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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 10:07

Cinquième dimanche du carême ; 1er avril 1979

Aujourd’hui, Jérémie interprète le sens de l’Alliance en nous annonçant une nouvelle Alliance. Il a non seulement compris tout l’engagement que suppose la Vieille Alliance, l’Alliance de nos pères, comme disaient les prophètes, mais il nous propose une perspective tournée vers un futur qui s’approche. Il est le premier dans la Bible à parler de la Nouvelle Alliance, celle dont nous allons rencontrer précisément la réalisation dans le Christ, la plénitude de toutes ces promesses de Dieu. […]

Le christianisme n’est pas seulement une doctrine morale. Il faut le vivre comme une histoire, histoire interpersonnelle, comme une relation d’Alliance ou encore, de communication de la vie du peuple avec Dieu.

J’invite tous ceux qui écoutent ces paroles, à essayer de comprendre la religion chrétienne non pas comme un ensemble de vérités en lesquelles il faut croire ou un ensemble de commandements auxquels il faut obéir ; et pire encore, un ensemble d’interdits : cela ne doit pas être ainsi. Lorsque l’on perçoit ainsi la religion comme un ensemble de dogmes, des lois morales, des interdits, je comprends qu’il y ait des gens qui soient écœurés, qui n’aiment pas la religion chrétienne. La religion n’est pas une théorie. La beauté et l’attrait de la religion chrétienne, c’est de la voir comme nous l’avons fait tout au long de ce carême, comme une Alliance.

Qu’est-ce qu’une Alliance ? C’est une communion de vie, c’est une histoire qui se déroule en communion de vie avec Celui qui est la plénitude de la vie. L’être humain sait bien qu’il n’adore pas Dieu simplement à cause d’un commandement théorique, pour accomplir des lois que le Décalogue lui exige ; cesser de faire ces choses parce qu’elles sont immorales, mais plutôt que tout cela : le moral, le saint, le véritable, le faux, les concepts théoriques deviennent une relation vitale, une interrelation personnelle. Je sens que Dieu a fait avec moi, et moi avec Lui, une Alliance.

Maintenant, nous comprenons mieux la comparaison du mariage : ainsi, les époux ne vivent pas les lois matrimoniales comme des préceptes, des règles, mais ils les vivent par amour, comme une relation, un dialogue, un engagement mutuel. Qu’il sera beau le jour où tous les chrétiens regarderont vers Dieu avec l’amour des époux qui se regardent et qui s’aiment. S’il y a eu une déception, une incompréhension, une infidélité même, ils sont capables de se pardonner. C’est ainsi que le carême et la Semaine sainte nous invitent à voir notre religion.

Le carême, une préparation pour célébrer l’Alliance pascale

Ici, nous ne sommes plus des spectateurs d’un peuple qui a vécu il y a plusieurs siècles. Le peuple d’Israël, Abraham, Moïse, qui ont célébré une Alliance avec Dieu, semblent demeurer dans l’horizon lointain de l’Histoire. Maintenant, nous allons nous regarder nous-mêmes. Nous sommes le peuple qui a hérité des promesses d’Abraham, des engagements de Moïse, des rénovations des prophètes. « Tout cela n’aurait pas de sens, dit saint Paul, sinon comme une figure de la grande réalité que sont le Christ et son sacrifice rédempteur ».

Approchons-nous de la Semaine sainte, non pas avec des réminiscences historiques, mais avec un engagement actuel, sentant que moi, avec mon nom et mon prénom, tel que je suis avec mes péchés et mes misères, mes illusions et mes espoirs, mes projets et mes échecs ; moi, ma famille, mon peuple ; cette patrie du Salvador avec sa problématique si difficile, ses injustices et ses outrages à la vie, mais également avec ses gens qui prient et qui espèrent. Cette histoire concrète de 1979 s’approche de la Semaine sainte de cette année, pour célébrer l’Alliance avec Dieu. Non, le Seigneur ne nous a pas abandonnés ! Chaque année, Il nous invite à célébrer l’Alliance Nouvelle.

1) L’intériorité, caractéristique de la Nouvelle Alliance

A) Figure et mission de Jérémie

Son charisme, l’intériorité

Sa mission se doit de correspondre à ce charisme. Un charisme est une expérience qu’un homme a eue avec Dieu. Un charisme, c’est une grâce que Dieu a faite à un homme en se prévalant de son caractère ou de la mission qui lui est confiée, lui donnant une expérience, une sensation unique. Et ce charisme de l’intimité que Dieu a confié à Jérémie, c’est parce qu’Il va lui confier une mission qui est clairement exprimée dans la lecture d’aujourd’hui.

B) Message

Rappel de l’Histoire de l’Ancienne Alliance : fidélité et amour à Dieu.

Les versets que nous avons lus aujourd’hui sont comme la fleur de tout le livre de Jérémie « Voici venir des jours – oracle de Yahvé – où je conclurai avec la maison d’Israël (et la maison de Judas) une alliance nouvelle. Non pas comme celle que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte ». C’est la première expérience et la première pensée du message de Jérémie pour nous, ce matin. C’est ce que nous avons fait pendant notre carême. Rappelez-vous quelle belle histoire d’amour, de Dieu avec l’humanité ! Toujours fidèle ! Quelle belle comparaison : « Je les ai pris par la main ». Comme lorsqu’un père prend par la main son fils ? Comme lorsqu’une mère retrouve son enfant qu’elle avait perdu et l’amène : Avec quel amour ! C’est cela l’amour fidèle, infatigable de Dieu.

Infidélité et indifférence du peuple.

« Mon Alliance qu’eux-mêmes ont rompue bien que je fusse leur Maître ». C’est cela notre réponse. C’est cela la triste histoire, l’Histoire de l’Ancienne Alliance.

Comment doit être la Nouvelle Alliance : l’intériorité

C’est pourquoi Il dit : « Voici l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours-là. Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur ». Observez, avant tout il s’agit d’une Alliance intérieure. Dieu ne va pas poser sur les épaules épuisées du peuple d’Israël, de nouvelles pierres de lois. Les lois apparaissent semblables à des pierres. Surtout lorsque le peuple est fatigué, combien lourdes sont les lois ? « Je ne vais plus écrire de lois en pierre, je vais les écrire dans votre cœur, je vais me placer à l’intérieur de vous, je vais vous transformer de l’intérieur ».

C’est cela, le message de l’intériorité avec lequel la Parole de Dieu d’aujourd’hui nous invite à vivre une religion non pas de décalogues et de dogmes, d’un ensemble de théories, mais une option personnelle, intime, au-dessus des pratiques extérieures, d’endroits et de choses. Ne faisons pas consister la religion dans ces signes d’extériorité, mais dans la sincérité, dans la recherche intime de Dieu, d’où jaillissent comme des fruits : l’amour, la justice, la sincérité, la vérité.

Et cela, nous le constatons tous les jours, mes frères. Lorsque nous sommes l’ami d’une personne, nous ne nous parons pas de nos attributs extérieurs. Nous ne nous fions pas tant aux signes extérieurs. Nous apprécions avant tout la sincérité, l’estime, l’amour. C’est ce que cherche à établir la relation de Dieu avec l’humanité. Une relation en laquelle il est certain qu’il y aura une hiérarchie, des apparats extérieurs, mais qui ne deviennent pas l’essentiel. Rien ne servirait toute la beauté de nos temples, toute la magnificence de nos rites, si nous n’avions pas un cœur qui parle avec amour, avec amitié au Seigneur.

C’est ainsi que je me sens lorsque je vous vois à la cathédrale. Avant tout, vous venez pour vivre cette relation d’amour avec le Dieu dans lequel nous avons placé notre espérance et, lorsque je prêche, je voudrais qu’avant tout vous compreniez que mon langage ne cherche qu’à encourager cette relation d’espérance, de foi, d’amour, du peuple avec son Dieu. « En Toi Seigneur, j’espère. Tu es le motif de mon espérance ». Cela me fait véritablement plaisir de constater que les communautés, les hommes et les femmes, se convertissent à cette relation d’intimité avec Dieu.

Connaissance vécue, non seulement une foi théorique, de Magistère.

À l’intérieur de cette intimité, de cette intériorité, la Parole de Dieu nous dit autre chose : « Ils n’auront plus besoin d’instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : « Ayez la connaissance de Yahvé ! » Car tous me connaîtront des plus petits aux plus grands. Regardez, même le Magistère demeure insuffisant avec toute la beauté de notre doctrine qui nous oriente depuis la parole du Pape jusqu’au plus humble catéchiste. Où est Dieu ? Comment devons-nous le servir ? Comment devons-nous l’aimer ? Dieu dit dans la Nouvelle Alliance : « Cela sera comme une aide, mais le principal, c’est que chacun ait appris à connaître ». Et ce verbe en hébreu, dans son sens biblique, connaître signifie quelque chose de vécu, qui fait référence à l’expérience. C’est connaître la saveur de quelque chose de savoureux par exemple. C’est ce « connaître » qui comprend la vie et la connaissance. C’est la foi de celui qui dit : « Je crois, j’accepte ce que Dieu dit non pas comme quelque chose de théorique, mais comme le don de soi à son Dieu ». Cette attitude d’un homme, d’une femme, qui, devant Dieu, peut dire : « Je crois en Toi, Seigneur Jésus ».

C’est ce que sera la Nouvelle Alliance : une Alliance dans laquelle nous n’avons plus besoin qu’on nous dise ce que nous devons faire ni ce à quoi nous devons croire. Il sera toujours nécessaire cependant, afin que nous sachions si nous sommes sur la voie de la véritable foi et de la véritable morale, d’avoir le Pape et le Magistère de l’Église. Ils seront toujours comme une pierre d’angle, afin de voir si notre chemin est authentique. Mais je ne le ferai pas par peur du châtiment, par peur d’être excommunié ; je ne le ferai pas pour paraître bien aux yeux de personne. Je le ferai parce que je sens que Dieu me remplit, que cette doctrine de l’Église est véritablement celle qui remplit mes aspirations. Je tente de vivre la morale chrétienne parce qu’en elle je trouve le chemin le plus authentique pour rencontrer mon Dieu dans l’intériorité de la foi.

2) Le Christ, auteur de la Nouvelle Alliance

A) Relation de la Nouvelle Alliance avec Pâques

Pâques est la fête de l’Alliance parce qu’elle se célébrait comme une fête qui s’appelait Pâques. Le mystère pascal, les Pâques que célébraient les Juifs, consistait à tuer un agneau et à le manger en famille. C’est Dieu qui l’avait commandé, la nuit où le Pharaon d’Égypte voulut faire tuer les Israélites. Dieu dit : « Qu’ils tuent un agneau et qu’avec son sang ils marquent les portes des Juifs. Ce signal sera la marque où l’ange exterminateur n’entrera pas pour nous faire périr ». Signal du sang de l’agneau qui va nous libérer de l’esclavage, qui va nous donner le pardon. Chaque fois que Pâques arrivait, lorsque l’aîné de la famille partageait le pain sans levain, il rappelait : « Nous faisons cela pour nous souvenir que nous étions prisonniers en Égypte d’où le Seigneur nous fit sortir. Nous avons un engagement avec Lui ». Ils revivaient leur Alliance, leurs Pâques.

En Pâques, le Christ transforma l’Ancienne Alliance en une Nouvelle.

C’est pourquoi le Christ voulut aussi profiter de Pâques. Cela se passait vers ces mois de mars et d’avril, selon les Juifs, lorsqu’on célébrait Pâques. Le Christ se réunit avec ses apôtres dans les jours qui précèdent Pâques. C’est dans cette ambiance pascale qu’il va verser son sang duquel on dira : « Ceci est le sang de l’Alliance Nouvelle et Éternelle ». Le Christ est celui qui nous donne l’exemple d’unir ces deux concepts qui sont maintenant inséparables : Alliance Nouvelle, mystère pascal. Le Christ verse ce sang et, au même moment, il ressuscite. La mort et la Résurrection sont les deux côtés du mystère pascal qui couronne l’Alliance Nouvelle des chrétiens.

B) Le Christ est l’auteur de l’Alliance nouvelle parce qu’Il l’a cautionnée par sa mort soufferte par obéissance.

Le Christ est l’auteur de l’Alliance. Je voudrais vous rappeler ici une phrase géniale de Jean-Paul II dans sa nouvelle encyclique Redemptore Hominis. Lorsqu’il parle de ce sacrifice du Christ Rédempteur de l’homme, il dit ces mots : « La Rédemption du monde est, dans sa racine la plus profonde, la plénitude de la justice dans un cœur humain ». Cette phrase apparaît trop sublime pour que nous puissions la comprendre dans toute sa grandeur. Elle signifie que le Christ, en s’offrant au Père dans le sacrifice de la Croix, offre dans un cœur d’homme, la plénitude de la justice. Dès lors, Dieu se doit de pardonner en toute justice à tout pécheur qui lui demande pardon par le Christ. Non pas pour les mérites personnels du pécheur repenti, mais par le Christ qui a offert la plénitude de la justice.

Pourquoi ? Observez bien ce concept. Parce que le péché est une désobéissance, la Rédemption au contraire est une obéissance jusqu’à la mort. Voilà pourquoi le Christ est le Rédempteur, parce qu’Il a obéi à son Père d’une obéissance non seulement héroïque, mais divine, en offrant son corps et sa douleur pour l’offrir en rançon des désobéissances de toute l’humanité. C’est pour cela que le prophète Isaïe dit : « Dieu plaça sur ses épaules toutes nos iniquités ». En supportant nos propres misères, Il est monté au Calvaire où Il s’est livré dans un sacrifice.

Les lectures d’aujourd’hui nous décrivent ce visage de la souffrance et de la mort par obéissance.

Ce n’est pas un Christ impassible. Observez bien la seconde lecture. Saint Paul dit dans l’Épître aux Hébreux : « Ayant présenté avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à Celui qui pouvait le sauver ». Il est nécessaire de ne pas nous accoutumer au Protagoniste de la Semaine sainte, regardez-Le comme Le présente la Bible. On nous Le présente aujourd’hui, dans la seconde lecture, avec des suppliques et des prières, avec des larmes et des cris.

Complétons cette vision avec celle de l’Évangile, alors que le Christ, comme dans une crise de vocation, s’exclame : « Maintenant, mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure ». Voyez quel instinct de conservation ! Le Christ n’est pas un être insensible. Le Christ est un homme de chair et d’os, de nerfs et de muscles comme nous. Un homme qui ressent ce que ressent quelqu’un lorsqu’il est amené par la Garde Nationale et qu’on l’amène vers ces endroits de torture. Que ressent-il ? J’ai entendu des témoignages horribles, mais qu’est-ce que cela en comparaison du Christ qui voit venir toute une tempête de tortures qui va se terminer avec Lui sur la Croix ?

Nous anticipons aujourd’hui l’angoisse de Gethsémani.

Ce dimanche, mes frères, nous anticipons déjà la nuit de Gethsémani. N’oublions pas dans notre réflexion de foi chrétienne d’aujourd’hui, la figure du Christ, criant avec des larmes, son visage baigné de larmes, vers Celui qui pourrait le sauver. Le Christ accablé qui s’exclame devant ce qu’Il sent venir : « Mon âme s’est retournée, Père, délivre-moi de cette heure ». Mais sa réaction finale est celle de l’obéissance : « mais c’est pour cela que je suis venu en cette heure ». C’est cela la beauté du sacrifice du Christ, qui se livre volontairement, par obéissance au Père !

Cette passion du Christ que nous allons contempler durant le chemin de croix et la Semaine sainte, approfondissons-le avec cette pensée : cela n’aurait servi à rien si cela n’avait été animé par une obéissance au Père. L’âme de la passion du Christ est sa reddition obéissante au Père. C’est le sens de la réparation avec laquelle Il offre sa vie : Père, s’il est nécessaire que tombent ces coups de fouet pour que soient pardonnés tous les péchés du monde, qu’il en soit ainsi. S’il est nécessaire qu’ils tissent cette couronne d’épines et qu’ils la posent sur mes tempes, qu’elle soit plantée sur ma tête pour qu’il soit pardonné à tous mes frères. Si l’horreur de mes muscles traversés par des clous et de mon côté transpercé par une lance est nécessaire, fais-le Seigneur, parce que c’est là la Rédemption de mes frères. Le plus remarquable dans tout cela, c’est que le Christ est le substitut du pécheur que je suis : je devrais souffrir, être châtié, être jeté en enfer, éloigné pour toujours du Père. Mais le Christ veut porter toute cette faute qu’est la mienne pour que je puisse rencontrer la réconciliation. L’obéissance du Christ devient mienne pour payer mes nombreuses désobéissances.

C) Le Christ est l’auteur de l’Alliance parce que la Résurrection est la garantie de son efficacité.

Le Christ est l’auteur de notre Alliance par sa mort obéissante. Mais n’oublions pas l’autre côté de la médaille. C’est ce qui m’importe le plus que nous ayons bien cela à l’esprit. Le Christ est l’Auteur de notre Alliance et la garantie de toute notre espérance parce qu’Il est ressuscité. Parce que la Résurrection est la preuve que le pouvoir de Dieu a accepté ce sacrifice et lui a donné une nouvelle vie qui ne mourra plus : la Résurrection.

La consommation, la gloire

Deux paroles bibliques d’aujourd’hui. La première, la « consommation » , dit l’Épître aux Hébreux. Et l’Évangile dit « la glorification ». Comment pouvons-nous comprendre que ce Christ, terrorisé devant sa passion, nous parle qu’Il est déjà glorifié ? Il est nécessaire de comprendre un peu cela, frères, sinon, nous ne comprendrons pas le mystère de la Rédemption. Le Christ s’est fait le Salut des hommes, sa gloire maintenant est immense. Depuis le ciel, Il nous envoie maintenant sa Vie, son Esprit. En Lui, nous plaçons toute notre espérance grâce au fait qu’Il s’est soumis à passer par la mort, mais, de la mort, Il est passé à la vie. C’est cela la consommation ! Le Christ peut dire : la glorification commence à Gethsémani. C’est cela la consommation de cette heure qui commence déjà dans les douleurs de la passion. Un Christ qui serait ressuscité sans être passé par la mort n’aurait pas tout le mérite qu’Il possède maintenant. Une Passion sans Résurrection serait un échec. Les deux choses concluent le Mystère Pascal duquel nous devons vivre. De cela vit l’Église : du mystère pascal, la mort par obéissance du Christ et la Résurrection comme signature de Dieu qui a accepté cette réparation. La Résurrection ne posséderait pas toute la joie qu’elle eut si ce n’était en assumant la mort. La victoire du Christ ne serait pas si retentissante si elle n’avait laissé un calvaire ensanglanté et un tombeau qui demeura ouvert pour le voir sortir glorifier après l’y avoir vu entrer humilié. C’est cela la mystique de la Rédemption chrétienne : mourir pour ressusciter.

3) La Nouvelle Alliance devient nôtre par le baptême

A) L’Alliance Nouvelle pour un nouveau Peuple de Dieu

Le Baptême de chacun de nous, ton baptême, mon baptême est ce qui a fait miennes et tiennes cette mort et cette Résurrection. Lorsqu’on nous baptisa, le prêtre, le ministre de Dieu, marqua ma vie pour toujours de la mort obéissante du Christ. C’est pourquoi également, en cette Pâques et en ce carême, les baptisés se doivent de retourner à leur engagement. Anciennement, les baptêmes se réalisaient le Samedi saint, dans la nuit, les catéchètes s’y étaient préparés durant tout le carême.

Son passage « pascal » de la mort à une Vie nouvelle est aussi le processus de tout chrétien.Le baptême nous incorpore à la Rédemption pascale. C’est ce que nous dit cet Évangile d’aujourd’hui qui fut écrit par des chrétiens. N’oublions pas que s’il en est certain, saint Jean nous rapporte ici un épisode de la vie du Christ à la veille de sa passion. Il fait cette réflexion bien après qu’eurent lieu ces événements, comme lorsqu’un historien raconte une histoire plusieurs années plus tard. Cela fut écrit à une autre époque, entouré d’autres gens. Ce sont les premiers chrétiens qui aidèrent Jean à réfléchir sur les engagements du baptême.

Nous pourrions dire aujourd’hui : nous, chrétiens, de ce dimanche de 1979, nous réfléchissons sur ce mystère de notre baptême qui nous incorpore au Mystère Pascal du Christ. Et à partir de là, nous ferions les conclusions suivantes de sorte que lorsque le Christ parle aujourd’hui, il se pourrait bien que ses paroles reflètent davantage la réflexion de cette communauté actuelle. C’est pourquoi nous sommes à l’écoute de ce qui vient avec l’appropriation de la Rédemption au moyen du baptême. « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits ». Et l’Évangile continue : « Qui aime sa vie la perd et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ». C’est pour nous ! Cela n’est pas l’histoire d’il y a vingt siècles ! C’est le Mystère Pascal s’incarnant dans le Corps du Christ que nous sommes aujourd’hui, nous autres, les baptisés de 1979 !

À chacun de nous le Christ dit : si tu veux que ta vie et ta mission soient fructueuses comme la mienne, fais comme Moi : convertis-toi en grain qui se laisse enterrer, qui se laisse tuer, n’aie pas peur. Celui qui rejette la souffrance demeurera seul. Il n’y a pas de gens plus seuls que les égoïstes. Mais si par amour des autres tu donnes ta vie comme Je vais la donner pour vous tous, tu récolteras de nombreux fruits. Tu connaîtras les satisfactions les plus profondes. Ne crains pas la mort, les menaces, le Seigneur t’accompagne.

Celui qui désire sauver sa vie, c’est à dire, en langage biblique, celui qui veut être bien, celui qui ne veut pas s’engager, celui qui ne veut pas avoir de problèmes, celui qui désire demeurer en marge d’une situation dans laquelle nous devons tous nous engager, celui-là perdra sa vie.

Quelle chose plus horrible que d’avoir vécu bien confortablement sans connaître aucune souffrance, sans s’être placé dans des problèmes, bien tranquille, bien installé, bien entouré politiquement, économiquement et socialement. Rien ne lui manquait, il avait tout. À quoi cela sert-il s’il y perd son âme ? Mais celui qui, par amour pour Moi, se dérange et accompagne le peuple, qui va dans la souffrance du pauvre, s’y incarne et fait sienne la douleur, l’outrage ; celui-là gagnera sa vie, parce que mon Père l’honorera.

Mes frères, mes sœurs, c’est ce à quoi nous convie la parole de Dieu en ce jour et je voudrais véritablement avoir toute la force de conviction pour vous dire : cela vaut la peine d’être chrétien !

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