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8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 21:45

Thérèse-Bénédicte de la Croix(1891-1942)

Philosophe et carmélite, Édith Stein vient au monde dans une famille juive le 12 octobre 1891. En 1921, la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila l’incite à se convertir au catholicisme. Elle est habitée par une spiritualité de la Croix. Elle meurt, victime de la shoah le 9 août 1942.

Édith Stein est née à Wroclaw (à l'époque Breslau) en Silésie le 12 octobre 1891 le jour de Yom Kippour, la plus grande fête juive. Elle est la benjamine d’une famille juive orthodoxe de onze enfants élevés par leur seul mère. À quatorze ans, Édith perd la foi en Dieu : "En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier". Elle se tourne vers la raison et obtient brillamment son diplôme de fin d'études secondaires en 1911. Elle commence des cours d'allemand et d'histoire à l'Université de Wroclaw, plus pour assurer sa subsistance à l'avenir que par passion, la philosophie étant son véritable intérêt. En 1913, elle fréquente les cours de Edmund Husserl, philosophe juif, à l’université de Göttingen et rédige auprès de lui sa thèse en phénoménologie sur l’empathie. À Göttingen, Édith Stein rencontra aussi le philosophe Max Scheler. Cette rencontre attira son attention sur le catholicisme. Alors qu'éclate la première guerre mondiale, elle s’engage comme infirmière dans un hôpital militaire autrichien. Elle soigne les malades du service des maladies infectieuses, travaille en salle opératoire, voit mourir des hommes dans la fleur de l'âge. À vingt-cinq ans, elle obtient son doctorat en philosophie et devient l’assistante d’Husserl à Friburg de 1916 à 1918.

Un chemin de conversion

Un jour, elle observe une femme du peuple, avec son panier à provision, entrer dans la cathédrale de Francfort pour une brève prière. "Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j'ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices raconte Édith Stein. En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. Je n'ai jamais pu oublier ce qui est arrivé".

Par ailleurs, Édith Stein était très liée avec l’assistant de Husserl Adolph Reinach, et avec son épouse, convertis à la foi évangélique. Lorsque celui-ci mourut, elle rendit visite à sa veuve et raconte qu’elle rencontra une croyante : "Ce fut ma première rencontre avec la croix et avec la force divine qu'elle transmet à ceux qui la portent [...] Ce fut le moment pendant lequel mon irréligiosité s'écroula et le Christ resplendit".

Plus tard elle écrivit : "Ce qui n'était pas dans mes plans était dans les plans de Dieu. En moi prit vie la profonde conviction que -vu du côté de Dieu- le hasard n'existe pas ; toute ma vie, jusque dans ses moindres détails, est déjà tracée selon les plans de la providence divine et, devant le regard absolument clair de Dieu, elle présente une unité parfaitement accomplie".

Pendant l'été 1921, alors qu’elle séjourne chez Madame Hedwig Conrad-Martius, un disciple de Husserl, elle trouve dans sa bibliothèque l'autobiographie de Thérèse d'Avila. Elle la lut toute la nuit. "Quand je refermai le livre je me dis : ceci est la vérité ». Le ler janvier 1922, jour de la circoncision de Jésus, elle se fait baptiser, avec pour marraine Hedwig Conrad-Martius. "J'avais cessé de pratiquer la religion juive et je me sentis de nouveau juive seulement après mon retour à Dieu". Elle reçoit également le sacrement de confirmation le jour de la chandeleur.

Aspiration au carmel

Après sa conversion, Édith aspire au Carmel, mais ses interlocuteurs spirituels, le Vicaire général de Spire et le Père Erich Przywara, S.J., l'empêchèrent de faire ce pas. "Pendant la période qui précède immédiatement et aussi pendant longtemps après ma conversion [...] je croyais que mener une vie religieuse signifiait renoncer à toutes les choses terrestres et vivre seulement dans la pensée de Dieu. Progressivement cependant, je me suis rendue compte que ce monde requiert bien autre chose de nous [...] ; je crois même que plus on se sent attiré par Dieu et plus on doit "sortir de soi-même", dans le sens de se tourner vers le monde pour lui porter une raison divine de vivre". Elle enseigne pendant onze ans au lycée de filles et à l’école Sainte Madeleine de Spire puis à l’institut pédagogique de Münster. Elle entreprend de longs voyages pour donner des conférences sur le thème de la femme. Elle traduit des œuvres de Newman et de Thomas d’Aquin et écrit aussi des œuvres philosophiques propres.

En 1931, elle termine son activité à Spire. Elle tente d’obtenir l’habilitation pour enseigner librement à Wroclaw et à Fribourg. En vain. Elle commence alors à écrire une œuvre sur la philosophie de Saint Thomas d’Aquin. En 1932, elle obtient une chaire à l’Institut de Pédagogie scientifique de Münster, où elle peut développer son anthropologie. Elle travaille également à la compréhension du rapport science et foi.

Interdite d’enseignement

En 1933, les ténèbres descendent sur l'Allemagne. "J'avais déjà entendu parler des mesures sévères contre les juifs. Mais maintenant je commençai à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi mon destin". L'article de loi sur la descendance arienne des nazis rendit impossible la continuation de son activité d'enseignante. "Si ici je ne peux continuer, en Allemagne il n'y a plus de possibilité pour moi". "J'étais devenue une étrangère dans le monde".

Le 14 octobre 1933, Édith Stein entre au monastère des Carmélites de Cologne. Elle prend l’habit sous le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Le 21 avril 1935, elle fait des vœux temporaires. Le 14 septembre 1936, au moment du renouvellement des vœux, sa mère meurt à Wroclaw. Après la mort de sa mère, sa sœur Rosa se convertit également.

Le 9 novembre 1938, la haine des nazis envers les juifs est révélée au monde entier. Les synagogues brûlent. La terreur se répand parmi les juifs. La Mère Prieure des Carmélites de Cologne fait tout son possible pour conduire sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l'étranger. Dans la nuit du 1er janvier 1938, elle traversa la frontière des Pays-Bas et fut emmenée dans le monastère des Carmélites de Echt, en Hollande avec sa Sœur. C'est dans ce lieu qu'elle écrit son testament, le 9 juin 1939 : "Déjà maintenant j'accepte avec joie, en totale soumission et selon sa très sainte volonté, la mort que Dieu m'a destinée. Je prie le Seigneur qu'Il accepte ma vie et ma mort [...] en sorte que le Seigneur en vienne à être reconnu par les siens et que son règne se manifeste dans toute sa grandeur pour le salut de l'Allemagne et la paix dans le monde".

Déjà au monastère des Carmélites de Cologne on avait permis à Édith Stein de se consacrer à ses œuvres scientifiques. Entre autres, elle écrivit dans ce lieu "De la vie d'une famille juive". "Je désire simplement raconter ce que j'ai vécu en tant que juive". Face à "la jeunesse qui aujourd'hui est éduquée depuis l'âge le plus tendre à haïr les juifs [...] nous, qui avons été éduqués dans la communauté juive, nous avons le devoir de rendre témoignage".

Édith Stein écrit à Echt son essai sur "Jean de la Croix, le Docteur mystique de l'Église, à l'occasion du quatre centième anniversaire de sa naissance, 1542-1942". En 1941, elle écrit à une religieuse avec laquelle elle a des liens d’amitié : "Une scientia crucis (la science de la croix) peut être apprise seulement si l'on ressent tout le poids de la croix. De cela j'étais convaincue depuis le premier instant et c'est de tout cœur que j'ai dit : Ave Crux, Spes unica (je te salue Croix, notre unique espérance)".

Arrestation

Le 2 août 1942, la Gestapo arrive. Édith Stein se trouve dans la chapelle, avec les autres sœurs. En moins de 5 minutes elle doit se présenter, avec sa sœur Rosa. Les dernières paroles d'Édith Stein que l'on entend à Echt s'adressent à sa sœur : "Viens, nous partons pour notre, peuple". Avec de nombreux autres juifs convertis au christianisme, les deux femmes sont conduites au camp de rassemblement de Westerbork. Il s'agissait d'une vengeance contre le message de protestation des évêques catholiques des Pays-Bas contre le pogrom et les déportations de juifs. À l'aube du 7 août, un convoi de 987 juifs part en direction d'Auschwitz. Le 9 août 1942, sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, avec sa sœur Rosa et de nombreux autres membres de son peuple, meurent dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Édith Stein est béatifié en 1987 puis canonisé en 1998 par le pape Jean-Paul II. Elle est la première juive convertie à avoir acquis le statut de sainte. Elle est fêtée le 9 août.

Source (extraits) site du Vatican

Pour un échange en groupe :

  • Qu’est-ce qui caractérise la relation d’Édith Stein avec Dieu ?
  • Comment s’exprime son amour pour le Christ ?
  • Édith Stein a développé une spiritualité de la Croix, comment le comprenez-vous ?
  • Qu’est-ce qui caractérise sa sainteté ?
  • Comment est-elle témoin de la miséricorde de Dieu ?

Des livres :

Autobiographie : Vie d’une famille juive, Le Cerf

Biographie : Yann Moix, Mort et vie d’Édith Stein, Grasset

Prier avec Édith Stein de Michel Dupuis Ed. Nouvelle Cité

Pour prier avec Édith Stein :

« Pour deux personnes qui ont vécu longtemps ensemble et qui ont confiance l’une dans l’autre, les mots mêmes sont superflus. Il en va de même du commerce d’une âme avec Dieu… Dès qu’elle entre en prière, elle est auprès de Dieu et demeure dans l’abandon amoureux en sa présence ».

Prière d'abandon et de confiance en Dieu.

Laisse-moi Seigneur, Suivre aveuglément tes sentiers.

Je ne veux pas chercher à comprendre tes chemins.

Je suis ta fille, Tu es le Père de la sagesse et tu es aussi mon Père, et tu me guides dans la nuit.

Élève-moi jusqu'à Toi. Seigneur, que je fasse ta volonté : Je suis prête !

Même si dans ce monde tu n'accomplis aucun de mes désirs, tu es le Seigneur du temps, le moment t'appartient, Ton éternel présent je veux le faire mien.

Réalise en moi ce que dans ta Sagesse tu prévois : si tu m'appelles à m'offrir dans le silence, aide-moi à répondre, fais que je ferme les yeux à tout ce que je suis, pour que morte à moi-même, je ne vive que pour toi.

O Seigneur Dieu donne-moi tout ce qui peut me conduire à Toi.

O Seigneur Dieu, éloigne de moi tout ce qui peut me détourner de Toi.

O Seigneur Dieu, fais aussi que je ne sois plus mienne,

Mais que je sois entièrement tienne.

Source : Eglise catholique de France pour les JMJ de Cracovie

 

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