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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 23:05

Lecture du premier livre des Rois 1 R 17, 17-24

Après cela, le fils de la femme chez qui habitait Élie tomba malade ; le mal fut si violent que l’enfant expira. Alors la femme dit à Élie : « Qu’est-ce que tu fais ici, homme de Dieu ? Tu es venu chez moi pour rappeler mes fautes et faire mourir mon fils ! » Élie répondit : « Donne-moi ton fils ! » Il le prit des bras de sa mère, le porta dans sa chambre en haut de la maison et l’étendit sur son lit. Puis il invoqua le Seigneur : « Seigneur, mon Dieu, cette veuve chez qui je loge, lui veux-tu du mal jusqu’à faire mourir son fils ? » Par trois fois, il s’étendit sur l’enfant en invoquant le Seigneur : « Seigneur, mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant ! » Le Seigneur entendit la prière d’Élie ; le souffle de l’enfant revint en lui : il était vivant ! Élie prit alors l’enfant, de sa chambre il le descendit dans la maison, le remit à sa mère et dit : « Regarde, ton fils est vivant ! » La femme lui répondit : « Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu, et que, dans ta bouche, la parole du Seigneur est véridique ».

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates 1, 11-19

Frères, il faut que vous le sachiez, l’Évangile que je proclame n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus un homme qui me l’a transmis ou enseigné : mon Évangile vient d’une révélation de Jésus Christ. Vous avez certainement entendu parler de l’activité que j’avais dans le judaïsme : je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu, et je cherchais à la détruire. J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart des gens de mon peuple qui avaient mon âge, et, plus que les autres, je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères. Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère, dans sa grâce il m’avait appelé, et, un jour, il a trouvé bon de mettre en moi la révélation de son Fils, pour que moi, je l’annonce parmi les nations païennes. Aussitôt, sans prendre l’avis de personne, sans même monter à Jérusalem pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie ; de là, je suis revenu à Damas. Puis, au bout de trois ans, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours avec lui. Je n’ai vu aucun des autres Apôtres sauf Jacques, le frère du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7, 11-17

Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l'on transportait un mort pour l'enterrer ; c'était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas ». Il s'avança et toucha la civière ; les porteurs s'arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi ». Alors le mort se redressa, s'assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.

La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple ». Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

Homélie

Après le récit de nous venons d’entendre nous nous trouvons en face de la grande révélation de l’Evangile écrit par saint Luc : celle de la tendresse de Dieu.

Une seule phrase, ainsi que le mot pitié, nous disent tout. A la vue de cette mère écrasée par la douleur le Seigneur eut pitié et il lui dit : « Ne pleure pas... » A sa vue, comprenons bien que, Jésus qui regarde, c’est Dieu qui regarde. Nous n’entrons dans l’Evangile que le jour où nous réalisons bien cela : Jésus est le regard humain de Dieu. Par Jésus, Dieu nous dit comment il nous regarde. Cela ne nous est pas révélé par les philosophes, ni même par les théologiens, mais par la réaction de Jésus qui, un jour, à la porte de Naïm, a vu une veuve près du brancard où gisait son fils unique. 

« Jésus, dit Luc, eut pitié ». C’est un mot qui a une force de révélation sur laquelle tous les exégètes insistent. Il signifie : être bouleversé, pris aux entrailles. Dans les Evangiles il n’est employé que pour parler de l’amour de Dieu envers les hommes. Jésus a « pitié » de la foule, des malades ; le père de l’enfant prodigue est « bouleversé de pitié » en revoyant son fils. Pouvons-nous imaginer que Dieu se joue de nous en nous faisant dire qu’il a pitié ?

Ici, il le montre. Jésus, bouleversé par un des plus grands malheurs de notre terre, c’est Dieu lui-même qui entre dans la souffrance humaine, en ne pouvant pas la supporter plus que nous : « Ne pleure pas ! » Compassion efficace.

D’un mot, avec la simplicité de la plus totale puissance, il redonne la vie : « Lève-toi ! » Un geste délicat achève de nous montrer qui est Dieu : « Il le redit à sa mère ».

Certains objecteront : « Il ne m’a pas rendu le mien... il ne m’a pas rendu ma femme qui avait trente ans... Il ne nous a pas rendu ce jeune prêtre pour lequel nous avions tant prié ». Oui, c’est toujours le même malentendu. Jésus n’est pas venu et il ne vient pas pour réparer ici ou là une souffrance, il vient tout réparer. Cette résurrection de Naïm est à la fois un geste de tendresse puissante et le signe d’une tendresse immensément plus puissante : Dieu à l’œuvre pour le salut du monde et notre vie éternelle. Dans quelle inimaginable détresse serions-nous si devant chaque mort nous devions penser : tout est fini, tout.

Bien sûr, la maman a surtout vu son bonheur immédiat. La foule, déjà, voit autre chose : « Dieu a visité son peuple ». Nous, lecteurs actuels de l’Evangile, nous devons – même dans un grand malheur – laisser ce signe de Naïm nous ouvrir à toute la mystérieuse réalité de la visite du Seigneur.

La tendresse de Jésus nous révèle que nous sommes aimés. Par lui, Dieu nous fait la visite la plus impensable : venir en personne nous voir, prendre sur place les mesures exactes de tout le travail de rédemption et de résurrection.

Oui, mais là, frères et sœurs, notre intelligence cale : que ce travail ait conduit Jésus la croix, que ce travail laisse, jusqu’à la fin du monde, des parents broyés à jamais, des violences et des égoïsmes terrifiants, comment le comprendre ? Où sont les mesures et le regard de Dieu ? Nous voudrions au moins qu’il s’explique, qu’il nous explique.

Or, il le fait, c’est ce qu’on appelle la Révélation, c’est-à-dire tout ce que, par la Bible, Dieu a mis progressivement à la portée de notre intelligence et de notre cœur : ses vues, son travail de création et de rédemption, ses patiences, son amour. Son Amour Divin qui dépassera toujours, en amplitude et en profondeur, ce que nous pouvons comprendre.

Il n’est pas défendu de le questionner, c’est même une manière d’aimer un Père, tous les parents le savent. Mais il faut que cela reste le dialogue d’un homme qui questionne Dieu en sachant bien qu’il recevra les réponses qui sont de l’ordre du mystère et donc qui le dépassent.

Souvent quand survient un malheur nous disons : « Seigneur, après tout ce qui nous écrase en ce moment comment penser que tu nous aimes, tu as laissé faire, tu es loin et tu te tais ». Mais Jésus répond : « Tu te trompes, je ne suis pas loin. Je suis venu jusqu’à Naïm. Je ne me tais pas... » Quand j’ai dit : « Lève-toi à Naïm, je le disais à tous, à tous les écrasés de la vie et aussi à tous les morts ».

Jusqu’au bout un homme peut se lever, guéri dans son corps ou, ce qui est bien plus important dans son âme : et un jour, il faut y croire très fort, tous les hommes se lèveront dans la joie infiniment comblante de la Résurrection.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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commentaires

Carlito 10/06/2016 09:58

Quelle belle Espérance en cette année de la Miséricorde ! Merci à l'Abbé COUSTY de nous ouvrir à l'Amour infinie de Dieu !

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