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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 09:14

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4, 9-14

Une foule immense est déjà près de Dieu et du Christ. Unis à cette foule par la communion des saints, nous chantons notre espérance de participer à sa fête.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël.

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de l'Apocalypse dont le nom signifie « révélation » de Jésus Christ, est écrit en période de crise, au cours des tracasseries et des persécutions qui s'abattent sur les Églises d'Asie Mineure, sous le règne de l'empereur Domitien, vers l'an 95 de notre ère. Le livre veut répondre à l'angoissante question des chrétiens : Jésus a-t-il réellement vaincu le mal ?

L'auteur s'appuie sur des événements contemporains pour montrer que l'impérialisme romain qui suscite les forces du mal, court à sa ruine. En revanche, le peuple de Dieu - ces hommes, ces femmes et ces enfants que l'épreuve n'a pu ébranler dans leur foi - porte en lui l'espérance de l'humanité : celle d'une victoire définitive de l'amour sur la haine, du pardon sur la vengeance, de la justice sur l'oppression des consciences.

Le livre est bourré d'allusions à l'Ancien Testament, il est riche en couleurs et en images symboliques. Parfois difficile à lire, ce qui favorise les interprétations fantaisistes. Cela n'ôte rien à l'actualité du message de l'Apocalypse : « Courage ! Les saints sont des hommes comme nous, qui ont cru que l'amour était plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre, en attendant le triomphe définitif du Christ sur le mal ».

Les saints ont été des hommes et des femmes en butte aux mêmes difficultés, aux mêmes doutes, aux mêmes faiblesses que les nôtres, mais ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau. Cette même grâce nous est offerte dans les sacrements de l'Église.

Psaume 23

R/ : Voici le immense de ceux qui cherchent ta face, Seigneur.

Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. R/

Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. R/

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Comme il est grand l'amour dont le Père nous a comblés ! Il a fait de nous ses enfants, en son Fils, Jésus Christ.

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans sa lettre, Jean combat une erreur qui se fait jour dans l’Église venant de gens qui prétendent que Dieu fait seulement semblant de nous aimer. Ainsi, pour eux, le Fils de Dieu aurait fait semblant de se faire homme, en prenant un corps irréel ; il aurait donc fait semblant de souffrir et de mourir ; les sacrements ne seraient que des semblants d’union au Christ, bref l’amour de Dieu ne serait qu’un faux-semblant. Non, proteste Jean, le Fils de Dieu, je l’ai vu et touché comme les autres apôtres ont pu le faire ; son sang, je l’ai vu couler ; sa résurrection, j’en suis témoin. L’amour du Père pour nous est une réalité, non des mots : il ne se contente pas de nous appeler ses enfants, « nous le sommes », et cela « dès maintenant », même si cette vie de Dieu qui nous transforme n’est appelée à paraître de tout son éclat qu’avec la venue Christ Jésus.

Quelles preuves notre communauté chrétienne va-t-elle donner à ceux qui passeront dans l’église à l’occasion de la Toussaint, pour qu’ils se découvrent aimés de Dieu : un accueil chaleureux à l’entrée, une célébration chantante, une prière à la foi communicative, un temps de conversation à la sortie… ?

Alléluia. Alléluia. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur, et moi, je vous procurerai le repos. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a

L’Évangile de Jésus est la bonne nouvelle de la joie et du bonheur. Écoutons-le nous en indiquer le chemin.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs ; car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix : car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux !

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Cet évangile est celui de la joie : « Heureux… réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse… » La raison de cette joie, c’est le royaume des Cieux, « … car le royaume des Cieux est à eux », dit Jésus, après la première et la dernière béatitudes.

Si nous demandons : « Qu’est-ce que le royaume des Cieux ? », les autres béatitudes nous diront que c’est Dieu lui-même. Oui, Dieu lui-même, à l’action dans la vie des hommes, quand il réconforte les affligés, comble l’espérance des affamés de justice, pardonne à ceux qui ouvrent leur cœur à la misère de leurs frères, se laisse trouver par ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, et reconnaît pour ses fils bâtisseurs de la paix.

Mais, pour faire cette expérience de l’action de Dieu dans sa vie, il faut se compromettre pour la non-violence, pour la justice et la bonté, pour la paix et pour la pureté de ses intentions. Il faut avoir affronté les insultes et les moqueries, avoir risqué la persécution et la calomnie. Le Christ reconnaît pour siens tous ceux-là qui se seront ainsi compromis : « à cause de moi », dit-il. Ce sont ceux-là que nous fêtons aujourd’hui.

Il y a des saints que j’admire plus que d’autres. Quelle béatitude a marqué et transformé leur vie ? Lorsque je les prie, est-ce cette béatitude que je leur demande de me faire aimer ?

1ère Homélie

C’est donc de cette façon particulièrement frappante, en prononçant neuf fois le mot « heureux » que Jésus dans les premiers mois de sa mission apostolique a résumé son Évangile, cette Bonne Nouvelle qui nous annonce et nous apporte le Bonheur.

Le Bonheur, me direz-vous, on voudrait bien y croire et en fait, on ne désire, on ne cherche que cela, mais le monde d’aujourd’hui dans lequel nous vivons en prend-il le chemin ?

Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’actualité pour se rendre compte à quel point il se désole et se désespère de ses guerres, de ses génocides, de ses enfants abandonnés, maltraités ou exploités, de ses familles éclatées, de ses maladies incurables et de combien d’autres malheurs…

Et nous-mêmes pouvons-nous affirmer que nous sommes vraiment heureux même si nous avons du travail et de quoi vivre décemment ? Nous avons tous, en effet, qui que nous soyons, notre part d’échecs, de peines ou de souffrances… Et que dire de notre misère spirituelle, moins visible sans doute, mais toute aussi criante (si toutefois nous posons sur nous un regard lucide et sans complaisance) : notre égoïsme, notre orgueil, nos mensonges, nos lâchetés, nos infidélités bref nos refus d’aimer Dieu et notre prochain. Reconnaissons loyalement que notre manière de vivre trop souvent médiocre et superficielle est absolument incapable de combler les aspirations les plus profondes et les plus nobles de notre cœur… Oui, bien sûr, tout cela est flagrant. Mais si nous nous contentons de gémir sur les malheurs du temps ou sur la condition souvent difficile et quelquefois dramatique qui est la notre nous ne raisonnons pas en chrétiens, car nous oublions, à ce moment là une vérité capitale de notre foi (qui éclaire toutes choses d’une nouvelle lumière) c’est ce que l’Evangile n’est pas d’abord un message d’euphorie ou une sorte de drogue destinée à apaiser toutes nos angoisses et à guérir toutes nos blessures.

Au cœur de l’Évangile il y a le mystère de la Croix. Le crucifix de nos maisons ou de nos carrefours, tout comme la croix de nos tombes nous rappelle à quel prix nous avons été rachetés, sauvés par le Christ. Sans doute nous a-t-il mérité le pardon du Père et réconciliés avec Lui ; il n’en reste pas moins que nous devons accueillir ce salut toujours offert, et que nous devons y coopérer en acceptant de passer chaque jour par le chemin que Jésus nous a ouvert et qui n’est pas un chemin de velours mais un rude chemin de peines, de souffrances et d’efforts coûteux.

Lui-même, d’ailleurs, nous a bien prévenus « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix, chaque jour et qu’il me suive… » C’est ce que nous faisons toutes les fois que nous unissons au Sacrifice de Jésus l’offrande de tout ce qui est pénible, de tout ce qui est douloureux dans nos vies et aussi de tout ce qui nous coûte pour aimer Dieu et notre prochain. Cela, il ne faut jamais le perdre de vue, et cependant Jésus nous assure que nous sommes neuf fois heureux. Ça devrait tout de même nous faire réfléchir d’autant plus que ces premiers mots du message divin sont aussi les derniers et, c’est là le grand secret qui devrait en toutes circonstances, mais surtout au sein de l’épreuve, gonfler notre cœur d’une invincible espérance.

Frères Chrétiens, nous sommes heureux et dès à présent, d’une joie profonde que rien, ni personne ne pourra jamais nous enlever, parce qu’au matin de Pâques, le Christ-Jésus, définitivement victorieux du péché et de la mort, nous a donné rendez-vous : « voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Il est donc là, c’est sûr, Lui l’éternel Vivant ; il est là, tout proche, présent dans notre cœur dans la mesure où nous voulons bien l’accueillir et lui faire de la place ; présent à tout ce que nous pensons, à tout ce que nous ressentons, à tout ce que nous faisons.

Où pourrions-nous trouver dites-moi, un ami plus tendre et plus compatissant, un ami plus fidèle et plus fort ? Il suffit de croire, chers frères et sœurs, à cette présence si aimante du Christ-Jésus, notre Sauveur pour que tout dans notre vie prenne un sens, pour que tout dans notre vie (y compris la souffrance) soit finalement transfiguré. Nous pouvons désormais entrevoir, et il nous arrive parfois d’en éprouver comme l’avant-goût ce bonheur incomparable que Jésus nous promet et qui nous est assuré, si toutefois nous acceptons de remplir les conditions exigées pour le mériter… Car il ne s’agit pas d’avancer au gré de nos fantaisies ou de nos caprices.

Si nous voulons traverser sans risque de nous perdre cette pénombre qu’est notre vie d’ici bas, il nous faut une lumière, un phare et il nous faut en même temps une main qui nous tienne et qui nous mène. Tout cela pour l’essentiel, nous est clairement indiqué dans cette charte de la vie chrétienne que sont les Béatitudes : ne sont-elles pas comme 9 balises en forme de bonheur... Si nous les suivons de notre mieux, comme l’ont fait tous ces saints connus et inconnus que l’Eglise fête aujourd’hui, nous arriverons sûrement là où le Seigneur, nous attend, là où il nous a préparé une place… c’est-à-dire au Ciel.

Efforçons-nous donc de nous imprégner de cet esprit des Béatitudes.

  • Rappelons-nous qu’avoir un cœur de pauvre, cela veut dire qu’il ne faut pas rechercher, qu’il ne faut pas aimer d’autres richesses que la présence de Dieu, que l’habitation mystérieuse mais si réelle du Père, du Fils et du Saint Esprit dans ce temple, dans ce petit ciel qu’est notre âme. Celui qui possède de Dieu, possède tout et il partage déjà, bien que ce soit dans l’obscurité de la Foi, son indicible Bonheur.
  • Être doux, c’est miser uniquement sur l’amour pour régler les problèmes qui surgissent inévitablement là où des hommes vivent ensemble.
  • Pleurer, c’est attendre la consolation de Dieu seul lorsqu’il viendra lui-même essuyer toute larme de nos yeux.
  • Avoir faim et soif de la justice, c’est avoir le désir plus ardent de nous ajuster à Dieu, de faire en toutes choses et quoiqu’il en coûte sa très sainte volonté.
  • Être miséricordieux, c’est imiter Dieu notre Père, c’est recommencer inlassablement à partir du pardon reçu et accordé sans arrière-pensée.
  • Avoir le cœur pur, c’est agir constamment avec une intention droite, c’est avoir une âme simple, toute transparente à Dieu et qui sait reconnaître Dieu partout où il fait signe.
  • Être un artisan de paix, c’est chercher à réaliser l’unité dans la diversité en tissant des liens, en jetant des ponts, en étant un porte-flambeau de la vérité, de la justice et de l’amour.
  • Être persécuté pour la justice, c’est accepter de tout souffrir plutôt que de renoncer à Dieu, à l’Evangile et à l’Eglise.
  • Être insulté et calomnié à cause de Jésus, c’est être tout simplement un chrétien authentique, ce qui ne peut pas être vécu, sans que quelque chose nous retombe sur la tête…

Tels sont, chers frères et sœurs, les jalons plantés sur la route du Paradis. Telles sont les exigences du Seigneur. Il est évident qu’elles vont à contre-courant de tout ce qui nous est proposé dans le monde d’aujourd’hui. Sont-elles vraiment réalisables, ne sont-elles pas un rêve, une illusion, une utopie ?…

Nous sommes souvent tentés de le croire, parce que nous ne regardons que notre faiblesse mais si nous nous appuyons constamment sur la miséricorde, la bonté, la puissance de Dieu, si, comme des petits enfants nous tenons d’une part la main de Jésus qui est notre guide suprême et d’autre part la main de Marie qui est l’éducatrice par excellence de la vie spirituelle, si enfin nous nous laissons attirer par la multitude des Saints (qui étaient comme nous des êtres de chair et de sang) et qui nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible » alors, chers frères et sœurs, qu’est-ce qui pourrait bien nous empêcher de réussir la seule aventure qui vaille la peine d’être vécue : l’Aventure de la Sainteté, celle qui nous vaudra pour toujours la plénitude du Bonheur avec Dieu et en Dieu.

Amen.

2ème Homélie

En cette solennité de la Toussaint, l’Eglise nous invite à tourner nos regards vers le ciel et elle nous dit : « Regardez cette foule innombrable de saints connus et inconnus : ils ont vécu à toutes les époques de l’histoire, ils sont venus de tous les pays, ils ont appartenu à toutes les conditions sociales, il y en a eu de tous les âges et dans leur existence ici-bas ils étaient semblables à nous. A vous, maintenant de devenir ce qu’ils sont devenus. Faites comme eux, marchez sur leurs traces, imitez leurs exemples ».

Mais pourquoi l’Eglise tient-elle à nous donner les saints en exemple ? Parce que ce sont les hommes et les femmes qui ont le mieux réussi leur vie. Il faut préciser toutefois le sens de cette réussite, car elle n’a rien à voir avec celle dont rêvent habituellement les hommes. Pour la plupart des gens, en effet qu’est-ce que c’est que réussir, sinon faire fortune, avoir une belle situation, être considéré et recevoir des éloges, être influent et attirer sur soi les regards, goûter à tous les plaisirs de la vie. Si c’est cela réussir, il faut dire tout de suite que les saints ont manqué leur vie : ils ont absolument « tout raté », car durant leur existence terrestre on ne les a pas toujours remarqués : (d’ailleurs l’immense majorité de ceux qui peuplent le ciel sont des inconnus) le plus souvent ils ont connu la pauvreté, la souffrance des persécutions, des épreuves et toute sorte. Mais alors quel a été le secret de leur réussite spirituelle, la seule qui soit selon Dieu ?

- D’abord ils ont pressenti la fragilité de toute réussite purement humaine et ils en ont tiré les conséquences : ils n’ont pas cherché avant tout des satisfactions terrestres : ils ne se sont pas faits le centre du monde, ils n’ont pas vécu principalement pour eux, ayant bien compris qu’une vie d’égoïsme c’est un arbre qui ne porte jamais de fruits. Les saints n’ont vécu que pour Dieu et pour les autres. C’est Jésus qui a été leur unique pôle d’attraction... Chacun d’eux aurait pu reprendre à son compte la parole de saint Paul : « Pour moi vivre c’est le Christ : le Christ c’est toute ma vie ». Tous ont médité assidûment ses enseignements et les actes de sa vie. Ils l’ont prié, adoré, supplié tous les jours de leur vie en tous lieux et en toutes circonstances. Et c’est dans cette communion avec lui qu’ils ont puisé la force d’aimer leurs frères, dans un don de plus en plus désintéressé d’eux-mêmes, ne ménageant ni leur temps, ni leur peine. A travers leur vie rayonnante d’amour, c’est le Seigneur lui-même qui transparaissait, qui se laissait voir. A travers leurs paroles on devinait les paroles de Dieu, à travers leurs gestes on pressentait la bonté, la douceur, la tendresse et la miséricorde de Dieu. En vivant de cette manière, les saints ont éprouvé à quel point elles sont vraies ces Béatitudes que Jésus à proclamer au début de son ministère et qui constituent la loi nouvelle de la Nouvelle Alliance. En s’efforçant de les mettre en pratique ils ont goûté, en dépit de toutes leurs épreuves ce bonheur profond qui est un avant-goût du Bonheur céleste, de l’infinie Béatitude pour laquelle Dieu a créé les hommes et qui est le but suprême de leur vie.

Frères et sœurs, tous ces élus, tous ces bienheureux que nous contemplons aujourd’hui dans la gloire du Paradis nous disent donc avec force que le secret de la vraie réussite et donc du vrai bonheur ce n’est rien d’autre que la Sainteté. Malheureusement nous n’y croyons pas assez à la sainteté ou plutôt nous la comprenons mal.

- Et tout d’abord nous pensons qu’elle n’est pas faite pour nous : qu’elle est le privilège de quelques âmes d’élite, de certains êtres exceptionnels, alors que la Parole du Christ : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » s’adresse à tous et que saint Paul, lui faisant écho, rappelle que « notre vocation, c’est la sainteté ».

- Trop souvent aussi nous ne voyons que le côté, disons spectaculaire de la sainteté, nous l’imaginons trop comme une aventure parsemée de miracles, de visions ou révélations : bref, une sorte de vie à spectacle comme celle des vedettes du cinéma.

Alors que, bien au contraire, la sainteté consiste à faire très humblement et très fidèlement la volonté de Dieu dans le moment présent, à faire ce que Dieu attend de nous dans notre vie familiale, dans notre travail, dans nos loisirs et dans nos relations avec les autres. Il ne s’agit pas, en effet, de faire du sensationnel, il s’agit de faire les choses les plus ordinaires d’une manière extraordinaire, c'est-à-dire en les chargeant, en les imprégnant de beaucoup d’amour, ce qui requiert bien évidemment des renoncements, des efforts persévérants, des reprises continuelles et cela jusqu’à notre dernière heure. Devant ces exigences nous risquons souvent de nous décourager, mais c’est parce nous oublions que la sainteté n’est jamais le résultat de performances humaines : livrés à nous-mêmes, à nos seules forces nous ne pouvons prétendre y parvenir « Sans moi, nous dit Jésus, vous ne pouvez rien faire ».

Car la sainteté c’est avant tout l’œuvre de Dieu en nous. Notre part consiste à donner au Seigneur la disponibilité, la malléabilité suffisante pour qu’il puisse nous modeler, nous transformer à sa façon, faire de nous des images vivantes de lui-même. Autrement dit il faut qu’entre les mains de l’artiste divin, nous soyons comme la glaise dans la main du potier selon une très belle image de la Bible. Cela suppose de notre part beaucoup d’humilité et une folle confiance en la puissance illimitée du Dieu de Miséricorde pour qui rien n’est impossible.

Puissions-nous donc, chers frères et sœurs, cultiver en nous de plus en plus, le désir de réussir pleinement notre vie en parvenant à la sainteté que Dieu attend de nous, en ayant la certitude que pour mener à bien cette aventure nous pouvons compter sur l’aide toute puissante de Marie, parfait modèle et grande pourvoyeuse de sainteté et sur l’intercession de tous les saints qui se penchent sur nous avec tendresse et nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible ».

Amen.

3ème Homélie

La fête de Toussaint que nous allons bientôt célébrer remet devant nos yeux en très grosses lettres cette vérité fondamentale de notre foi que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : "JE CROIS A LA VIE ÉTERNELLE."

En contemplant dans le ciel la foule innombrable de tous ces frères en humanité qui sont désormais pleinement et définitivement bienheureux (parmi lesquels il y a certainement des personnes que nous avons connues et aimées) en pensant aussi à tous ces défunts de nos familles qui se préparent à les rejoindre au travers d'une mystérieuse purification - cette ultime sanctification que nous appelons le Purgatoire - nous sommes conduits tout naturellement à nous poser cette question, qui est la seule question décisive : où en sommes-nous par rapport à la Vie Éternelle ? Y croyons-nous vraiment ? Est-ce que nous nous y préparons ? Cette Vie après la vie est-elle pour nous, comme elle le fut pour tous ces croyants qui nous ont précédés, le but suprême de l'existence ?

Est-ce bien vers ce terme de notre voyage que nous sommes tendus à travers toutes nos démarches et nos activités ? Avons-nous vraiment au plus intime de nous-mêmes cette conviction indéracinable que la Vie Éternelle c'est ce pourquoi nous avons été créés, que c'est notre véritable destinée et que, par conséquent, nous devons l'envisager comme l'aboutissement, et le couronnement de nos espoirs, la réalisation du toutes nos aspirations à la lumière, à la vie, au bonheur, bref l'épanouissement total de tout notre être, un peu comme la fleur est l'épanouissement de la graine ?

En ces temps que nous vivons et qui sont de plus en plus dominés par le matérialisme, où on ne parle plus que d'argent, de situation, de profit, de confort ou de plaisir ; où la plupart des hommes se comportent comme s'ils devaient vivre toujours en ce monde et y jouir perpétuellement des biens matériels toujours plus séduisants qui leur sont proposés, nous avons un besoin urgent de nous remettre en face de la seule réalité, à savoir que nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre, que nous sommes seulement des pèlerins en marche vers un monde meilleur, où tout sera prodigieusement vrai, beau et bon, le Monde de Dieu. Un jour, tôt ou tard, il nous faudra absolument tout quitter et passer cette frontière que nous appelons la mort, mais qui est en fait, une naissance, l'enfantement de la Vie Nouvelle et définitive du Ciel où nous connaîtrons enfin la paix et la joie parfaite dans l'insurpassable et inépuisable bonheur de Dieu.

C'est le destin final qui doit faire l'objet de nos préoccupations avant tout le reste... Et nous devons tout mettre en œuvre pour nous y préparer.

Le temps vécu sur la Terre ne nous est donné que pour cela. En nous mettant sérieusement à l'école du Christ qui est "le chemin, la vérité et la vie", en nous efforçant de progresser tous les jours dans la Foi, l'Espérance, l'Amour de Dieu et du prochain, nous devons nous sanctifier c'est-à-dire nous rendre capables avec le secours de Dieu, de participer un jour, à la Vie Éternelle du Ciel.

Oui, un jour, nous serons "divinisés". Pouvons-nous rêver avenir plus merveilleux ? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir en suivant l'exemple de tous les Saints ?

"Qui veut la fin, veut les moyens."

Prière Universelle

En communion avec la foule immense des saints qui ont laissé le Christ transfigurer leur vie, prions Dieu notre Père pour ceux qui sont en chemin, tous appelés au bonheur.

R/ : Dieu d’amour, écoute-nous !

  • Pour les baptisés, pour les priants de toutes les religions, pour ceux qui cherchent Dieu dans la simplicité de leur vie quotidienne, prions notre Père, Dieu de toute grâce. R/
  • Pour ceux qui vivent aujourd’hui la grande épreuve de la persécution quelle que soit leur appartenance religieuse, afin qu’ils reçoivent l’Esprit de force et de paix pour marcher sans crainte sur le chemin du Royaume, prions notre Père, Dieu de douceur et de tendresse. R/
  • Pour les hommes politiques, pour ceux qui ont un pouvoir de décision, afin qu’ils travaillent avec courage pour le bien de toute l’humanité, prions notre Père, Dieu de lumière. R/
  • Pour nous tous, en chemin vers le Royaume, pour tous ceux qui vivent avec un cœur donné et fraternel, afin que nous soyons artisans de paix dans notre milieu de vie, prions notre Père, Dieu de miséricorde. R/

Dieu notre Père, dans l’attente du jour où nous pourrons enfin te voir, accueille notre prière, et maintiens-nous dans la confiance et la joie sur notre chemin d’homme. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen !

Source de la P.U. : http://www.abbayejouarre.org

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commentaires

CARLOS BEXIGA 02/11/2016 17:04

Alléluia, vivent la TOUSSAINT, vive la grâce active dans les âmes de tous ces disciples de Jésus qui ont vécus et vivent encore aujourd'hui. L'Église canonise des saints où l'évidence de la sainteté est visible mais combien de saints que le monde ignorent et qui ne sont connus que de Dieu Seul ?

Alléluia ! Merci Seigneur de m'avoir donné de côtoyer notre cher Abbé COUSTY !

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