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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 23:05

Si l’Eglise, en ce dimanche, nous propose comme évangile le miracle « de la tempête apaisée » c’est pour nous aider à grandir dans la foi.

Le récit se situe au bord du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée) que les disciples connaissent bien puisque quatre d’entre eux ont été appelés par Jésus au même endroit. C’est là qu’ils ont décidé de tout quitter et de le suivre pour la grande aventure de la foi.

Dans ce passage nous sommes étonnés par le contraste saisissant entre :

  • d’une part ce qui survient soudainement, c’est-à-dire l’agitation de la mer, la violence du vent qui se déchaîne entraînant la panique des apôtres, et,
  • d’autre part, la tranquillité souveraine, la sérénité et la paix de Jésus qui dort à l’arrière du bateau comme si de rien n’était, totalement indifférent à ce qui se passe autour de Lui.

Dans une parabole précédant le récit, il était question du Règne de Dieu comparé au grain semé en terre, que le semeur dorme ou qu’il soit debout, nous est-il rappelé, la graine germe et grandit. Le semeur Jésus dort parmi nous dans la barque, mais il est bien présent... Les apôtres eux sont marins, mais l’on comprend cependant leur inquiétude devant les éléments déchaînés... Affolés, ils réveillent le Maître et lui font ce reproche :« Cela ne te fait rien que nous périssions ? » Sont-ils à ce point aveuglés par l’angoisse pour penser que Jésus allait périr dans un stupide accident de bateau pour terminer ainsi, son ministère peu de temps après l’avoir commencé. Durant quelques instants, perdant leurs moyens, ils ont oublié qui était à leurs côtés dans cette barque.

L’angoisse des Apôtres, frères et sœurs, n’est-ce pas souvent celle de notre monde, celle de chacun d’entre nous : un mécanisme psychique que nous ne pouvons pas maîtriser sur lequel la raison et la volonté n’ont pas toujours de prise. Trop souvent nous nous laissons, nous aussi, envahir par des impulsions irraisonnées qui submergent notre affectivité et nous empêchent de voir en toute lucidité ce qui se passe autour de nous, nous laissant comme sans forces et désemparés.

  • Angoisse devant les dangers du monde, peur de la maladie et de la souffrance, et parfois de la mort...
  • Angoisse devant l’insécurité grandissante, dans un monde qui risque d’exploser un jour ou l’autre, tant son équilibre est instable.
  • Angoisse de tant de jeunes face à un avenir incertain.
  • Angoisse devant la haine et la violence.
  • Angoisse devant la déchristianisation et le manque de prêtres...

Jésus accepte de répondre à la demande angoissée des Apôtres et de même que la tempête est survenue soudainement, la mer va se calmer soudainement. Comment cela va-t-il se faire ? Nous voyons qu’avec une autorité souveraine Jésus s’adresse au vent et à la mer... Il faut savoir que dans la manière de voir de l’Ancien Testament, la mer c’est le lieu du chaos originel de la création. Elle est aussi cet abîme insondable, refuge des puissances hostiles à l’homme et à Dieu (c'est-à-dire des démons). Elle apporte le danger et par conséquent déclenche l’angoisse. Elle symbolise l’agitation et même le doute. Elle est un élément qui engloutit... Jésus s’adresse donc au « vent et à la mer », les menaçant avec force, « Silence, tais-toi ». C’est à un véritable exorcisme que nous assistons ici. Et ce n’est pas un hasard si saint Marc a repris exactement la formule qu’il avait utilisée au premier chapitre de son Evangile lorsque Jésus avait chassé des esprits impurs... Ainsi, en manifestant sa puissance et sa souveraineté sur les éléments déchaînés, Jésus montre qu’il est Dieu. Il agit avec la puissance divine, révélant ainsi à ses apôtres que c’est lui l’auteur de la création... Or seul l’auteur de la création à pouvoir sur elle. Jésus opère ici une œuvre de remise en ordre de cette création déchue, abîmée, déviée par le péché originel. La venue du règne de Dieu en la personne de Jésus est comme un nouveau commencement de la création. Une re-création après avoir apaisé la tempête, Jésus a reproché à ses apôtres leur manque de foi... Ne pensez-vous pas qu’il pourrait nous adresser bien souvent de même reproche ! Nous n’avons peut-être pas encore assez compris que croire, qu’avoir la foi, c’est avoir une confiance absolue illimitée en celui qui a pris l’initiative de nous emmener avec lui dans la barque de Pierre, la barque de l’Eglise pour nous faire passer sur l’autre rive : celle du merveilleux Paradis de Dieu où n’existeront plus la peur, les angoisses, la douleur et les larmes, où tout sera Paix et Joie inaltérables dans une parfaite communion à la vie infiniment bienheureuse de Dieu... Certains pourraient penser que la foi est facile, qu’il s’agit d’une possession tranquille, d’une certitude acquise une fois pour toutes. Nous savons qu’il n’en est pas ainsi : tous les chrétiens, les saints y compris, font l’expérience du doute, parfois même du désespoir. Dans les derniers mois de sa vie celle qu’on a appelé la plus grande sainte des temps modernes : sainte Thérèse de l’Enfant Jésus connut une terrible épreuve de la foi, une épreuve qu’elle surmonte en multipliant des actes de foi : « Je crois, disait-elle, parce que je veux croire... » Il est très important, en effet, de faire très souvent des actes de foi tout en demandant bien sûr la grâce de rester fidèle, coûte que coûte jusqu’au bout... Il importe aussi de bien comprendre qu’on ne peut croire sans aimer, celui qui a donné sa vie pour nous. La foi chrétienne ne saurait se réduire à un catalogue de vérités intellectuelles plus ou moins assimilées. Certes, la foi chrétienne a un contenu bien précis que nous professons dans le « Je crois en Dieu » de la messe, mais elle est avant tout une adhésion aimante à une personne : au Christ Ressuscité qui est notre Seigneur et notre Dieu. Il n’y a pas de foi sans confiance, une confiance aveugle, inconditionnelle qui ne veut s’appuyer que sur le roc inébranlable de l’Amour que Dieu nous porte... Le roc de sa miséricorde.

Prions beaucoup frères et sœurs, pour demander par l’intercession de Marie, la grâce d’une telle confiance et suivons les conseils si réconfortants que nous donne sainte Thérèse d’Avila « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie : tout à une fin... Dieu ne change point. La patience obtient tout. Qui possède Dieu ne manque de rien. DIEU SUFFIT ! »

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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