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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 13:14

 

Biographie

Né à Neuchâtel le 21 janvier 1897, Maurice Zundel est influencé par sa grand-mère maternelle, protestante, qui lui donnera le goût de l’Évangile et éveillera en lui un sens critique que le catholicisme étroit et fermé de l’époque ne connaît pas.

L’année de ses 15 ans, un ami protestant lui fait véritablement découvrir la Présence de Dieu et confortera définitivement sa vocation pour la prêtrise à laquelle il se destine depuis longtemps. A la même époque, il fait une rencontre mystique avec la Vierge Marie et remet dès lors toute sa vie entre ses mains.

Après avoir fréquenté l’école publique à Neuchâtel, il rejoint le collège de l’abbaye d’Einsiedeln d’où il gardera un souvenir ébloui de la liturgie et le goût du silence. Il étudie ensuite la théologie à Fribourg et y ordonné prêtre en 1919.

La découverte de la pauvreté

Nommé vicaire à Genève, il abandonne rapidement l’enseignement sec des dogmes et le système thomiste enseignés à l’université pour une vie de témoignage de l’amour divin basé sur la relation, la générosité et l’attention aux pauvres.

Influencé par la pensée de François d’Assise, la pauvreté prend une place essentielle dans sa vie : il n’aura de cesse à vivre et à appeler à la désappropriation de soi, seule voie pour répondre à l’Amour divin, seule façon d'être vraiment libre.

Jugé trop original par son évêque, il est exilé et envoyé en Italie (il obtient un doctorat en philosophie à Rome en 1927), en France et en Angleterre. En 1939, il se rend au Caire où, retenu par la guerre, il sert comme aumônier du couvent de Matarieh tout en côtoyant l’Islam et le Coran. Dès 1946, il est nommé prêtre-auxiliaire à Lausanne, où il restera jusqu’à sa mort le 10 août 1975.

En 1972, il répond favorablement à l’invitation de Paul VI (avec lequel il avait lié amitié à Paris en 1928) en prêchant une retraite de carême au Vatican ; cela lui vaut sans doute d’être dès lors officiellement accepté par l’Église.

Il laisse une œuvre considérable, composée d’une vingtaine d’ouvrages, ainsi que de nombreux articles et conférences. Plusieurs ouvrages posthumes sont basés sur des enregistrements de conférences et d’homélies. Si Zundel se laisse interroger par son époque – on le constate dans les références nombreuses aux penseurs de son temps (Camus, Marx, Bachelard, Rostand ou encore Einstein) – sa réponse se situe au-delà de l’espace et du temps car elle révèle la pure et intemporelle intériorité humaine.

Chemin de croix

Texte de Maurice Zundel, Le Caire en 1941. Non édité.

La misère de l'homme, c'est d'avoir trahi Dieu

Aucune injustice humaine ne sera vraiment réparée, tant que ne l'aura pas été cette injustice envers Dieu.

Nous nous accusons tous mutuellement et nous sommes tous coupables. Et les plus coupables, c’est nous chrétiens médiocres, qui multiplions partout le signe de la Croix, en oubliant la détresse infinie qui implore sa délivrance de tous les refus d'amour qui sont la cause de son supplice.

1ère station. Jésus est condamné à mort.

Nous avons tué Dieu ! ...

Nous nous sommes servis de notre liberté pour refuser d'accomplir notre destinée. Immensité de notre infortune... Si nous l'avons tué par notre refus d'amour, nous pouvons donc par notre amour, alléger sur ses épaules, le poids de ce monde. Demandons à notre cher Seigneur de nous donner le sens de notre liberté. Mettons notre vie à sa disposition et à son service, en faisant toutes choses, même les plus petites comme grandes, à cause de la majesté de Dieu qui les fait en nous.

2ème station. Jésus est chargé de sa Croix.

L'homme croit que la grandeur est dans la puissance.

Regardons Jésus chargé de sa Croix, sans rien perdre de sa grandeur, car il est tout don, toute dépossession.

Rencontrer l'humilité de Dieu qui a toujours séduit les grandes âmes. Mettons‑nous à son école, afin de mieux comprendre le sens de la grandeur vraie.

Dépouillons-nous de cette gangue obscure qui écarte la lumière et faisons de tout notre être un élan d'amour vers Dieu.

3ème station. Jésus tombe sous le poids de sa Croix.

Qu’est-ce que la puissance de Dieu, sinon l'Amour ? Il pourrait écraser et pulvériser ce monde qui lui résiste et le rejette. Mais il tombe sous le poids de la Croix pour expier nos refus.

Il ne peut qu'Aimer toujours et éternellement même ceux qui ne l'aiment pas, même ceux qui le crucifient.

La puissance de Dieu est une puissance qui, éternellement et implacablement, poursuit l'homme de son Amour. Elle est le miracle de l'intervention de l'Esprit soulevant la matière, parce que Dieu est tout à nous en face du Christ succombant. « Dieu est celui qui tient l'homme dans sa main et l'homme est celui qui tient Dieu dans sa main ». (Coventry Patmore)

4ème station. Jésus rencontre sa Sainte Mère.

L'Histoire de l'univers est un élan dans un acte d'Amour. La vocation de l'homme est de libérer le monde reçu de Dieu en un don offert par la pensée et l'Esprit.

En Jésus, il n'y a plus de "moi ". Son "moi" c'est Dieu, et c'est dans cette pauvreté infinie de son humanité, que gît la sainteté du Christ.

La Vierge Marie l'a compris. Elle est là pour consommer cette maternité où rien ne lui revient et où elle reçoit, en plein cœur, la grande blessure qui n'aura point de fin tant que tous ses fils ne sont point identifiés à son Fils.

Elle recueille l'agonie de nos âmes, en nous offrant la Croix dans un cœur de Mère, comme le don suprême de la Pauvreté divine à la pauvreté humaine. Elle est l'Ève nouvelle à côté du nouvel Adam, ouvrant ainsi l'humanité nouvelle où tout est don et Amour.

La voie est ouverte : à nous d'entrer toujours davantage à leur suite, dans cet abîme de pauvreté et de dépossession.

« Regarde-moi, aperçois-tu en moi quelque chose qui ne soit Amour ».

Celui qui est enrôlé au service de Dieu, ne s'embarrasse pas dans les affaires du siècle ; il ne s'occupe qu'à plaire à celui à qui il s'est donné.

5ème station. Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa Croix.

La puissance est dans l'Amour et la Création tout entière attend d'être affranchie de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. (Rom. 8:20-22)

Tout est à faire et à créer, et il ne nous est pas demandé moins que de devenir les "collaborateurs de Dieu" dans l’œuvre de pur Amour qui doit faire de toute créature, le reposoir de sa tendresse.

À l'exemple du Cyrénéen, aidons Jésus à soulever le poids de ce monde pour le porter vers sa destination spirituelle. Il nous le demande. Le sens moral de l'Univers et sa direction théocentrique nous sont confiés pour que nous formions le oui qui lui a donné l'être, en une offrande d'amour, dans le consentement de notre liberté. Aventure immense où l'homme va à la rencontre de Dieu. Il faut sauver Dieu de nos refus d'amour qui mettent en échec l'achèvement spirituel de la Création.

L'aide que Jésus nous demande, c'est notre libre consentement et notre adhésion et celle de nos frères à l'achèvement de son œuvre.

Sachons discerner Jésus sous son vêtement d'humilité, mettons-le au premier plan de notre amour dans un don gratuit et une consécration de tout notre être à son Amour.

6ème station. Une femme pieuse essuie la Face de Jésus.

Son amour la mettant au-dessus toute crainte, elle s'approche de Jésus, essuie ce visage défiguré...

Nous avons fait de Dieu une caricature à notre image, nous lui avons donné nos limites et nous l’avons défiguré ! Le mystère de Dieu ne peut s'exprimer ; c’est en adhérant à Jésus-Christ que nous dégageons l'image de Dieu.

Il faut nous effacer tellement en Jésus, que les autres n'aperçoivent plus que lui en nous, et que resplendisse le beau visage du Christ. Tout ce qui obscurcit en nous la splendeur du visage divin ou limite le rayonnement de son Amour, tout ce qui intercepte le courant de grâce qui rend les âmes intérieures les unes aux autres en les rendant intérieures à Dieu, est un attentat contre l'ordre essentiel de l'Univers.

Que je me perde donc en vous, Seigneur, et que je sois, séparée de tout ce qui me sépare.

7ème station. Jésus tombe pour la deuxième fois.

L'Amour a une force de gravitation qui déplace le centre de la vie en l’être aimé pour ne plus vivre que de sa vie.

Dieu nous a appelés à l'exercice de ce privilège de son être, qui est de faire de notre être un don, autant que le comporte notre nature. Dieu nous aime d'un Amour paternel, comme nous l'aimons d'un amour filial. Et il transfère sa vie en nous comme nous transférons notre vie en lui.

« Je suis dans le Père, et vous en moi, et moi en vous ».

Dieu vit notre vie comme nous vivons la sienne, suivant la mesure de notre amour et du don de nous-même. Il est si facile de prononcer les mots qui signifient le don de soi-même, et il est si difficile d'en remplir la promesse.

Quand il n'y a plus rien à recevoir, quand vient l'heure de donner, c'est-à-dire, en vérité, quand vient l'heure de l’amour nous ne reconnaissons plus le visage dont notre ferveur implorait la Présence. Nous repoussons le calice d'amertume, nous nous détournons de la Croix et notre cœur n'est qu'une plainte contre l'injustice du sort.

Cette plainte, le Christ la comprend si bien ! Il ne se lasse pas de nos gémissements, lui qui a été saisi d'effroi devant sa Croix et qui a donné à la solitude humaine le refuge mystérieux d'une angoisse infinie :

« Père, si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi ».

Mais ce n'est pas toujours possible, hélas ! Il y a des biens si grands que notre cœur doit se rompre pour leur donner accès. Comment l’infini, pour s'intégrer dans notre vie n'en ferait-il pas éclater les limites ?

Lorsque le don commence à nous peser, que la fatigue nous paralyse, regardons Jésus qui, portant sa Croix, partage dans cette chute notre accablement. Et disons-nous qu'à chaque refus son agonie recommence.

« Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde nous dit Pascal, Il ne faut pas dormir pendant ce temps-là ».

Notre tristesse ne sera plus désormais ce repliement de l'âme qui se retranche dans ses blessures, mais la douleur de voir l'Amour méconnu et son règne retardé.

8ème station. Jésus console les filles d'Israël.

Le Dieu vivant, le Dieu de Jésus-Christ, n'est pas un Dieu abstrait qui plane au-dessus des mondes dans une béatitude indifférente et lointaine. Notre Dieu est vivant comme une flamme brûlante. Il est le don de la tendresse divine à chacun de nous, dans un Amour unique et total.

Pendant ce chemin du Calvaire, le monde entier pèse sur ses épaules et pourtant, il voit ces femmes d'Israël, il domine ses douleurs et compatit à leur détresse. Charité personnelle et unique, celle de sentir la détresse des âmes. Ne connaît-il pas, infiniment mieux que nous, nos angoisses, n'est-il pas mère plus que toutes les mères ? Nous ne pouvons prétendre aimer Dieu, si nous n'aimons pas nos frères.

À l'exemple de notre Seigneur, tâchons de consoler et d'alléger les chagrins et les douleurs de ceux qui nous entourent. La sainteté, c'est la joie des autres.

9ème station. Jésus tombe pour la troisième fois.

Nous sommes trop spirituels pour ne pas tendre vers l'infini et nous sommes trop charnels pour ne pas désirer les êtres sensibles qui sont à notre portée. Tragédie de l'homme entraîné vers des chutes continuelles et blessure au cœur du Christ qui voit l'inutilité de son Sang pour un si grand nombre de pécheurs. Cette pensée cruelle afflige son cœur plus que tous les supplices et le conduit au désespoir.

Le Christ est dans une solitude qu'il faut consoler et combler :

« Regardez et voyez, s'il est une douleur semblable à la mienne ».

Il est des moments où nous crions grâce ! Nous voudrions donner notre démission dans un suicide silencieux.

« Éloignez de moi l'opprobre et le mépris, car j'ai cherché votre loi, Seigneur, hâtez-vous de me délivrer ».

Mais est-ce possible que le calice s'éloigne de nous quand le Fils unique n'a pu être épargné ? Ne faut-il que le grain meure avant de porter du fruit ?

Me voici, Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Quoi que vous me donniez, Seigneur, donnez-vous d'abord, vous-même, car c'est vous que je cherche, vous que je connais à peine, vous qui m'attirez avec tant de force, vous qui me délivrez de moi-même, vous qui êtes mon pain et mon vin.

10ème station. Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Les drames de l'argent et les tragédies de la chair révèlent les mêmes abîmes : ce n'est pas la richesse qui te fera pareil à Dieu, ni les excès de la chair.

Ce mouvement d'horreur qui saisit l'homme lorsqu'il a refusé d'adhérer au plan divin inscrit dans sa conscience qu’il s'est fait une ceinture pour sauver sa honte. Ayant perdu son innocence, ce geste indique beaucoup moins la nudité de son corps, que la misère et le vide de son âme. Folie criminelle des conquérants : ce n'est pas en accumulant des oripeaux qu'on peut le combler, ni en rusant avec la vie par la profanation de son but... Notre mal, en vérité, est plus profond que toutes les détresses apparentes et que toutes nos violences de chair : c'est l'Amour d'un Dieu méconnu qui saigne dans nos cœurs.

Et c'est par une exigence implacable de vérité, que Jésus, vêtu de sa sainteté et de son innocence, voulut mourir nu sur la terre nue. Il ne s'agit pas d'avoir, il s'agit d’être. « Bienheureux les pauvres en esprit », dit le Seigneur. Cherchons le chemin qui conduit à Jésus dans le dépouillement et la pauvreté, comme les Saints. Il ne s'agit pas de réussir, mais de s'accomplir. Pourquoi ne deviendrai-je pas sainte comme eux ?

Faites, mon Dieu, que je me démette de moi, que je vous laisse toute la place et que je sois le vitrail purement diaphane où transparaît votre face.

11ème station. Jésus est attaché à la Croix.

« La lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière ».

On ne peut exprimer d'une manière plus tragique, le mystère de notre liberté et ce pouvoir d'exil que nous avons à l'égard de Dieu même.

« Il vint dans son domaine et les siens ne l'ont pas reçu ». Il était l'Amour et l'Amour ne se révèle qu'à l'Amour et ne peut régner que par lui. Nous le croyions absent, tandis qu’il était à la porte de nos cœurs, l'offrande silencieuse de l'Amour.

Alors il sortit de son silence et sans cesser d'être l'invisible et l’ineffable, il en exprima pourtant le mystère dans ce qu'il y a de plus effacé et de plus silencieux ici-bas : la Pauvreté, la sainteté et la mort. Jésus montre ses plaies : c'est Dieu jugé, accusé, et condamné par l'homme qui le crucifie !

« O mon peuple, que t'ai-je fait, et en quoi t'ai-je affligé ? »

« Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes et tu ne l'as pas voulu ! » (Math. 22:37)

N'est-ce pas l'énoncé le plus saisissant de la divine tragédie ? « J'ai voulu, moi, mais toi tu n'as pas voulu ». Aussi bien, l'enfer n'est pas la vengeance d'un Dieu, puisqu'il se meurt éternellement d'Amour. Dieu exauce toujours l’homme, c'est l'homme qui, trop souvent, refuse d'exaucer Dieu.

Nous devrions trembler d'inquiétude et d'angoisse, non pas pour notre salut, mais pour le salut de Dieu dans les âmes. Il s'agit de sauver Dieu qui s'est confié à nous, et qui nous a confié sa cause, nous ses disciples. Nous avons le devoir ineffable d'aider le Dieu crucifié en compatissant à sa douleur, avant de nous attendrir sur la nôtre, en nous efforçant de guérir cette blessure qui fait saigner son Cœur.

Nous pouvons nous donner aussi gratuitement à Dieu que lui se donne à nous. « Donne-moi ta vie telle qu'elle est, et j'en ferai ma vie telle qu'elle est ». Notre vie est un don reçu de Dieu et nous pouvons en faire un don donné. Comment ne pas faire déborder notre reconnaissance à ce Dieu qui établit entre lui et nous cette mystérieuse égalité.

Les pauvres ne souffrent-ils pas vis à vis des riches de n'être nécessaires à personne ? Or voici que nous sommes sollicités par Jésus pour l'aider dans son œuvre rédemptrice.

12ème station. Jésus meurt sur la Croix.

Ce n'est pas Dieu qui s'est absenté de l'homme, c'est l'homme qui a tari la source d'Amour, par son refus et par son absence.

Il est venu habiter parmi nous, et nous l'avons écrasé par nos limites et notre égoïsme et nos lâchetés... nous l'avons exilé et crucifié !

« Soumis à un supplice d'une main non humaine, mais toute puissante, Jésus est seul dans la terre, non seulement qui partage sa peine, mais qui la sache ». (Pascal : Mystère de Jésus)

Mon cœur n'attendait plus que l'opprobre et la misère et j'ai cherché quelqu'un qui s'attristerait avec moi et il n'y eut personne ! Quelqu'un qui me consolerait et je ne l’ai point trouvé !

Il est l'Amour abandonné de tous. Fils de l'Homme, il est solidaire de tous les refus d'amour de tous les hommes, il ne peut en échapper. Il est aussi solidaire de Dieu, étant Fils de Dieu.

Il se trouve ainsi à la croisée des chemins pour souffrir tous les coups de Dieu à l'homme et tous les coups de l'homme à Dieu. Il va mourir de cette mort indicible qui vient du dedans, où l'âme est atteinte et broyée, dans les plus intimes secrets de son être, avant même que le corps ait pu sentir ses blessures.

Il va mourir de cette mort unique en son atrocité où la mort mystérieuse de l'âme crucifiée par le grand anathème et la foudroyante absence précipite l'agonie du corps suspendu et le livre à cette mort visible qui n'est qu'un écho de la mort de l'âme.

L'Amour meurt de ce qu'il n'est pas aimé.

13ème station. Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère.

Maintenant se consomme le martyre de Marie.

Le coup de lance ne pouvait plus atteindre le Cœur de Jésus qui ne battait plus, mais il pouvait blesser Marie. Elle était seule à voir son Fils dans cette lumière : que Jésus est Dieu et que les hommes l'ont tué ! Sa maternité divine est consommée, maintenant, comme est consommée la Rédemption.

Il faut que l'amour soit prêt à tout donner, sans rien recevoir. C'est dans cette mort du cœur, qu'il atteint toute sa vérité ; et c'est au-delà de cette mort, qu'il ressuscite avec des profondeurs éternelles, comme c'est par cette mort qu'il réalise toute sa fécondité créatrice et toute sa puissance de Rédemption.

Comment ne pas consoler cette Mère que Jésus sur la Croix nous confia ? Nous pouvons le faire chaque matin à la Messe, en nous identifiant à lui : « Ceci est Mon Corps, Ceci est Mon Sang ».

Pour que ces mots aient toute leur réalité, pour qu'ils ne soient point usurpés dans notre bouche, ne faut-il pas que la Consécration soit en quelque sorte le symbole de notre désappropriation, le sacrement de la dépossession, du dévêtement de soi, comme la Communion est le sacrement de notre assimilation toute intérieure, toute spirituelle au Sauveur?

Il n'y a d'autre raison à la Passion de Jésus-Christ que nos refus d'amour. Nous pouvons par notre amour, nourri de son immolation et de sa mort, annuler les raisons des souffrances du Christ, nous détachons Jésus de la Croix et nous consolons Marie en le lui rendant et en lui disant : « Femme, voici votre Fils ».

Et puisque le Christ l'a donnée comme Mère de tous les hommes, la Communion avec le Christ doit s'accomplir, en cette communion avec tous les membres du Christ.

Le mal suprême est cette blessure divine que chacun de nous, à sa mesure, peut guérir ; et nous découvrirons avec stupeur, sans doute, un jour, qu'au plus fort de la détresse, le disciple qui donne sans retour, a secouru le Christ qui est « en agonie jusqu'à la fin du monde ».

Ayons toujours ce souci d'apaiser aujourd'hui sa douleur.

14ème station. Jésus est mis dans le Sépulcre.

Tout est consommé !

La catastrophe s'est irrémédiablement accomplie au regard des disciples atterrés... Il y a bien dans leur souvenir des lueurs de Résurrection, mais l'évidence la plus brutale de la mort de celui en qui ils avaient cru, leur laisse un sentiment cuisant et douloureux d'un échec lamentable !

Et pourtant, se disent-ils, nous espérions jusqu'à la fin, que ce serait lui, le Sauveur d’Israël !

Cherchons, comme les saintes femmes, un geste à notre portée. Jésus est venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons débordante.

Est-ce que la misère, en effet, n'est pas l'objet propre de la miséricorde ? Le dernier mot qu'il leur adresse est un testament de joie :

« Je vous ai dit ces choses pour que Ma Joie soit en vous, et que votre Joie soit complète ». (Jn. 15:11)

Jésus nous donne sa Croix pour tarir la source de la douleur.

Source : http://www.mauricezundel.com

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