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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 08:38

Jeunesse de Fra Angelico

Le Bienheureux Fra Angelico s'appelait Guido Di Pietro. Il eut au moins un frère et une sœur. La date de sa naissance doit être fixée selon toute vraisemblance en 1387. Tandis qu'il était encore en bas âge, sa famille se fixa à Florence, à un moment où les arts sont florissants. Ainsi, encore jeune, Guido put s'initier à l'art de la peinture et de la miniature dans un lieu privilégié, auprès d'un maître incontesté, Lorenzo Monaco, un moine camaldule, qui dirigeait la plus considérable école d'enluminure et de peinture sur bois de la ville.

Vers la vie religieuse

Mais à la même époque il subit une autre influence, qui allait orienter toute sa vie, celle des disciples de la sainte réformatrice dominicaine Catherine de Sienne, décédée en 1380. Ces disciples tentaient alors de ramener les ordres monastiques à une plus grande observance. Dans la ligne de ce mouvement, le dominicain Giovanni Domini fonda en 1406 un monastère de stricte observance, sur les collines de Fiesole à quelques kilomètres de Florence.

Vierge à l'Enfant et saint Dominique

Fra Angelico, jeune dominicain

C'est là que Guido entra en 1407, prit l'habit des dominicains et devient Fra Giovanni. À cette époque l'Église était troublée par le grand schisme et les dominicains avaient pris partie pour le pape de Rome Grégoire XII. Pour fuir la persécution des partisans de l'antipape, ils durent s'enfuir de Fiesole et se réfugièrent à Foligno, où ils y demeurèrent huit années. Fra Giovanni fut probablement ordonné prêtre durant cet exil en 1412. C'est là aussi qu'on trouve sa première œuvre de celles qui nous sont restées : une fresque qui représente saint Pierre martyr, qui fut en 1252 le premier martyr dominicain.

Fra Angelico à Florence

Le 11 novembre 1417 avec l'élection de Martin V prit fin le grand schisme. Progressivement les frères exilés à Foligno se rapprochèrent de Florence. Mais les frères ne purent pas revenir directement à Fiesole et durent s'installer à Florence, au couvent Santa Maria Novella. Durant ce séjour de trois ans, Fra Angelico réalisa plusieurs peintures pour différentes églises ou monastères. Le laps de temps entre la commande passée et le paiement final témoigne d'une rapidité d'exécution qui restera toujours sa marque, preuve d'une très grande sûreté dans la conception de ses œuvres.

En 1420 Fra Angelico put revenir à Fiesole. En plus de son travail d'enluminure, il décora son propre couvent et les autres églises de Fiesole. Fra Angelico était devenu un maître et il possédait une importante école qui lui permettait de répondre aux différentes demandes.

La spiritualité dans l'art pour Fra Angelico

L'œuvre de Fra Angelico est plus ancrée dans la réalité humaine que celle, souvent très idéalisée et très statique, de ses prédécesseurs, et à la fois beaucoup plus immatérielle. Pour lui, rendre gloire à la nature spirituelle du réel ne signifie pas tourner le dos au réalisme, mais au contraire le magnifier. À cette époque vivait dans le même couvent un certain Antonino Pierozzi, qui deviendra saint Antonin en 1523. Fra Angelico dut bénéficier des idées d'Antonin sur l'art sacré : "La beauté des créatures mène à la connaissance du créateur" et les images religieuses n'ont pas d'intérêt "en et par elles-mêmes, mais parce qu'elles amènent le fidèle à dépasser la représentation de l'objet de culte". Fra Angelico ne pensait pas autrement, lui qui ne s'abaissa jamais aux sujets profanes, et professait qu'on ne pouvait pas peindre le Christ sans vivre à l'imitation du Christ. En tant que membre de l'ordre des frères prêcheurs, sa prédication se faisait par le pinceau.

Le Jugement dernier

Une renommée "internationale"

À partir de 1430 la renommée de Fra Angelico dépassait très largement les frontières de son ordre monastique et aussi Florence. 

Il exécuta plusieurs œuvres imposantes à Florence où les Médicis commençaient à s'imposer, puis à Cortone et Pérouse.

La diffusion de la réputation de Fra Angelico fut sans doute favorisée par l'extension rapide de la mouvance de l'observance au sein de l'ordre dominicain et pour laquelle Fra Angelico avait pris parti dès le début de sa vie religieuse. En effet, en 1435 saint Antonin parvint à y rallier le maître général de l'ordre.

Le couvent Saint Marc à Florence

Depuis longtemps les dominicains de l'observance souhaitaient occuper un couvent à Florence même. Ce fut chose faite en 1436 où le couvent saint Marc, occupé par des Sylvestrins très relâchés, fut attribué aux dominicains de l'observance. Fra Angelico, qui pour lors était à Fiesole, intégra le couvent saint Marc de Florence en 1438. Il fallut moins de 5 ans pour réaliser un colossal travail iconographique de plus de 50 peintures qui décoraient les cellules et lieux communautaires du couvent saint Marc. À l'époque saint Antonin était prieur du couvent. C'est donc dans un esprit vraiment surnaturel que ce travail a été réalisé comme en témoigne actuellement les fresques des cellules, qui imposent le silence et qui poussent au recueillement avec une autorité presque surnaturelle. Ces peintures sont d'un dépouillement extrême, conformes bien sûr à l'idéal de pauvreté monastique, mais qui expriment aussi une intensité spirituelle peu commune. Le peintre voulait éviter tout ce qui pouvait distraire de l'essentiel : la méditation des mystères de l'Incarnation et du Salut.

Un peintre infatigable

Fra Angelico a eu l'occasion d'exercer plusieurs fois des charges dans sa communauté, celle de prieur ou celle d'économe. À cette occasion il manifesta une fidélité sans faille à la stricte observance.

Le couvent de saint Marc devint un couvent de prestige, la vitrine monastique de la magnificence de Florence. Mais ce fut au détriment de l'idéal de pauvreté et le couvent ce mondanisa un peu. Alors Fra Angelico se retira au couvent de Fiesole, mais ce fut pour peu de temps car le pape Eugène IV l'appela à Rome à la fin de l'année 1445 pour deux ans. Ce séjour romain fut extrêmement fécond : il réalisa plusieurs oeuvres pour le couvent de la maison générale et pour le Vatican.

Au printemps 1447 Fra Angelico alla à Orvieto, pour décorer une chapelle où était gardée la célèbre relique d'un miracle eucharistique, qui eut lieu dans cette ville en 1263. Malheureusement il ne put finir son travail.

En 1447 Eugène IV mourut et fut remplacé par Nicolas V, qui demanda d'autres travaux à Fra Angelico.

Les dernières années

Le 10 juin 1450 Fra Angelico était de retour à Fiesole pour prendre la charge de prieur à la place de son frère de sang Benedetto, qui venait de mourir. Deux ans après, à la fin de son priorat, il put reprendre son activité de peinture malgré son âge ; il avait plus de 60 ans.

Le 18 février 1455, Fra Angelico rejoint la compagnie des anges en s'éteignant, non pas à Fiesole mais à Rome. À la demande du pape, il reçut une sépulture digne de son génie, privilège rare pour un simple religieux.

Éloge de Fra Angelico

Selon son premier biographe Vasari :

"Il fut d'une profonde humanité, sobre, menant une vie chaste, et échappa ainsi aux pièges du monde. Il disait souvent que pour s'adonner à son art, il fallait une vie calme et sans soucis, et que, si l'on travaillait pour le Christ, il fallait vivre sans cesse près du Christ... Il fut en somme dans ses actions et dans ses paroles toute humilité et toute modestie, et dans sa peinture d'une piété sans complication... Fra Giovanni, dit-on, n'aurait jamais touché ses pinceaux sans avoir auparavant récité une prière."

Pie XII a voulu l'honorer en ouvrant en 1955, l'année du 5ème centenaire de sa mort, la cause de sa béatification. Saint Jean-Paul II lui accorda officiellement, par un motu proprio du 3 octobre 1982, le rang de bienheureux que ses contemporains lui avaient déjà conféré au lendemain de sa mort. En 1984 il en fera aussi le patron universel des artistes. Il est fêté le 18 février.

Source : https://www.traditions-monastiques.com/ Sur notre boutique religieuse nous proposons des icônes ou diptyques qui reprennent des œuvres du bienheureux Fra Angelico, un religieux dominicain et peintre de talent du XIV-XVème siècle, qui sut allier peinture et contemplation des choses divines ; bien plus son art fut comme un moyen de transmettre aux hommes ce qu'il avait contemplé à l'ombre et dans le silence du cloître.

Le tombeau de Fra Angelico

 

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