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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 07:21

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4,9-14.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël. Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau.

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a.

Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs ; ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »

Homélie

C’est donc de cette façon particulièrement frappante, en prononçant neuf fois le mot « heureux » que Jésus dans les premiers mois de sa mission apostolique a résumé son Evangile, cette Bonne Nouvelle qui nous annonce et nous apporte le Bonheur.

Le Bonheur, me direz-vous, on voudrait bien y croire et en fait, on ne désire, on ne cherche que cela, mais le monde d’aujourd’hui dans lequel nous vivons en prend-il le chemin ?

Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’actualité pour se rendre compte à quel point il se désole et se désespère de ses guerres, de ses génocides, de ses enfants abandonnés, maltraités ou exploités, de ses familles éclatées, de ses maladies incurables et de combien d’autres malheurs…

Et nous-mêmes pouvons-nous affirmer que nous sommes vraiment heureux même si nous avons du travail et de quoi vivre décemment ? Nous avons tous, en effet, qui que nous soyons, notre part d’échecs, de peines ou de souffrances… Et que dire de notre misère spirituelle, moins visible sans doute, mais toute aussi criante (si toutefois nous posons sur nous un regard lucide et sans complaisance) : notre égoïsme, notre orgueil, nos mensonges, nos lâchetés, nos infidélités bref nos refus d’aimer Dieu et notre prochain. Reconnaissons loyalement que notre manière de vivre trop souvent médiocre et superficielle est absolument incapable de combler les aspirations les plus profondes et les plus nobles de notre cœur… Oui, bien sûr, tout cela est flagrant. Mais si nous nous contentons de gémir sur les malheurs du temps ou sur la condition souvent difficile et quelquefois dramatique qui est la notre nous ne raisonnons pas en chrétiens, car nous oublions, à ce moment là une vérité capitale de notre foi (qui éclaire toutes choses d’une nouvelle lumière) c’est ce que l’Evangile n’est pas d’abord un message d’euphorie ou une sorte de drogue destinée à apaiser toutes nos angoisses et à guérir toutes nos blessures.

Au cœur de l’Évangile il y a le mystère de la Croix. Le crucifix de nos maisons ou de nos carrefours, tout comme la croix de nos tombes nous rappelle à quel prix nous avons été rachetés, sauvés par le Christ. Sans doute nous a-t-il mérité le pardon du Père et réconciliés avec Lui ; il n’en reste pas moins que nous devons accueillir ce salut toujours offert, et que nous devons y coopérer en acceptant de passer chaque jour par le chemin que Jésus nous a ouvert et qui n’est pas un chemin de velours mais un rude chemin de peines, de souffrances et d’efforts coûteux.

Lui-même, d’ailleurs, nous a bien prévenus « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix, chaque jour et qu’il me suive… » C’est ce que nous faisons toutes les fois que nous unissons au Sacrifice de Jésus l’offrande de tout ce qui est pénible, de tout ce qui est douloureux dans nos vies et aussi de tout ce qui nous coûte pour aimer Dieu et notre prochain. Cela, il ne faut jamais le perdre de vue, et cependant Jésus nous assure que nous sommes neuf fois heureux. Ça devrait tout de même nous faire réfléchir d’autant plus que ces premiers mots du message divin sont aussi les derniers et, c’est là le grand secret qui devrait en toutes circonstances, mais surtout au sein de l’épreuve, gonfler notre cœur d’une invincible espérance.

Frères Chrétiens, nous sommes heureux et dès à présent, d’une joie profonde que rien, ni personne ne pourra jamais nous enlever, parce qu’au matin de Pâques, le Christ-Jésus, définitivement victorieux du péché et de la mort, nous a donné rendez-vous : « voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Il est donc là, c’est sûr, Lui l’éternel Vivant ; il est là, tout proche, présent dans notre cœur dans la mesure où nous voulons bien l’accueillir et lui faire de la place ; présent à tout ce que nous pensons, à tout ce que nous ressentons, à tout ce que nous faisons.

Où pourrions-nous trouver dites-moi, un ami plus tendre et plus compatissant, un ami plus fidèle et plus fort ? Il suffit de croire, chers frères et sœurs, à cette présence si aimante du Christ-Jésus, notre Sauveur pour que tout dans notre vie prenne un sens, pour que tout dans notre vie (y compris la souffrance) soit finalement transfiguré. Nous pouvons désormais entrevoir, et il nous arrive parfois d’en éprouver comme l’avant-goût ce bonheur incomparable que Jésus nous promet et qui nous est assuré, si toutefois nous acceptons de remplir les conditions exigées pour le mériter… Car il ne s’agit pas d’avancer au gré de nos fantaisies ou de nos caprices.

Si nous voulons traverser sans risque de nous perdre cette pénombre qu’est notre vie d’ici bas, il nous faut une lumière, un phare et il nous faut en même temps une main qui nous tienne et qui nous mène. Tout cela pour l’essentiel, nous est clairement indiqué dans cette charte de la vie chrétienne que sont les Béatitudes : ne sont-elles pas comme 9 balises en forme de bonheur... Si nous les suivons de notre mieux, comme l’ont fait tous ces saints connus et inconnus que l’Eglise fête aujourd’hui, nous arriverons sûrement là où le Seigneur, nous attend, là où il nous a préparé une place… c’est-à-dire au Ciel.

Efforçons-nous donc de nous imprégner de cet esprit des Béatitudes.

  • Rappelons-nous qu’avoir un cœur de pauvre, cela veut dire qu’il ne faut pas rechercher, qu’il ne faut pas aimer d’autres richesses que la présence de Dieu, que l’habitation mystérieuse mais si réelle du Père, du Fils et du Saint Esprit dans ce temple, dans ce petit ciel qu’est notre âme. Celui qui possède de Dieu, possède tout et il partage déjà, bien que ce soit dans l’obscurité de la Foi, son indicible Bonheur.
  • Être doux, c’est miser uniquement sur l’amour pour régler les problèmes qui surgissent inévitablement là où des hommes vivent ensemble.
  • Pleurer, c’est attendre la consolation de Dieu seul lorsqu’il viendra lui-même essuyer toute larme de nos yeux.
  • Avoir faim et soif de la justice, c’est avoir le désir plus ardent de nous ajuster à Dieu, de faire en toutes choses et quoiqu’il en coûte sa très sainte volonté.
  • Être miséricordieux, c’est imiter Dieu notre Père, c’est recommencer inlassablement à partir du pardon reçu et accordé sans arrière-pensée.
  • Avoir le cœur pur, c’est agir constamment avec une intention droite, c’est avoir une âme simple, toute transparente à Dieu et qui sait reconnaître Dieu partout où il fait signe.
  • Être un artisan de paix, c’est chercher à réaliser l’unité dans la diversité en tissant des liens, en jetant des ponts, en étant un porte-flambeau de la vérité, de la justice et de l’amour.
  • Être persécuté pour la justice, c’est accepter de tout souffrir plutôt que de renoncer à Dieu, à l’Evangile et à l’Eglise.
  • Être insulté et calomnié à cause de Jésus, c’est être tout simplement un chrétien authentique, ce qui ne peut pas être vécu, sans que quelque chose nous retombe sur la tête…

Tels sont, chers frères et sœurs, les jalons plantés sur la route du Paradis. Telles sont les exigences du Seigneur. Il est évident qu’elles vont à contre-courant de tout ce qui nous est proposé dans le monde d’aujourd’hui. Sont-elles vraiment réalisables, ne sont-elles pas un rêve, une illusion, une utopie ?…

Nous sommes souvent tentés de le croire, parce que nous ne regardons que notre faiblesse mais si nous nous appuyons constamment sur la miséricorde, la bonté, la puissance de Dieu, si, comme des petits enfants nous tenons d’une part la main de Jésus qui est notre guide suprême et d’autre part la main de Marie qui est l’éducatrice par excellence de la vie spirituelle, si enfin nous nous laissons attirer par la multitude des Saints (qui étaient comme nous des êtres de chair et de sang) et qui nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible » alors, chers frères et sœurs, qu’est-ce qui pourrait bien nous empêcher de réussir la seule aventure qui vaille la peine d’être vécue : l’Aventure de la Sainteté, celle qui nous vaudra pour toujours la plénitude du Bonheur avec Dieu et en Dieu.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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CARLOS BEXIGA 02/11/2016 17:04

Alléluia, vivent la TOUSSAINT, vive la grâce active dans les âmes de tous ces disciples de Jésus qui ont vécus et vivent encore aujourd'hui. L'Église canonise des saints où l'évidence de la sainteté est visible mais combien de saints que le monde ignorent et qui ne sont connus que de Dieu Seul ?

Alléluia ! Merci Seigneur de m'avoir donné de côtoyer notre cher Abbé COUSTY !

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