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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 23:05

Lecture du livre de Zacharie 12, 10-11 ; 13, 1

Parole du Seigneur. En ce jour-là, je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né. En ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem.

En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates 3, 26-29

Frères, en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n'y a plus ni juif ni païen, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, c'est vous qui êtes la descendance d'Abraham ; et l'héritage que Dieu lui a promis, c'est à vous qu'il revient.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 18-24

Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui serait ressuscité ». Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu ». Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite ». Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera ».

Homélie

Qui est Jésus ?

Cette question capitale, décisive qu’on voit surgir à chaque page de l’Evangile, Jésus, un jour, l’a posée à ses disciples et aujourd’hui encore il la pose à chacun et à chacune d’entre nous : « Pour vous qui suis-je ? »

  • Jésus serait-il, simplement, comme certains le pensent, le symbole de notre désir de fraternité universelle !
  • Peut-on se contenter de voir en lui un homme, un homme exceptionnel dont le message a contribué largement à améliorer le sort de l’humanité ?
  • Jésus est-ce Dieu qui a fait semblant d’être homme en prenant une apparence humaine, sans partager pour de bon notre condition terrestre,
  • ou bien est-il véritablement, comme il l’a clairement affirmé, à plusieurs reprises « le Fils de Dieu devenu homme », le Verbe fait chair selon l’expression de saint Jean.

Quelle est la véritable identité de Jésus de Nazareth ?

A cette question personne ne peut rester indifférent, car elle est la clé de voûte de notre foi et elle interpelle tout homme sur l’essentiel de son existence.

A cette question capitale on ne peut répondre en toute vérité, que si on répond clairement à une autre question qui, elle aussi, est capitale : « Pourquoi Jésus de Nazareth est-il mort ? Quel est le sens profond de sa Passion et de sa mort sur la Croix ? »

Ces 2 questions ne sont pas liées artificiellement, car vous l’avez peut-être remarqué Jésus lui-même dans l’Evangile de ce jour, associe l’annonce de sa mort et de sa résurrection à la découverte et à la proclamation par les apôtres de sa véritable identité.

Cette identité que Pierre a découverte par la grâce d’une lumière intérieure « Tu es le Messie de Dieu », c’est un secret confié aux apôtres. Jésus leur interdit sévèrement de le révéler en expliquant qu’il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué et que le 3ème jour il ressuscite.

Pourquoi donc le Christ-Jésus est-il mort ?

On pourrait évidemment s’en tenir à l’explication la plus historique : les chefs religieux d’Israël, fous de jalousie, on vu en Jésus un être dangereux sur le plan doctrinal et surtout un rival dont il fallait à tout prix se débarrasser. Mais cette explication ne rend pas compte de la réalité. Dans les Evangiles, en effet, et surtout dans celui de Jean bien des paroles très explicites et mille détails nous orientent vers la véritable cause de cette crucifixion. Si Jésus dit : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, il faut qu’il soit tué... », c’est qu’il a conscience d’accomplir en tout cela la volonté de Dieu son Père, car il est venu du ciel « non pour faire sa volonté mais la volonté de Celui qui l’a envoyé ». Faire la volonté du Père, voilà sa nourriture, voilà sa raison de vivre et c’est là qu’il trouve sa joie. Jésus sait parfaitement tout ce qui l’attend et c’est avec lucidité que son amour accepte tout... par sa fidélité absolue à son Père et par le don total de sa vie aux hommes il va témoigner d’un amour insurpassable : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Ainsi donc, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est dans la mort de Jésus crucifié que nous sommes invités à reconnaître le visage que Dieu veut nous montrer de lui-même.

Qui est Jésus ? Mais c’est Dieu qui meurt par amour... Affirmer « Dieu est mort » comme certains le prétendaient il y a quelques années c’est faux, si l’on entend par là réduire Dieu à une idée enfantée par les hommes et qui serait désormais périmée...

C’est vrai, au contraire, si l’on veut exprimée par là que Dieu ne nous a pas montré de lui le visage d’un souverain triomphant et écrasant, mais plutôt le visage d’un crucifié, le visage le plus bouleversant de l’amour le plus authentique. Dans un texte parallèle saint Marc souligne combien cette Passion annoncée pour la 1ère fois par Jésus est une cause de scandale pour les apôtres. Ils n’acceptent pas d’entrer dans cette perspective parce qu’ils n’ont pas encore compris comment Dieu aime et sauve.

Et nous, frères et sœurs, avons-nous mieux compris ? S’il y a dans l’Evangile des paroles que nous n’aimons guère entendre ce sont celles qui font suite, dans le texte de saint Luc, à l’annonce de la Passion : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ». Avouons-le franchement, c’est presque à chaque instant que nous évacuons la croix hors de notre vie à nous. N’est-il pas vrai que ce que nous recherchons d’abord, c’est notre réussite, nos intérêts, notre confort, notre tranquillité, beaucoup plus que le don de nous-mêmes dans lequel nous devons « nous perdre » à cause du Christ ? Mais attention ! Nous dit Jésus « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, tandis que celui qui la perdra pour moi la sauvera ».

Vous le voyez, frères et sœurs, il s’agit là d’une exigence beaucoup plus radicale que le simple renoncement à des choses qui nous sont chères... Ce que Jésus nous demande, c’est de renoncer à nous-mêmes. Il nous invite par conséquent à une volte face de notre conception de la vie. Désormais ce n’est plus sur des biens matériels ou des valeurs imparfaites que nous devons baser notre vie, c’est sur Lui.

Telle est, frères et sœurs, la véritable attitude de foi : baser notre vie sur le Christ, miser notre vie sur Lui. Mais cela suppose que nous nous engageons à le suivre jusqu’au bout de son propre chemin qui est, ne l’oublions jamais un rude chemin de croix. Le disciple ne peut pas rêver d’un sort plus facile que celui de son maître. La foi au Christ conduit nécessairement à des choix douloureux, car elle nous enseigne l’Amour et l’amour, s’il est source de joie est aussi source de souffrance, nous en faisons tous l’expérience. Nous sommes donc amenés à conclure qu’on ne peut définir Jésus sans se définir en même temps soi-même par rapport à Jésus ;

- puisque Jésus c’est le Dieu fait homme,

- puisque Jésus c’est Dieu qui meurt par l’homme pour que l’homme vive et vive en plénitude de la vie même de Dieu dès ici-bas et pour l’éternité. Il est en définitive, celui par rapport à qui tout homme sauve ou perd sa vie.

Hors de Lui c’est la mort... En Lui tout est Résurrection et Vie...

Aujourd’hui même, frères et sœurs, chacun décide de la réussite parfaite ou de l’échec total de son existence en choisissant librement pour ou contre Lui.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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