, il faut tout d’abord nous reporter au premier verset de ce passage évangélique. Que nous dit-il ? Que « le temps approche où Jésus va être enlevé de ce monde ». C’est une nouvelle étape de sa vie qui commence, une étape ultime et décisive. Il va quitter cette Galilée où il a été jusqu’à maintenant si bien accueilli pour se mettre en marche vers la Judée et sa capitale Jérusalem, où auront lieu les grands affrontements avec ses ennemis. L’évangéliste précise que c’est avec courage qu’il se met en route.  « Littéralement » il durcit son visage. Il s’agit moins d’ailleurs d’une altération des traits que de cette détermination énergétique qui surmonte la peur... Comprenons, qu’en fait, à ce moment là, Jésus entre en agonie, ce qui veut dire qu’il entre en lutte avec lui-même et avec Satan pour assurer le triomphe définitif de l’amour miséricordieux du Père. Alors, puisque c’est vraiment son Heure qui commence, l’Heure où il va ratifier le plan divin, où il va donner la preuve du plus grand amour en acceptant de souffrir et de mourir sur une Croix pour le salut de tous les hommes. Comment ne répondrait-il pas sur un ton d’une extrême gravité à ces trois hommes qui sont prêts à le suivre ?

D’ailleurs les apôtres eux-mêmes et surtout Jacques et Jean, avaient besoin d’entendre les premiers les réponses percutantes de leur Maître. Furieux du refus des Samaritains, ils envisageaient, nous l’avons entendu, une vengeance fort peu évangélique, celle que hélas ! Tant d’hommes au long des siècles ont utilisée : faire tomber le feu sur leurs ennemis afin de les exterminer.

Le comportement de Jésus à l’égard de ces trois hommes peut donc s’expliquer par le moment historique où eut lieu la rencontre. A celui qui veut partager son sort et mettre ses pas dans ses pas, Jésus déclare qu’il n’y a pas d’illusions à se faire : il veut être préféré à tout et à tous : il veut une adhésion totale et inconditionnelle à sa personne et à son message.

Mais par delà ce contexte, par delà les circonstances particulières qui expliquent en partie les réactions brutales de Jésus, saint Luc entend bien nous provoquer à la réflexion et à une sérieuse remise en cause en soulignant très fort des exigences qui sont au cœur du message évangélique.

Si nous reprenons attentivement chacune des déclarations prononcées par le Christ, nous découvrons très vite que, malgré les apparences, la Bonne Nouvelle s’y trouve condensée pour l’essentiel.

Cette Bonne Nouvelle, c’est :

- celle de l’indépendance,

- de la vie renouvelée

- et de la consécration de tout soi-même au Royaume de Dieu qu’il faut bâtir.

  • Et tout d’abord la Bonne Nouvelle de l’indépendance : « Les renards ont des tanières, affirme Jésus, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête ». Jésus n’accepte pas à sa suite ceux qui auraient bien organisé ou comme on dit volontiers aujourd’hui, bien programmé leur destin. Il ne veut pas seulement prévenir cet homme de bonne volonté qu’il ne lui offre pas le confort d’une maison. C’est toute la volonté de Dieu sur une personne qui est ici en cause. Ce que Jésus réclame c’est une entière disponibilité. Or, reconnaissons-le, il n’y a rien finalement qui ne soit plus difficile que de s’en remettre ainsi aux bons vouloirs du Seigneur, que de lui signer, si je puis dire, un chèque en blanc.
  • La Bonne Nouvelle de la vie renouvelée ; en prononçant la phrase : « Laisse les morts enterrer leurs morts », Jésus n’entend pas supprimer le 4ème commandement qui nous fait un devoir de donner une digne sépulture à nos défunts. Il veut fixer notre regard au-delà de l’humain, dans un ordre autre que l’ordre matériel. Il veut que nous donnions une priorité absolue au surnaturel. A ses yeux celui qui n’a pas découvert cet ordre transcendant, cette vie surnaturelle, est un mort « Laisse les morts enterrer leurs morts ». Il est clair que dans cette même phrase le mot mort employé deux fois n’a pas la même signification : dans un cas il s’agit du sens habituel c’est-à-dire les défunts, mais dans l’autre il s’agit de ceux qui ne sont pas liés à Jésus par la foi et dont il ose dire qu’ils sont morts, morts spirituellement. Par la foi au Christ, en effet, par notre attachement à lui, notre union à lui, nous naissons à une vie nouvelle, une vie divine et donc surnaturelle, laquelle doit se nourrir, s’épanouir et rayonner chaque jour davantage. A sa manière incisive et souvent paradoxale, Jésus entend donc bien souligner, comme il le fait d’ailleurs dans d’autres paraboles, qu’aucune obligation jugée sérieuse ne peut tenir en face de la formidable proposition qui est faite à chaque personne de vivre de lui, par Lui et en Lui. « Je suis la Vie » a-t-il affirmé à plusieurs reprises : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en surabondance ».
  • Il y a une troisième exigence capitale : c’est la consécration de tout soi-même. Celui qui met la main à la charrue doit œuvrer sans regarder en arrière. Sans doute croyons-nous au Christ et faisons-nous quelques efforts pour le suivre, mais comme nous sommes loin encore de ce don total de nous-mêmes qu’il attend de nous. Il y a, reconnaissons-le, tant de biens auxquels nous sommes attachés et même asservis. Nous ne parvenons pas à quitter ce qu’il faut quitter, à dénouer les liens qui font de nous des prisonniers. Voilà pourquoi Jésus nous parle aujourd’hui avec une sorte de hâte pour nous rappeler à quelles conditions un homme peut réellement le suivre.

N’oublions jamais, chers frères et sœurs, que nous avons à bâtir en nous, un édifice spirituel (c’est la grande aventure de la Sainteté) et nous devons en même temps aider nos frères à bâtir le leur (c’est tout le sens de l’apostolat, de l’action missionnaire. Cette œuvre primordiale, à laquelle tout doit être ordonné, ne souffre pas de retard.

Les apôtres Jacques et Jean nous parlaient tout à l’heure d’un feu ; Jésus lui pensait à un autre feu, celui de son amour et son désir était immense de le voir s’allumer sur toute la terre, dans tous les cœurs. Mais alors, avions-nous raison tout à l’heure de parler de dureté de la part du Seigneur. Si telle est la seule voie qui donne un sens à notre destinée d’hommes, si le bonheur véritable ne peut-être obtenue par d’autres moyens, n’est-ce pas plutôt le mot Miséricorde qu’il convient d’employer ?

Non Jésus n’est pas dur dans ce texte qui nous étonne. Ou bien il est dur comme est dur tout amour qui donne tout et qui exige tout. Il nous annonce ni plus, ni moins ce que son amour attend de nous et comment nous-mêmes nous devons l’aimer et nous aimer les uns les autres.

Il reste que notre liberté ne sera jamais contrainte. Mais comment hésiter, devant cet appel, quand on a compris dans la lumière de l’Esprit-Saint que « perdre sa vie pour le Christ, c’est la sauver, que perdre sa vie pour le Christ, c’est lui donner sa plénitude, c’est lui conférer une valeur éternelle ».

Puisse la Vierge Marie, notre Mère, celle qui a toujours dit « Oui », nous influencer de telle sorte que nous donnions une réponse sans réticences, sans regrets, totale, joyeuse et généreuse à l’image de la sienne.

Amen.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
commenter cet article

commentaires

Carlito 20/07/2016 10:01

AMEN, ALLELUIA !

Présentation

  • : Le Blog de Jackie
  • Le Blog de Jackie
  • : Nombreux coloriages catholiques et autres, vies de saints et homélies.
  • Contact

Qui Suis-Je ?

  • Jackie
  • Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog. Il y a une multitude d'infos de toutes sortes : coloriages, contes... Bonne balade à tous. Merci.

Ma Bible illustrée

ANCIEN TESTAMENT

NOUVEAU TESTAMENT

LES PARABOLES

Divers

 

 

 

 

 

Meteo Corrèze

 

 

 

Compteur mondial

 

Mon Coup de Coeur